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De LVMH à BNP Paribas, ces 14 entreprises qui capitalisent sur Paris 2024

20 avril 2017

C’est une récurrente dans le paysage olympique. A chaque candidature olympique est soulevée la question des financements. Dans la dernière ligne droite entre les projets de Paris et Los Angeles pour accueillir les Olympiades 2024, chaque contrat de partenariat avec une entreprise prend donc une signification réelle. La candidature Paris 2012 avait son « club des entreprises », présidé par Arnaud Lagardère, qui rassemblait dès 2004 les fleurons nationaux, de France Télécom à Airbus. La candidature de Paris 2024 a désormais son « Cercle des Partenaires Paris 2024 », regroupant 14 grandes entreprises appuyant le projet parisien.

De LVMH à BNP Paribas, en passant par la SNCF –le dernier arrivé–, ces 14 partenaires de la candidature parisienne pour les JO 2024 entendent capitaliser sur la popularité de cette dernière pour communiquer : sport, olympisme, valeurs. Une opportunité très rapidement saisie par les poids lourds de l’économie française, dont l’influence à l’international a également séduit le comité de candidature.

 

Equilibre privé-public

En effet, le premier objectif de cette stratégie de partenariat reste avant tout financier pour Paris 2024. Avec un budget de candidature de 60 millions d’euros, il était impossible pour le projet français de ne s’appuyer que sur les deniers publics. « On souhaitait avoir un équilibre public-privé au sein du budget de la candidature, et donc avoir une contribution de 30 millions d’euros de la part des entreprises au budget » explique Ludivine Roosebeke, directrice déléguée en charge des partenariats au sein du comité Paris 2024. Pour s’afficher aux côtés du logo parisien, le ticket d’entrée est simple : 2 millions d’euros par entreprise. Avec 14 partenaires et 4 fournisseurs, « les objectifs pour avoir un budget sécurisé » ont été atteints, se félicite Ludivine Roosebeke.

Mais, au-delà de ces considérations numéraires, les partenaires ont également été joints à la construction du projet. « Il était important pour nous d’associer ces entreprises à la vie de la candidature » confirme Ludivine Roosebeke de Paris 2024. « On a travaillé avec la RATP sur le plan transports, avec AccorHotels sur le plan hébergement ou encore avec la Caisse des dépôts sur le village olympique. On a essayé de nous appuyer sur le savoir-faire de ces entreprises pour remettre au CIO le meilleur dossier de la candidature possible. »

Relais de communication à l’influence considérable

Chaque partenaire doit plancher sur une thématique sociétale ou sportive qui lui est associée. Le comité de candidature Paris 2024 a bien saisi l’importance de joindre le monde économique à son ambition, s’appuyant sur les entreprises, relais de communication à l’influence considérable. « On fait en sorte de leur apporter les outils pour démultiplier cet engagement, en les accompagnant dans les opérations collectives d’activation et dans leur propre plan de promotion du partenariat » détaille Ludivine Roosebeke. « Les entreprises mobilisent l’ensemble de leurs écosystèmes. Parfois, les patrons prennent même la parole sur le soutien de leur entreprise à Paris 2024 dans de grands rassemblements internationaux, comme le Forum de Davos. » L’objectif est clair : faire la démonstration au CIO de l’engagement du monde économique en France.

Pour les entreprises, s’associer à Paris 2024 c’est aussi la possibilité de communiquer sur le moyen terme autour des valeurs olympiques universelles, tout comme autour des enjeux sportifs et sociétaux français. Laetitia Olivier, directrice de la communication de la FDJ confirme cela : « Il était naturel pour notre entreprise, impliquée aux côtés du sport Français depuis plus de 35 ans, de s’engager dans ce projet ». Anaïs Lançon, directrice de la communication de la RATP, inscrit l’engagement de son entreprise dans la lignée des précédents projets portés par Paris : « Nous étions déjà, bien sûr, aux côtés des précédentes candidatures de Paris aux Jeux Olympiques (1992, 2008 et 2012) car les valeurs du sport sont également celles partagées par notre entreprise au quotidien depuis des années. »

Activations multiples

La short list des entreprises partenaires de Paris 2024 s’est construite au fil des mois. Certains avaient même anticipé, comme le groupe Elior. « Dès l’hypothèse connue d’une possible candidature de Paris pour 2024, Philippe Salle, PDG du groupe Elior, m’a demandé de me rapprocher de ce qui allait devenir le comité de candidature afin de nous engager immédiatement dans l’aventure » explique Frédéric Fougerat, vice-président communications du groupe.

Les activations sont ensuite multiples pour les partenaires : mise en place d’évènements, présence sur les réseaux sociaux, et influence dans les secteurs concernés. La RATP relooke ses gares aux couleurs de la candidature, Elior lance une campagne autour de « 2024 secondes de bien-être par jour », tandis que la FDJ mobilise ses points de ventes pour vendre des tickets à gratter. « Après 5 semaines, nous avions déjà vendu 10 millions de tickets, ce qui démontre l’engouement des Français ! » se félicite-t-on chez l’opérateur de jeux. De nombreuses synergies avec des partenariats sur d’autres évènements, de la Coupe de la ligue au Tour de France, sont également prévues.

Sur le fond également, la FDJ compte faire entendre sa voix, dans la lignée de son engagement pour la promotion du sport féminin, récemment matérialisé par son arrivée dans le cyclisme féminin. Sous l’impulsion de Stéphane Pallez et de son programme « Sport pour Elles », la marque s’engage ainsi pour la pratique sportive féminine aux côtés de Paris 2024. « Cette contribution nous tient à cœur, et nous la poursuivrons bien sûr quel que soit le résultat en septembre prochain » explique Laetitia Olivier. Avec cette vision sociétale, la FDJ élargit son champ d’action et amplifie encore davantage son engagement olympique.

Signal envoyé au CIO

Une aubaine pour Paris 2024, qui bénéficie de cette visibilité importante via ses partenaires. D’où le choix crucial de grandes entreprises « représentatives de la force économique française ». Avec quelques contraintes, liées aux partenaires propres du Comité international Olympique. Ainsi, impossible pour Paris 2024 de signer un contrat avec un fastfood, une marque de pneus ou une boisson gazeuse ! Pas question de faire de l’ombre aux sponsors olympiques, qui bénéficient d’une exclusivité totale sur leur secteur.

Avec leurs contrats de 2 millions d’euros, les entreprises partenaires de Paris 2024 ne s’engagent que pour la période de candidature, jusqu’en septembre 2017. Les JOP seront une autre histoire, mais il est clair que ces contrats sont un signal de garantie envoyé au CIO, concernant le futur programme de partenariats domestiques si Paris l’emportait. Et tout le monde sait qu’à quelques mois du vote final du CIO, à Lima au Pérou, chaque signal compte…

Thomas Philippe

 

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