Double-Je(u)

Marie-Sophie Obama présidente, comme une évidence 

20 septembre 2017

Elle est de la génération Tony Parker. Et plus que ça même. Marie-Sophie Obama fait partie de sa garde rapprochée, de son cercle d’influence : ces proches dont le patron raffole pour mener à bien ses projets. Marie Sophie Obama est la nouvelle présidente déléguée de Lyon ASVEL basket féminin. Et elle n’a pas été choisie par hasard. Rencontre. 

Leur rencontre date de la fin des années 90. Dans la pépinière du Centre fédéral, à l’INSEP : Parker, Diaw, Dumerc. Et Obama donc.  Entre ces apprentis-basketteurs, une amitié, solide, est née. Même l’Atlantique ne réussit pas à les séparer. Marie-Sophie rend souvent visite à Tony Parker à San Antonio. Elle vit son premier titre, là-bas, en 2003. Parfois déjà ils évoquent l’avenir. Mais Obama vit au jour le jour. Parker lui, a sa petite idée en tête. En attendant de la propulser aux commandes de sa petite entreprise, il l’embarque dans une autre aventure : Fort Boyard « Il y a deux ans, il m’appelle pour me demander ce que je fais le 22 mai. » Il me dit « on fait Fort Boyard, respire et tu me rappelles dans cinq minutes ».

« Parker n’est pas quelqu’un à qui il est facile de dire non »…

… Ni pour tenter l’aventure du fort, ni pour prendre les commandes d’un club de basket ; Marie Sophie a dit oui. Et pourtant, devenir présidente d’un club à 600 km de chez elle va bouleverser sa vie, celle de son compagnon et de ses enfants. « Assez rapidement j’ai réalisé ce que ça signifiait de devenir présidente du club. Et je me suis dit  »bien sûr ça a du sens » ». Tony Parker construit brique après brique son nouveau club : l’ASVEL historique depuis 2009, puis la nouvelle Arena et la Tony Parker Academy. Il lui manquait une équipe féminine. Marie-Sophie Obama est la personne idoine pour diriger le nouvel ASVEL au logo rose. Ancienne joueuse passée par Mirande, Bordeaux, Aix ou encore Calais, elle a aussi travaillé dans l’immobilier après sa carrière. « Les différentes étapes de ma vie sont importantes. Mon passé de basketteuse me permet de mieux appréhender les besoins des joueuses, d’avoir plus d’empathie, de savoir leur parler ».

« Ne cherchez pas, elle est à sa place »

Une place qu’elle construit au jour le jour. Elle apprend. Elle observe. Elle consulte. Tony Parker n’est jamais très loin. « On échange beaucoup. On sait qu’on est en phase et qu’on a la même vision de la vie en général. » Pour avancer, Marie-Sophie Obama se sert aussi de son passé. De ses échecs surtout. « Quelles que soient les épreuves, on a forcément quelque chose de bon et de fort à en retirer. »  A-t-elle peur de la tâche qui lui fait face ? Pas le moins du monde. Est-elle sous pression ? Encore moins. « Je suis tellement passionnée qu’il n’y a pas de place pour le doute. On a la chance d’être sur un projet à long terme. J’ai confiance en cet environnement. » Mais elle le sait, « quand on fait partie du clan Parker, on est regardé, jugé et attendu. Ça fait partie du jeu, je trouve que c’est sain. Est-ce de la pression ou de la motivation ? Ça dépend de la façon dont on appréhende les choses. On ne va pas confondre les objectifs que les autres veulent nous mettre sur les épaules et les nôtres ».

Pour elle bien sûr. Et pour toutes celles qui doutent encore de pouvoir réussir à des postes à responsabilité.  Bien sûr, elle a des ambitions sportives : une qualification européenne pour l’ASVEL féminin. Et un titre à moyen terme. Une envie de réussir aussi cette mission qu’on lui a confiée. Mais avant tout, son idéal, c’est le bonheur. « Ça peut paraître très banal mais la chose la plus importante, c’est ça. Pour prendre une décision, j’essaie toujours de positionner le curseur par rapport au bonheur que ça va générer. » Sans aucun doute, Marie Sophie Obama sera heureuse. Et pour longtemps.

 

Gaëlle Millon-Mazelly

@G_Millon1982

Copyright photos : Sébastien Clavel

À lire également...