Sportives du dimanche

Krystel Lemoine, une sportive multidisciplinaire et engagée

11 juin 2018
Krystel Lemoine, jeune francilienne de 37 ans adore faire du sport, et ce, depuis son plus jeune âge. Enfant, elle pratique la natation en club, mais ne se limite pas à cette discipline. Poussée par des rencontres, la jeune femme a connu le sport en compétition et loisir, dont certains lui ont mieux réussis que d’autres.

Touche-à-tout, Krystel adorait faire du sport étant jeune, que ce soit à l’école ou en dehors. En première, sa passionnante Professeure d’EPS, lui fait découvrir l’escalade. Par son enseignement, elle motive Krystel pour entrer en STAPS après son baccalauréat. « Ma vie est faite de rencontres qui m’ont permis de me construire tant humainement que sportivement. Sans toutes ces personnes, je n’en serais pas là aujourd’hui avec cette belle carrière sportive derrière moi et avec tant d’objectifs pour le futur », raconte la jeune femme.

Une sportive en compétition…

Elle pratique aujourd’hui quatre disciplines sportives différentes avec une carrière internationale passée ou active pour deux d’entre elles. Faisons un tour d’horizon de ses pratiques en commençant par le plus ancien, le flag, qu’elle pratique depuis 16 ans. Comme l’explique Krystel, le flag est « un sport mixte sans contact qui est dérivé du football américain ». Jouant actuellement, en Division 2, elle a pratiqué ce sport pendant 9 ans en équipe de France féminine, avec plusieurs podiums dont ceux de championne du Monde en 2006 et championne d’Europe en 2007. Avant de faire du flag, Krystel pratiquait le rugby et l’escalade. C’est à la suite de sa rencontre à la fac de sport avec l’entraîneur de son frère, qui pratiquait le flag et le football américain, qu’elle a eu le goût de ce sport atypique. « Cette discipline sans contact ne m’intéressait pas plus que ça. Mais l’entraîneur de mon frère m’a demandé de venir voir un jour, car il pensait que j’avais un regard trop éloigné de ce qu’était réellement ce sport. ». Piquée dans sa curiosité, la jeune femme a ensuite assisté à un tournoi qui a changé sa manière de voir le sport : « Ce jour-là, j’ai découvert tout le côté stratégique que ce soit en attaque ou en défense. » Pour Krystel, le flag est l’une des rares activités qu’elle a pratiquée où chaque personne peut avoir un rôle à jouer, car le plus important pour elle : « C’est la mixité, même sur les championnats nationaux. ». Cette expérience lui a donné une leçon qu’elle garde toujours en tête aujourd’hui : « Depuis ce jour, avant d’avoir des à priori sur des activités qu’elles soient sportives ou non, je me déplace pour voir ou essayer. Je suis très curieuse et essaie le plus souvent possible de nouvelles activités. De plus, ça enrichit mon répertoire moteur, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on fait beaucoup de sport. »

Krystel joue également au Cricket en compétition. Ce sport très peu connu et peu médiatisé en France est pourtant largement pratiqué dans le monde. Krystel a pu le tester grâce à une connaissance du softball (sport similaire au baseball) qui, en 2012, lui a proposé de venir à un plateau d’initiation. « C’étaient les prémices de la pratique féminine en France. J’ai tout de suite adoré ce sport que je connaissais que de nom. À la suite de cette journée, j’ai été sélectionnée en équipe de France pour aller jouer à Jersey (la première équipe de France date de 2011.) ». Adepte des sports stratégiques, la jeune francilienne a pu retrouver dans le Cricket son secteur de prédilection : « Comme au flag, ce que je préfère, c’est la défense. Sans une bonne défense, on ne peut pas gagner un match ». Le manque d’un club local a stoppé Krystel pendant un temps, mais à son retour sur Paris, elle a pu reprendre une pratique plus intensive. « J’ai réintégré l’équipe de France en 2014 et nous sommes allées chercher le titre de championne d’Europe de 2nd division en 2016. »

… Mais aussi en loisir

En tant que passionnée de sport, Krystel pratique également deux autres disciplines en loisirs. La première, le netball, est un sport australien féminin que la jeune femme a découvert lors d’un voyage. Apprenant cette année qu’un club existait à Paris, elle a décidé de se lancer cette saison. Sa deuxième activité loisir est l’escalade. Après 13 ans d’arrêt, Krystel a décidé de reprendre en début de saison pour des raisons précises : « J’avais envie de faire cette année un sport où je verrai une progression individuelle. Je voulais me battre contre moi-même ». En s’exerçant deux fois par semaine, la jeune femme a déjà beaucoup progressé depuis septembre, mais comme elle le dit, elle-même, il lui reste encore beaucoup à apprendre. La jeune femme désire continuer à pratiquer ses 4 activités l’an prochain pour poursuivre sa progression.

Un engagement au-delà de la pratique

Mais l’engagement de Krystel dans le sport ne se fait pas uniquement au travers de la pratique. Lorsqu’elle s’inscrit dans un club, décide de pratiquer une activité, l’engagement bénévole au sein de celui-ci ou celle-ci est automatique : « j’ai participé au niveau du développement de la plupart des activités que j’ai pratiqué en club, que ce soit le rugby, le softball, le flag, le cricket ou bien d’autres. Pour moi, il faut que les adhérents d’une association s’investissent pour que celle-ci fonctionne ». La jeune femme a du mal à comprendre le comportement de « consommateur » de certains licenciés qui pensent que les bénévoles sont à leur service. « Je trouve ce comportement juste détestable et non-compatible avec la vie associative. Les clubs reposent sur les bénévoles qui sont là pour développer l’association puis la structurer et la consolider. C’est ainsi qu’on peut continuer à développer les clubs et des disciplines sportives surtout lorsqu’elles manquent de reconnaissance médiatique ». Pour elle, le partage est une valeur importante qui fait partie de son quotidien : « J’aime apporter du bonheur aux autres en leur offrant du temps, un savoir ou parfois un simple échange verbal. Depuis que je suis petite, j’ai été amenée à faire du bénévolat ponctuellement. Et depuis que je suis adulte, je m’investis beaucoup plus. C’est vraiment très enrichissant ». Ses interventions sont diverses, cela peut-être pour une cause comme le téléthon ou vaincre la mucoviscidose, des initiations sportives pour des centres de loisirs, des portes ouvertes, des journées découverte, la journée internationale des droits de la femme, la journée olympique, l’ANOF, l’USEP…. « Ce qui est important de savoir, c’est qu’un bénévole aime partager ses passions. Le monde associatif en France fonctionne grâce à tous ces bénévoles qui donnent de leur temps pour partager leurs passions respectives. J’ai adoré être bénévole sur la Coupe du Monde de Rugby en 2007 et j’ai échangé avec des personnes de diverses nationalités. Peut-être que je participerai en tant que bénévole aux Jeux olympiques de 2024 si l’occasion se présente. »

Krystel encourage les sportifs comme elle, et les autres à vivre leurs passions pleinement, à les partager, mais également de « découvrir de nouvelles activités, d’être curieux et d’aller échanger avec les autres ».

Déborah SARFATI

À lire également...