Double-Je(u)

Julie Annery, une marraine investie des « Mercredis du rugby »

26 avril 2017

Comme beaucoup de mômes, Julie Annery, 21 ans, a commencé le rugby sur les bancs de l’école, via l’UNSS dans son collège à Sarcelles, dans le Val d’Oise. « Au départ, je me suis dit que cela m’éviterait de galérer le mercredi après-midi, et puis j’y ai pris goût », se remémore-t-elle en souriant. A tel point que l’intérêt pour le ballon ovale s’est transformé en passion. Son professeur d’EPS, Nicolas Travouillon, la pousse à rejoindre un club sportif pour développer son talent. Ironie du sort, c’est aujourd’hui son entraîneur à l’AC Bobigny, club du Top 8 dans lequel Julie évolue comme trois-quart ligne aile.

 

Un engouement immédiat pour les Mercredis du rugby

Alors forcément, lorsque la RATP lui a proposé de devenir marraine de son opération « les mercredis du rugby », la sportive a tout de suite accepté. « J’avoue que je n’ai même pas pris le temps de réfléchir », s’exclame-t-elle. « Pouvoir mettre en valeur le sport que j’aime et le faire à côté d’un aussi grand champion, d’un mec aussi classe que Dimitri Szarzewski, je n’ai pas hésité! » Pour la deuxième année consécutive, celle qui a porté le maillot de l’Equipe de France à cinq reprises va donc se déplacer dans les classes pour promouvoir le mieux vivre ensemble. « L’année dernière j’avais été à Vitry-sur-Seine (NDLR Val de Marne) et cela c’est vraiment bien passé. Ces jeunes issus de quartiers sensibles marchent toujours à fond dans le projet et débordent de créativité. » La rugbywomen n’oublie jamais que ces interventions installent davantage la femme dans le monde de l’ovalie et rend palpable, concret ce projet pour les plus jeunes. « C’est important de montrer que l’on peut être femme et faire du rugby. Je vois que ma présence met les filles plus à l’aise. »

Pour travailler à la cohésion sociale et lutter contre les incivilités, la RATP, partenaire de la Fédération Française de Rugby depuis 2005, sort le grand jeu. Dans un premier temps, parrain et marraine se déplacent dans les établissements scolaires pour échanger avec les adolescents. Ensemble, ils réalisent un haka, long de deux minutes. L’année dernière les enfants devaient par exemple choisir des mots en lien avec le respect d’autrui. Cette année, les Jeux Olympiques tant espérés à Paris en 2024 seront le sujet sur lequel les collégiens pourront s’époumoner en frappant fièrement leurs avant-bras.

Enfin, la phase pratique de l’opération consiste à reproduire ce fameux haka au centre d’entraînement de l’équipe de France, transporté dans le car des Bleus. « Les gamins sont toujours très excités à l’idée d’aller à Marcoussis, et moi, ça me rappelle ma jeunesse. J’espère qu’on les retrouvera plus tard comme licencié parce que la génération 2024, c’est eux », se projette Julie, tout juste en train de se remettre d’une opération de l’épaule.

 

Une professionnalisation partielle

Pour elle, les transports sont synonymes d’au moins quarante minutes de déplacement, à raison de trois fois par semaine, pour rejoindre Sarcelles à Bobigny et l’entraînement. Si le monde du sport évolue doucement, le rugby n’a pas encore professionnalisé son secteur féminin. Tout comme ses coéquipières séquanodionysiennes, Julie ne vit pas de ses crochets et de ses accélérations. Etudiante, elle jongle entre son master, les entraînements en Seine-Saint-Denis et ceux partagés avec les tricolores.

« Le Top 8 a commencé à être diffusé ce qui est une bonne chose. Mais c’est très souvent le Stade Toulousain qui est choisi et pas nous. » Etre lié à un club masculin aide si l’on souhaite gagner en notoriété. «  Mais de plus de en plus, il y a des multiplex qui sont mis en place. Bernard Laporte est venu nous voir pour nous parler de projets à venir. On va attendre de voir comment cela se passe mais c’est déjà important d’être prise en compte. Le syndicat Proval a obtenu la revalorisation de nos indemnités. Il va falloir du temps mais j’espère que ça va le faire.»

Mejdaline Mhiri

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