Sportives du dimanche

Le Shorinji Kempo, le « sport idéal » de Laurence Joly

9 octobre 2017

Pendant les années 1970 et 1980, c’est l’âge d’or des séries et films autour des arts martiaux. Bruce Lee et David Caradine font rêver les jeunes et les moins jeunes. C’est à cette époque que Laurence Joly, 52 ans aujourd’hui, était une jeune fille pas très sportive qui rêvait d’être comme ces héros, aussi bien pour le côté sportif que pour les valeurs qu’ils véhiculaient (défense des opprimés et de la justice). Alors à 17 ans, elle décide de franchir le pas et sur les conseils de son médecin, elle découvre un art martial peu connu : le Shorinji Kempo.

Art martial de self défense qui allie à la fois les techniques dures (coups de poings et pieds) et les techniques souples (défense sur saisie), le Shorinji Kempo permet d’améliorer sa condition physique, le développement de l’esprit et sa capacité d’auto-défense. Il n’existe pas de compétitions de combat contre un adversaire comme le Karaté ou le Judo mais plutôt des « Embu » (ballet martial) que les Kenshis (pratiquants de Shorinji Kempo) préparent en duo et qu’ils présentent devant un jury de 5 juges. Cette pratique en duo favorise l’entraide et l’amitié.

Laurence trouve donc, au début des années 80, son sport « idéal ». Pendant près de 20 ans, elle s’entraîne et s’investit avec passion ; et passe les différents grades. En 1999, sous les encouragements de ses partenaires de club, elle se lance avec sa partenaire de l’époque, Isabelle Chanson, dans la « compétition » et crée son premier Embu. C’est le début des titres nationaux et internationaux (Coupe de France, Coupe d’Europe). Malheureusement, la pratique féminine n’étant pas très développée notre duo de choc se retrouve seul dans sa catégorie aux Mondiaux de 2001, tout comme deux japonaises dans une autre catégorie. Résultat : les 4 jeunes femmes réalisent leur embu en démonstration devant plus de 2 000 spectateurs, impressionnant !

Puis, Laurence doit changer de partenaire puisqu’Isabelle arrête pour des raisons de santé. Ne trouvant pas de partenaire féminine, elle décide de s’engager avec Jean Looten et crée une équipe mixte. Là encore, ils réussiront à se qualifier pour la Coupe du Monde où ils finiront 8e. A force de persévérance, Laurence réussit à reconstituer une équipe féminine avec Dominique Pasquier. Depuis une dizaine d’années, elles arpentent les dojos et participent aux compétitions internationales où à 50 ans elles se classent à des places d’honneur (5e Coupe d’Europe, 5e Coupe du Monde) face à des jeunes femmes de 18-35 ans.

L’engagement de Laurence pour son sport ne s’arrête pas à la compétition et à l’entrainement. Souhaitant faire connaître sa passion et inciter des femmes et des jeunes filles à s’engager dans cette activité, elle prend très vite des responsabilités associatives (secrétaire et entraineure).

Il y a un an, suite à un déménagement, elle ouvre son propre club, à Saint-Nicolas de Redon (Loire-Atlantique) sa nouvelle ville, et devient ainsi la première femme en France présidente d’une association de Shorinji Kempo. Laurence précise : « je suis assez contente d’avoir relevé ce défi. Maintenant je dois faire mes preuves et former à mon tour des Kenshis dignes de ce nom. Pour ce qui est des compétitions, ma partenaire et moi allons tenter de participer à la prochaine coupe d’Europe en 2019, puis à la coupe du monde au Japon en 2024. »

 

Déborah Sarfati

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