Dans leurs veines A sang pour Sang

Marathon des Sables : Nathalie Mauclair défie le temps

12 avril 2017
Copyright : Cimbaliy / Alexis Berg @MDS2017

La 32e édition du Marathon des Sables a débuté ce dimanche dans le Sahara. Réputée pour être une des courses les plus difficiles au monde, l’épreuve réunit 1167 concurrents dont 233 femmes. Deuxième de l’épreuve l’an passé, double championne du monde d’ultra-trail (2013, 2015) et victorieuse de l’UTMB (2015) après avoir débuté la course à pied en 2010 à l’âge de 40 ans, la Française Nathalie Mauclair défie le temps.

Petite, elle n’aimait pas le sport. « Quand j’étais jeune et adolescente, j’étais dispensée d’éducation physique, raconte Nathalie Mauclair, deuxième du Marathon des Sables l’an passé et 2e mardi soir à l’issue de la 3 étape de la 32e édition de l’épreuve. Mes parents me disaient que ça ne servait à rien. Du coup j’étais un peu feignante et je trouvais ça inutile : on transpire, on ne sent pas bon, on est sales » poursuit la Française, qui, calée avec sa « chambrée » sous la tente poussiéreuse n°38 du Bivouac marocain, n’a pas vu l’ombre d’une vraie douche depuis plus de quatre jours et 100 kilomètres parcourus en plein Sahara, en auto-suffisance alimentaire.

Tout a changé donc. Avec la rencontre de son futur mari, lui sportif. « J’ai commencé à courir un petit peu, mais juste un à deux footings par semaine, raconte la Mancelle d’1,54m pour 47 kilos. Passée ensuite par le VTT cross country, elle se hisse avec brio dans le Top 10 français en seulement « deux ou trois ans » . Mais une lourde chute en 2001 la contraint à abandonner, pour un temps, l’activité physique, et à se lancer dans un autre type d’aventure. « J’ai eu une vertèbre fracturée suite à ma chute en VTT et j’ai dû porter un corset pendant trois mois. J’étais donc blessée pendant un moment… Je me suis retrouvée enceinte et en 2003, j’ai été maman pour la première fois, avant de l’être de nouveau en 2006. Puis j’ai repris les footings petit à petit… mais juste comme ça, pour m’entretenir. » C’est le 31 décembre 2009 que tout change vraiment pour la cadre infirmière : en acceptant de relever le pari d’aller courir le marathon du Mont Saint-Michel avec un ami le 9 mai 2010, jour de ses 40 ans, elle débute sans vraiment le savoir sa carrière en ultra, signant au passage un chrono qualificatif pour les Championnats de France. « Cette date et ce défi ont provoqué quelque chose en moi. Je me suis dit que passer cette dizaine en faisant un marathon, c’’était un super challenge. Je me suis préparée et j’ai couru les 42,195 km en 2h54 ».

« Je m’adapte, j’évolue, je continue à grandir »

 Championne de France vétérane de la spécialité dans la foulée (2h49 à Nice-Cannes), Nathalie Mauclair se languit de la nature, qu’elle appréciait en VTT. Elle se tourne alors vers le trail, sans vraiment prendre en compte ses exigences physiques bien différentes de la course sur route. En 2011, elle se blesse de nouveau et se retrouve au repos forcé. « Je trainais une douleur à la fesse depuis Nice-Cannes, et je me suis dit qu’avec huit jours de repos, j’allais repartir. En fait je me suis arrêtée 6 mois en raison d’une tendinite au moyen fessier ». De retour sur les pistes de trail en mai, elle termine 2e de la Course des Templiers (76 km) à l’issue de laquelle elle intègre l’équipe de France de trail entrainée par Philippe Propage. « L’histoire du trail s’est écrite là » affirme la Française, qui enchaîne les victoires parmi lesquelles deux titres de championnes du monde d’ultrail trail (2013-2015), deux victoires au Grand Raid de la Réunion (2013, 2014) l’Ultra Trail du Mont Blanc et ses mythiques 170 km de montagne et 10 000m de dénivelé positif (2015).

Si la traileuse possède évidemment un goût prononcé pour la compétition, son intérêt pour les courses ultras ne peut pas se résumer qu’à la performance physique. « J’ai toujours envie de découverte. J’aime le dépassement de soi. Depuis que je fais du sport, je lis plein de bouquins, je me re questionne sur moi-même, je m’adapte, j’évolue, et du coup je grandis encore », raconte la coureuse, toujours en course pour décrocher le Graal au Maroc, à 46 ans.

Peggy Bergere

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