Double-Je(u)

Léa Van Den Brink, des ballerines à l’aéronautique tout est possible

28 avril 2017

Léa Van Den Brink n’a pas froid aux yeux. A 21 ans, la jeune Rouennaise prépare la Mention Complémentaire Aéronautique, un diplôme exigeant qui lui permettra de devenir mécanicienne spécialiste sur les avions à moteurs à turbines. Rencontre avec une jeune femme passionnée et déterminée.

Tout sourire, c’est avec gourmandise que Léa se rappelle les débuts de sa passion pour l’aéronautique. C’était en classe de seconde. L’adolescente espiègle décroche alors son brevet d’initiation aéronautique et commence les cours de pilotage : « Je volais tous les week-ends, à un âge où on n’a pas encore le droit de conduire une voiture ! J’adorais ça ». Des débuts prometteurs qu’elle va mettre entre parenthèses le temps de préparer un baccalauréat littéraire : « Plus j’avançais, moins je me voyais exercer un métier en lien avec les lettres. J’ai décidé de me réorienter ». Elle s’inscrit donc en sciences à la faculté du Havre avec l’ambition de combler ses lacunes. La tête dans les nuages, Léa n’en garde pas moins les pieds sur terre. Elle poursuit avec un bac professionnel aéronautique entre son lycée et l’AFMAé (Association pour la Formation aux Métiers de l’Aérien), entre Sotteville-lès-Rouen, Massy et l’aéroport de Toussus-le-Noble. C’est d’ailleurs dans un hangar proche du tarmac que la jeune femme fluette, ses longs cheveux châtains tirés en arrières pour ne pas la gêner dans son travail, révise consciencieusement les réacteurs d’un Mystère 20, un jet de 13 tonnes. Dans un avenir proche, elle sera à même de décider s’il est autorisé à décoller.

Où sont les femmes ?

Le responsable de la mention complémentaire aéronautique, diplôme qui suit le bac professionnel, salue la détermination de son élève et souligne le niveau très relevé de la formation : « En plus des sept modules validés l’an dernier, explique Jean-Luc Bensid, Léa doit en valider six cette année, avec un minimum de 15/20. La mention est extrêmement exigeante mais elle permet d’exercer un métier de technicien à forte responsabilité ». Un métier déserté par les filles, seulement trois dans la classe de Léa. Cela peut paraître faible, mais c’est déjà trois de plus que l’an passé. « Depuis mon arrivée à l’AFMAé il y a dix ans, je dirais qu’elles représentent environ 3,5% de l’effectif dans cette formation, constate Jean-Luc Bensid. Dommage, les filles sont pourtant plus matures. Elles comprennent souvent plus vite ce qu’on attend d’elles, c’est le cas de Léa ».

Copyright : Bastien Aubert

Objectif armée de l’air

Pour Léa le regard de la famille est très important. Il peut influencer les filles dans leurs choix de carrière et les dissuader d’aller au bout de leurs rêves : « Aujourd’hui je me sens à ma place, explique-t-elle. Même si j’ai pu lire parfois de la crainte dans leurs yeux, mes proches sont fiers de moi. C’est pour ça que je dis aux filles : ne renoncez pas. Faites ce que vous avez envie de faire, pas ce que la société voudrait vous imposer. Soyez fidèles à vos convictions, plus on sera nombreuses, plus cela deviendra normal. ». Issue d’une famille de littéraires, Léa sera la première à occuper un métier technique et scientifique. La première aussi à entrer dans l’armée, un de ses objectifs à l’issue de la formation : « J’aimerais devenir pilote, mais les tests sont très sélectifs. Mais je serais aussi très heureuse dans l’armée en tant que mécanicienne, confie-t-elle ». Lisa Rollot, sa professeur d’anglais, a toute confiance : « Léa a trouvé sa passion et s’investit à fond. Elle est courageuse, c’est une bosseuse donc elle y arrivera ». La jeune femme peut déjà compter sur ses qualités sportives, elle qui pratique la danse depuis 16 ans. Elle participera d’ailleurs au gala de son école en fin d’année. Un ballet qu’on imagine des plus aériens.

Benoit Pelegrin

Pour plus d’informations : www.cfadelaerien.fr

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