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Gay Games Paris 2018 « Les valeurs humanistes seront au cœur des Jeux »

4 octobre 2017

Le compte a rebours est lancé : dans 300 jours aura lieu la 10e édition des Gay Games à Paris 2018. (Du 4 au 12 août 2018) « Il nous reste 300 jours pour en faire un succès. Nous sommes plus que jamais motivés pour aller au bout. Les valeurs humanistes sont au cœur de nos jeux », souligne Pascale Reinteau, coprésidente des Gay Games. Beaucoup de monde s’était déplacé pour ce lancement, marquant ainsi l’importance de ces Jeux vecteurs d’émancipation et de liberté, les premiers Jeux après l’attribution des JOP 2024 à Paris par le CIO.

C’est autour de nombreux bénévoles et personnalités telles que Laura Flessel, ministre des Sports, Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Anne Hidalgo, Maire de Paris, Patrick Karam, vice-président de la Région Île-de-France, et Lilian Thuram, champion du Monde de football et président de la Fondation « Education contre le racisme », que Pascale Reinteau et Manuel Picaud coprésidents des Gay Games ont lancé le compte à rebours lundi lors de la conférence de lancement.
« Depuis 1982 (NDLR : date à laquelle les LGBT++ ne sont plus considérés comme des personnes malades par l’Organisation Mondial pour la Santé), les choses changent, mais il reste encore beaucoup à faire. Les Gay Games sont des jeux militants, nécessaires et indispensables », a souligné Pascale Reinteau. L’inclusion est une nécessité, signifiant que « chacun doit trouver sa place ». Les Gay Games sont plus que des Jeux, c’est une fête. Manuel Picaud, l’a confirmé : « Nous nous inscrivons dans le combat contre la discrimination. Ces Gay Games, sera un moment inoubliable et signé sous le Haut Patronage du Président de la République, Emmanuel Macron. »

UNE RÉELLE DEMANDE DE PRISE DE CONSCIENCE

« Plus le sport sera considéré comme viril, plus la discrimination sera forte » a réagit Patrice Karam vice-président de la Région Île de France, face à l’interrogation et aux réactions autour de la question de l’homosexualité dans le sport. « Quand il est demandé à un dirigeant de club en général il répond, « on n’a pas d’homo nous ». » Patrice Karam demande une réelle prise de conscience : « on ne peut pas continuer comme ça ». C’est ainsi que les conventions signées avec les 78 ligues d’Île de France, soit 2 400 000 licencié.e.s, exposent l’obligation de faire des actions pour la lutte contre l’homophobie. Et Patrick Karam ne s’arrête pas qu’au sport « je lance un appel à toutes les associations pour faire en sorte que les discriminations disparaissent. »
C’est conforté dans cette idée, qu’Anne Hidalgo, la Maire de Paris, s’est exprimée : « Paris est une ville gay-friendly. Paris est une ville libre, une ville du rayonnement. Les Gay Games sont un vecteur économique, un vecteur humaniste. De 2018 jusqu’à 2024 marquera un changement dans la vision du sport et de l’humanité. Ce combat pour l’égalité, c’est une évidence ».
Parmi eux il faut noter la présence de près de 15 parrains et marraines qui soutiennent les Gay Games dont Isabelle Lamour, présidente de la Fédération Française d’Escrime et membre du comité exécutif de la Fédération internationale d’Escrime et Ryadh Sallem, triple champion d’Europe de basket-fauteuil et dirigeant d’un club handisport. « Le sport est un vecteur pour créer des liens. Mon combat contre le racisme et toutes discriminations fait partie de mo, parcours » Lilian Thuram, champion du monde de football se souvient. Selon lui, « on peut changer » et provoquer une « révolution », à l’instar des Blacks Panthers qui disaient que les plus grands révolutionnaires sont des homosexuels.

40 % DE FEMMES

Et si pour couronner le tout nous rêvions de 40% de femmes ! Marlène Schiappa l’a appuyé « Les Gay Games donnent un exemple d’ouverture, de diversité, de solidarité et contribue à faire reculer les préjugés. Se battre pour les LGBT, c’est se battre pour la liberté ». Encouragée à l’unisson par Laura Flessel : « Il faut des actes pour lutter contre l’homophobie et pour le sport au féminin. Valérie Fourneyron, ministre des Sports en 2013, avait commencé ce combat. Continuons-le ! »

De nombreux soutiens institutionnels, mais pas assez de soutiens privés, les Gay Games ont 300 jours pour se construire. Une première marche, une première approche des Jeux à Paris, qui pourrait être une vraie prise de conscience et un vrai déclic avant l’entamer les sept années de construction des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024.

 

Jérôme Decourcelles

et Aurélie Bresson

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