Dans leurs veines A sang pour Sang

Little Miss Soccer, les footballeuses ne sont pas « que des garçons manqués »

3 août 2017

Décrit comme universel, le football ne l’est réellement devenu quand les jeunes filles et les femmes se sont accordées le droit d’y jouer et s’en sont appropriées les codes, voire parfois affranchies. Longtemps sur la touche, elles ont désormais fait du football, leur terrain d’expression. C’est le défi de Candice Prévost et Mélina Boetti, caméra au poing, balle aux pieds, de parcourir les 5 continents et de les rencontrer, avec un seul message : prouver à la planète entière que ces footballeuses, que toutes ces jeunes femmes et jeunes filles qui se sont fait traiter un jour de “garçon manqué”, qu’elles sont en réalité des filles réussies, des Little Miss Soccer.

Des histoires rythmées par le football comme vecteur d’émancipation, reflet de la société et de leurs conditions de vie, en allant de la petite pousse à la championne, la singularité de chacune fait la force de toutes. Pour toutes celles qui se sont fait traiter un jour de “garçon manqué”, Little Miss Soccer veut prouver à la planète entière qu’elles sont, en réalité, des filles réussies. Candice Prévost et Mélina Boetti, “retraitées” des terrains et observatrices privilégiées de la pratique conjuguée au féminin, elles se lancent avec curiosité sur la trace de ces jeunes footballeuses du monde entier ; les “Little Miss Soccer”. Une série de documentaires, tournée sur les cinq continents qui mettront en lumière ces jeunes filles et ces femmes dont le droit au but est un défi permanent. Interview de Candice et Mélina.

Mélina, Candice, pourriez vous tout d’abord vous présenter ?

M.B : J’ai débuté le football à St André les Alpes, un petit village des Alpes de Haute-Provence où je suis née. J’ai joué au Celtic Marseille féminin avant de rejoindre la région parisienne et le club de Juvisy. Sur le plan professionnel, après avoir obtenu mon concours de professeur des écoles, j’ai suivi les cours de l’ESJ Lille-Montpellier pour devenir journaliste. Aujourd’hui rédactrice et reporter d’images pour les chaînes de télévisions (Eurosport et France 3), je signe également des articles pour la presse écrite dans des magazines sportifs.

C.P : J’ai débuté au club d’Evreux en Normandie, ma région natale, avant de rejoindre les rangs du PSG et d’être sélectionnée en Equipe de France. Sur le plan professionnel, je suis professeur d’EPS de formation, aujourd’hui, détachée au poste de directrice nationale adjointe de l’Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS). Je suis également consultante football à la télévision.

Nous nous sommes rencontrées sur Eurosport lorsque nous travaillions respectivement en tant que consultante et journaliste sur l’émission « Femmes2Foot », une émission consacrée à la D1 féminine et à l’Equipe de France. On a également couvert, sur l’antenne d’Eurosport, la Coupe du Monde féminine de football en 2015.

 

Quel a été le déclic pour vous lancer dans l’aventure et vous y consacrer à 100 % ?

Le déclic s’est matérialisé au moment de notre rencontre sur le plateau de  » Femmes 2 Foot  » (Eurosport) avec l’ambition d’être actrices de la promotion d’un s port qui nous a fait grandir. Il nous a apporté beaucoup sur le plan personnel et nous sommes curieuses de savoir ce qui pousse les jeunes filles et les femmes à y jouer. C’est un projet ambitieux qui demande de s’y consacrer à temps plein. Nous menons de front plusieurs missions : la conception du projet dans son ensemble, le travail éditorial, la gestion de l’association Little Miss Soccer et la logistique que suppose un tour du monde.

 

Quel timing vous fixez-vous dans ce tour du monde des filles qui font du foot ?

Nous partons pour 11 mois sur les 5 continents avec comme comme ligne de mire la Coupe du Monde Fifa qui aura lieu en France, en Juin 2019. Notre timing est imposé par les sujets à traiter autour de rendez-vous clés dans 12 pays.

 

Comment allez vous sélectionner les petites pousses et championnes rencontrées qui feront vos 12 films ?

La première sélection est géographique. Ensuite, nous souhaitons couvrir de manière équilibrée différentes thématiques sociétales autour du foot comme levier d’émancipation des jeunes filles et des femmes.

Nous voulons que l’histoire particulière de chacune fasse sens au regard de leur vécu personnel mais aussi des conditions dans lesquelles elles s’expriment, à travers la pratique du football, dans leur pays respectif.

 

Vous sentez vous, vous même des  » Little Miss Soccer  » et pourquoi ?

Oui, leur histoire est un peu la nôtre, et la réciprocité est vraie. C’est ainsi que le football est universel et fédérateur. Mais bien sûr, chacune de nous a ses aspérités : ce sont celles-ci que nous voulons faire émerger. En ce qui concerne le nom, nous l’avons choisi (enfin c’est notre amie Sophie qui l’a trouvé, spéciale dédicace !) en référence au film « Little Miss Sunshine ». Notre projet sera sans aucun doute une aventure, une sorte de voyage initiatique avec des rencontres et des évènements inattendus. Avec cette idée que la pratique du football permet de conserver une âme d’enfant malgré les combats plus ou moins grands que les jeunes filles et femmes doivent mener pour y accéder et prouver qu’elles ne sont pas seulement que des garçons manqués.

 

Et si la notion de « garçon manqué » n’était justement pas une autre forme de « fémininité » qu’il faut tout simplement assumer ? 

Chacune vit ce traitement différemment. A lors qu’elle jouait au football dans la cours de son école, Candice s’est fait traiter de « garçon manqué « , ce qui l’a quelque peu heurtée . C’est son papa qui a trouvé cette réponse : « tu es une fille réussie » : une forme de contre-pied bienveillant que nous souhaitons honorer. Nous voyons le verre à moitié plein et dans une vision très optimiste nous préférons parler de « fille réussie ». Même si l’essentiel n’est pas dans l’appellation mais dans la quête d’épanouissement. Quand on est heureux, on peut assumer beaucoup de choses et être hermétique à celles qui viennent déranger cette sérénité. Et le football permet à de nombreuses filles sur la planète de l’être…

 

Un petit mot à propos de l’Euro qui se joue actuellement aux Pays – Bas ?

En tant que françaises, nous attendons évidemment une médaille mais surtout des Bleues portées par le plaisir de jouer une telle compétition ! (Rires) Ce théâtre sportif à 24 nations montre que le football évolue dans le bon sens car nous pouvons voir désormais qu’il n’y a plus de petites équipes !

 

A.B

Participez vous aussi à ce projet, et soutenez les :

Le lien de la campagne KKBB : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/little-miss-soccer

Le lien du site : www.littlemiss-soccer.com

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