Sportives du dimanche

Julie Galland : Des ballerines à la frontale

13 mai 2018
Julie Galland a fait de l’égalité homme-femme la clé de voûte de ses ambitions sportives. A 33 ans, maman de trois enfants, elle revêt de multiples casquettes. Un profil atypique pour un leitmotiv : le sport et le dépassement de soi.

A 6 ans, Julie a fait ses premiers pas dans le monde de la gymnastique rythmique. Cette passion a cadencé sa vie jusqu’à ses 16 ans et l’a menée vers un niveau national B. Mais au fil du temps, la pratique essentiellement féminine a laissé la gymnaste à l’écart. « La GRS, c’est l’un des seuls sports où les hommes n’ont pas le droit de concourir. Ce n’est pas qu’il n’y en a pas, c’est qu’ils ne peuvent pas. J’ai connu un homme qui faisait de la GRS, il était obligé d’aller concourir à l’étranger », explique la sportive. C’est cette ambiance 100% féminine « assez malsaine » qui va amener Julie à chambouler sa vie, encore et encore !

Après avoir engrangé un diplôme d’État en danse contemporaine (qui lui a valu une médaille d’or), un master en sciences de l’éducation, un titre de professeure des écoles puis une spécialisation à l’enseignement en Institut médico-social, Julie se lance dans la maternité.

La fin d’une épopée sportive ? Que nenni ! Trois enfants à bord et une nouvelle aventure commence. A 28 ans, la jeune maman s’est lancée dans le trail, et elle ne l’a pas fait à moitié. Pour le plaisir d’être ensemble, femmes et hommes, sur la ligne de départ. « Le trail est un milieu assez masculin mais il y a une réelle bienveillance. Souvent, je me retrouve à courir côte à côte avec les hommes. Il y a une forme d’entraide. J’ai l’impression de faire du sport à égalité, on est moins sexués. On est sur une gestion d’effort long, on se bat ensemble. Il y a une possibilité de tirer son épingle du jeu ! », explique-t-elle.

Mais pas question pour cette sportive acharnée de retomber dans les travers d’un sport exclusivement féminin. « Je refuse de participer aux courses 100% filles. Je me sens à la hauteur des hommes et je ne vois pas pourquoi je devrais courir dans une catégorie différente. Les courses uniquement féminines proposent des formats plus petits. C’est une conviction de ne pas y participer. Moi, je veux montrer que les femmes sont aussi résistantes ! », raconte Julie avec ferveur.

La jeune femme n’en a jamais assez. Alors, à l’enseignement de la danse et à ses multiples entraînements sportifs, la prof des écoles a ajouté le métier de coach sportif. « J’ai envie de transmettre cette passion pour le raid, de partager un panel large d’émotions que l’on ressent sur les courses. J’ai aussi envie de communiquer mon côté compétitrice. Quand je suis sur les raids, je ne suis pas là pour ramasser les pâquerettes, j’ai envie de me faire mal, de me dépasser ». Elle confie en riant, « dans mon entourage, on me prend sûrement pour une personne un peu allumée, mais c’est toujours avec un regard bienveillant! ».

Par CLAIRE SMAGGHE

Article extrait du magazine numéro 8 Les Sportives

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