Double-Je(u)

Veronique Moreira, présidente de l’USEP

23 août 2017
Pendant 10 jours, nous vous invitons à découvrir le portrait de ces 10 femmes, oubliées des médias et parfois du mouvement sportif lui même. Et pourtant, elles sont bien à la tête de fédérations sportives.
 

 

PORTRAIT 2 : Veronique Moreira, présidente d’USEP 

Un bon nombre de dirigeants voient dans la féminisation des instances, un renouveau salutaire.

 

Véronique Moreira est présidente de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré depuis 2012. A 52 ans, cette inspectrice de l’éducation nationale en Seine-Saint-Denis, a toujours misé sur l’éducation et l’importance d’une certaine égalité d’éducation physique et sportive. Son objectif : mettre en place une vraie « gouvernance rénovée » au sein de sa fédération.

 

Etre présidente de fédération qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Quels sont les enjeux ?

Être présidente de fédération c’est tout d’abord piloter, c’est à dire montrer que l’on sait où l’on va et faire suffisamment confiance aux élus dans leur capacité à atteindre leurs objectifs. Les enjeux en tant que présidente, c’est d’être capable d’emmener tout le réseau fédéral dans cette dynamique et de la relayer au plus près des associations locales.

 

 

Le fait d’être une femme dirigeante est-ce un frein et ou une opportunité au sein de votre fédération ? Avez-vous une « anecdote » positive et une négative ?

C’est une fierté d’être une femme à la tête de la fédération sportive qui a intégré la parité à tous les échelons dans ses statuts, et cela avant même que cela soit imposé par la Code du sport. Cela semble moins exceptionnel à l’interne tandis qu’à l’externe, auprès des partenaires, les choses sont moins évidentes : pour l’anecdote, il m’est arrivé plus d’une fois d’être entourée d’hommes en costumes 3 pièces lors de rendez vous qui étaient salués avec révérence pensant que l’un d’entre eux était le président. Alors que j’étais juste gratifié d’un simple bonjour. Je passais pour l’assistante de ses messieurs. C’est encore dans les mœurs malheureusement mais ça évolue, ça m’arrive moins fréquemment. Il faut souligner en tout cas qu’un bon nombre de dirigeants voient dans la féminisation des instances, un renouveau salutaire.

 

C’est désormais aux femmes de prendre leurs responsabilités, que ce soit dans les fédérations, les associations, les entreprises. Ne nions pas les difficultés qui subsistent et certaines disparités criantes entre les hommes et les femmes, mais nous sommes sur la bonne voie ! Comment le ressentez-vous au quotidien ?

Pour mener à bien un projet fédéral, les qualités d’écoute et de partage sont essentielles et souvent plus naturelles chez une femme. J’entends dire qu’il est nécessaire de les former, je répondrais : ni plus ni moins que les hommes. En revanche il est nécessaire d’adapter certains fonctionnements pour faciliter la participation des femmes tels que les modalités de réunion, la possibilité de copilotage ou la place qu’on leur attribue. Il n’est jamais inutile pour une fédération de réfléchir à la place qui est faite aux femmes dans les instances dirigeantes. Cette réflexion aboutira forcément aux adaptations nécessaires qui permettront d’impliquer les femmes qui ne demandent que ça.

L.S.M

 

L’USEP nationale est la 2e fédération sportive scolaire de France (860 000 licenciés). L’Union sportive de l’enseignement du premier degré (USEP) est la fédération de sport scolaire de l’école primaire française. Évoluant au sein de la ligue de l’enseignement, elle est placée sous la tutelle du ministre de l’éducation nationale. L’USEP participe à une mission de service public, qui vise l’éducation par le sport, la formation d’un citoyen sportif éclairé. http://usep.org

 

Relire le portrait numéro 1 : Emmanuelle Bonnet Oulaldj, co-présidente de la FSGT 

Relire le portrait numéro 2 : Françoise Sauvageot, présidente de la FFEPGV 

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