Double-Je(u)

La subtile démarcation de Laura Glauser

19 août 2016

Laura Glauser, handballeuse française, évolue au poste de gardienne au sein du club de Metz Handball depuis 6 ans et en équipe de France depuis octobre 2012. Sa première sélection a eu lieu lors la rencontre contre la Norvège pour un match de Golden League. Dans les buts, elle déjoue bien des stratégies grâce à ses arrêts. Son secret ? Sa force ? Elle nous en parle, par l’intermédiaire de sa subtile démarcation…

PEUX-TU NOUS EXPLIQUER POURQUOI CE TATOUAGE AVEC LES PLUMES ?

Copyright : Sylvain Granjon

Copyright : Sylvain Granjon

LAURA GLAUSER Ça fait un peu moins d’un an que j’ai fait ce tatouage qui a une histoire toute particulière avec ma grande sœur. Elle est décédée il y a bientôt 4 ans, noyée, malheureusement on n’en connaît toujours pas les circonstances. C’était dans le Territoire de Belfort. J’ai décidé de faire ce tatouage en sa mémoire. Au départ je souhaitais des ailes d’anges, mais comme c’était plus difficile à réaliser à cet endroit du corps, le tatoueur m’a conseillé de faire plutôt des plumes. J’ai réfléchi un moment par rapport à la symbolique, puis ça m’a semblé beau et encore plus fort. Alors j’ai accepté.

 

CE TATOUAGE A DONC UNE VRAIE FORCE POUR TOI ?

L.G. Oui. Ce tatouage, c’est même plus qu’une force. Dès que j’ai une faiblesse, je pense à ma sœur, à qui je suis et d’où je viens. Je me dis qu’il faut se battre dans les moments difficiles,

PAR RAPPORT AUX HANDBALL, REGARDES-TU SOUVENT CE TATOUAGE ? AVANT LES RENCONTRES PAR EXEMPLE ?

L.G. Ma sœur habitait loin de chez moi, mais dès qu’elle le pouvait, elle venait me voir. Elle aimait beaucoup. Au début je regardais souvent mon tatouage, maintenant j’y fais moins attention.

AS-TU UN RITUEL LIÉ À CE TATOUAGE?

L.G. Oui, on peut peut-être appeler cela comme ça. À chaque fois que je vais jouer, je mets mon sweat juste au bord du tatouage pour pouvoir bien voir mes plumes. Mais bien sûr une fois que je suis dans le jeu, je n’y prête plus attention. Seul le ballon et mon équipe comptent !

PEUX-TU NOUS PARLER AUSSI DU TATOUAGE QUETUASSURLEDOIGT?

L.G. Oui bien sûr, mais il n’a rien à voir (rires.) Quoique… Ce tatouage représente une dame de cœur. Il est lié à mon copain. Un coup de foudre… Mes tatouages sont toujours liés à ma famille, à mes valeurs. Mais celui que je préfère c’est les plumes.

ENVISAGES-TU DÉJÀ UN PROCHAIN TATOUAGE ?

L.G. Mes tatouages sont toujours plus ou moins en lien avec le sport, puisque c’est grâce à cet ancrage dans
 ma peau, de mes valeurs et surtout de ma famille, que 
je suis plus forte. Le prochain serait lié au sport directement cette fois. J’imagine que si je vais aux JO, je me ferai tatouer les anneaux car ce serait vraiment une aventure exceptionnelle. On n’est pas sûr d’y participer plusieurs
fois dans sa vie. Je
 sais que beaucoup de sportifs se font tatouer justement la date ou les anneaux, mais j’aimerais quelque chose de différent je pense…

DANS TON ÉQUIPE ET TON ENTOURAGE « HANDBALLISTIQUE », BEAUCOUP DE FILLES SONT TATOUÉES ?

L.G. Parmi mes coéquipières, je dirais la moitié. La plupart des sportives se font tatouer maintenant. Et de plus en plus ! Peut-être une mode. Mais c’est aussi un moyen d’immortaliser quelque chose. Beaucoup font des tatouages car elles aiment bien un dessin ou un symbole. Je trouve cela dommage.

Article extrait du numéro 1 Avril-Mai-Juin Les Sportives Magazine 

Copyright : Sylvain Granjon

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