Double-Je(u)

Céline Dumerc « Les JO de Londres nous ont donné un vrai coup de projecteur »

25 septembre 2017

Joueuse la plus capée du basket tricolore (262 sélections), Céline Dumerc (35 ans) a mis fin à sa carrière internationale avec une médaille d’argent européenne autour du cou en juin dernier à Prague. Avant la reprise du Championnat LFB le week-end du 29-30 septembre à Paris Coubertin, la meneuse de Basket-Landes fait notamment le point sur ses années en bleu, revient sur les JO, et évoque la nouvelle relation entraîneur-joueur avec son amie Cathy Melain.

 

Vous avez achevé votre carrière internationale en équipe de France sur une finale européenne, mais sans l’or. Il s’agit néanmoins d’une belle sortie…

Céline Dumerc : Une fois la déception passée, tu prends du recul. Quand tu fais le point sur notre parcours, tu te rends compte à quel point il est difficile de rester sur les podiums des grosses compétitions. Il n’y a qu’à regarder le parcours des garçons pendant le dernier Euro (éliminés en 8es de finale). Alors terminer ma carrière sur ce résultat-là, oui, c’est une belle fin.

Qu’avez vous ressenti les heures et jours suivants cette ultime rencontre sous le maillot tricolore ?

C.D : J’avais déjà pris cette décision un petit moment avant l’Euro, je savais que ce serait la fin. On a eu la chance avec Gaëlle Skrela (qui a également arrêté sa carrière à ce moment-là) de vivre de derniers beaux moments avec le public français avant le Championnat d’Europe, notamment à Mulhouse. Au moment où il a fallu se dire au revoir après un dernier repas partagé ensemble, là, j’ai pris le truc de plein fouet et j’ai eu un pincement au coeur car je savais que plus jamais je ne travaillerai avec certaines personnes. C’était un moment chargé d’émotions, mais pas forcément triste et plutôt dans la continuité de la vie, une évolution logique et positive.

 

«  Paris 2024 : un événement magnifique, incroyable, une fête pour tous. »

 

Quel moment de votre carrière vous aura le plus marqué ?

C.D : Sans hésitation, les Jeux Olympiques de Londres en 2012 (ndlr, la France se hisse en finale des JO mais échoue face aux Etats-Unis 98-71). J’ai également vécu beaucoup d’autres émotions sur les autres compétitions, avec de belles aventures humaines. Mais à Londres, l’aventure sportive est venue se greffer à tout cela. C’est forcément LE moment marquant de ma carrière internationale.

Le parcours des Bleues à Londres a-t-il changé le regard des gens et des médias sur l’équipe de France féminine de basket et sur la pratique féminine de la discipline ?

C.D : Oui. Les JO de Londres nous ont donné un vrai coup de projecteur, avec un changement net et notamment beaucoup plus de suivi dans les médias. On se rend compte de l’importance des JO pour tout le monde : les médias, les gens qui font du sport et même ceux qui n’en font pas.…Evidemment, je pense maintenant à Paris 2024 : ce sera un événement magnifique, incroyable, une fête pour tous.

 

« Avec Cathy Melain, on a les mêmes idées, les mêmes valeurs »

Votre carrière internationale s’arrête mais vous poursuivez votre aventure à Basket-Landes, votre club depuis l’an passé…

C.D : J’ai changé de club la saison dernière après 11 ans à Bourges et j’étais un peu dans le flou avant d’arriver. La réalité m’a plus que confortée dans l’idée que j’avais de ce club, avec des gens et un environnement propices à l’épanouissement. J’ai eu l’impression de porter ce maillot depuis des années. Au niveau sportif, la saison passée a été mitigée, notamment en raison des blessures. Nous avons été éliminées prématurément de la scène européenne et je suis un peu déçue de la fin du Championnat. On termine 6es alors que la 5e place était à notre portée… Je n’ai pas aimé finir sur deux défaites, même si la saison a eu son lot de satisfaction. Cette année, nous avons l’effectif pour faire mieux, à la fois en FIBA et en LFB.

Vous retrouvez Cathy Melain en club cette saison, avec laquelle vous avez évolué 4 ans à Bourges et 7 ans en équipe de France. Mais cette fois, elle est aux commandes et vous êtes joueuse…

C.D : Cathy et moi sommes avant tout amies. Quand elle a décidé de prendre la direction de l’équipe, on a beaucoup discuté. On s’est notamment questionnées sur notre capacité à travailler ensemble, on a réfléchi à ce nouveau rapport hiérarchique sur le terrain, et notre amitié en dehors. A moment donné, on s’est dit qu’il fallait peut-être arrêter de tout anticiper et laisser venir. On a les mêmes idées, les mêmes valeurs, elle connaît très bien le haut-niveau… Depuis qu’on a repris, tout se passe naturellement. Chacune a bien compris son rôle. Avoir un entraîneur dans son cercle d’amis pourrait être perturbant mais jusqu’à présent – il faudra lui demander-, je sais faire la part des choses : je reste à ma place avec l’idée de donner le meilleur de moi-même pour lui faciliter la tâche et respecter son plans de jeu. J’espère que toute l’équipe sera à la hauteur de ses compétences.

 

« Essayer de gratter encore une ou deux saisons en club »

 

Combien de saison(s) pensez-vous encore jouer dans l’élite du Championnat et avez-vous des plans d’après-carrière ?

C.D : Une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de stopper ma carrière internationale était de me donner du temps de repos. Mon corps de vieille basketteuse connaît aujourd’hui plus de difficultés à récupérer et je me dis qu’en arrêtant l’équipe de France, je vais peut-être pouvoir gratter un ou deux ans de plus en club. L’envie est toujours là. Et venir à Basket-Landes m’a donné un second souffle. Je suis également venue ici en pensant à ma reconversion, mais je suis quelqu’un qui vit dans le présent. Aujourd’hui je suis basketteuse, j’ai quelques pistes pour l’avenir mais rien de très concret.

 

Vous venez d’inaugurer le « Complexe Céline Dumerc » à Nérondes… Avez-vous été surprise par cette sollicitation ?

C.D : Evidemment ! C’est à la fois émouvant, touchant, gratifiant… et même un perturbant de voir ton nom associé à un Complexe sportif. J’ai repensé à mes débuts au basket, à la salle où je m’entraînais. Tu y passes du temps, tu la connais par coeur, c’est un endroit que tu chéries parce que tu t’éclates, tu joues avec tes copines, c’est un lieu particulier…. C’est un sacré clin d’oeil en tous les cas, et j’en suis très honorée.

 

Peggy BERGERE

 

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