Les hommes en parlent

Laurent Petrynka, directeur de l’UNSS présente « Génération Sportives »

19 septembre 2017

Deuxième fédération sportive de France avec 1,2 millions de licencié.e.s, l’UNSS organise l’exposition « Génération Sportives » pour mettre en lumière ses actions pour le développement de la pratique sportive féminine en milieu scolaire. Nous avons rencontré, en exclusivité, Laurent Petrynka, directeur de l’UNSS, président de la fédération internationale du sport scolaire et membre de la commission éducation au CIO, en ce jour du vernissage de l’exposition. Interview.

 

Quel message l’UNSS veut-elle véhiculer via cette exposition de photos de femmes actives dans le monde du sport ?

41% des licenciés UNSS sont des filles, on peut s’en féliciter mais ce n’est pas suffisant : nous visons un pourcentage de 50% de jeunes licenciées, comme dans les établissements scolaires. Cette exposition permet de mettre en lumière la pratique sportive féminine mais aussi nos différentes actions pour la développer. L’UNSS oeuvre pour la mixité, puisque quand il y a du foot masculin de proposé, il y a aussi du foot féminin, mais aussi sur la parité, en témoignent des sports comme la course d’orientation ou le VTT. Question formation, avec la FFF, nous avons formé des enseignants de 21 académies à aborder le foot pour un public féminin. Nous avons aussi organisé six masterclasses lors desquelles des jeunes ont été formés à débattre sur la mixité, l’égalité et la discrimination. Enfin, j’ai souhaité recruter des directrices régionales dans les académies de Lyon, Créteil et Versailles, qui représentent 25% au niveau national.

 

Nous visons 50% de jeunes licenciées

 

L’exposition « Génération Sportives », orchestrée par Marie-Lopez Vivanco, propose des photos de femmes athlètes mais aussi, cette fois, des photos de professionnelles du sport, telles que Astrid Bard, Muriel Hurtis, Raphaëlle Tervel, Isabelle Lamour,… Quel est l’objectif de cette deuxième thématique ?

Toute une génération de sportifs et de sportives a été formée à l’UNSS, mais nous formons aussi à tous les métiers du sport. Chaque année, nous encadrons 150 000 jeunes arbitres, mais aussi des jeunes coachs et des jeunes organisateurs. Lors des tournois, ces derniers s’occupent par exemple de la nourriture ou de l’encadrement des équipes. On a aussi de plus en plus de jeunes reporters. Toute cette génération doit s’incarner dans cette exposition pour que le maximum de jeunes viennent se former chez nous à ces métiers.

 

Le sport au féminin devient un sujet majeur pour l’UNSS cette année, pourquoi avoir choisi de se focaliser sur ce thème ?

L’UNSS représente le sport et l’éducation. Si on ne prend pas à bras le corps un sujet majeur comme la discrimination dans l’accès au sport, qui d’autre va le faire ? Par ailleurs, nous sommes un metteur en scène des politiques publiques menées par le ministères de l’Education nationale et le ministère des Sports. Nos intervenants sont des professeurs d’EPS formés à haut-niveau et qui ont appris à aborder les points de discrimination et le rapport hommes/femmes dans le sport et c’est une chance.

 

Comment l’organisation des Jeux Olympiques à Paris en 2024 peut-elle être un levier pour le développement de la pratique sportive des adolescentes en France ?

La tenue d’un tel événement facilite la transmission des messages et des valeurs auprès des jeunes, qui s’identifient aux sportifs de haut-niveau. Cela pousse aussi à l’innovation politiques. Les structures vont être amenées à faire de propositions de contenus, d’idées et d’événements pour un développement de l’éducation physique dans le premier second degré. Enfin, au sein de l’UNSS, les Jeux seront un réel facteur de stimulation, jusqu’au niveau régional. Lorsque les 180 directeurs échangeront sur la question avec les professeurs encadrants, il y aura une vraie émulation.

Assia Hamdi

@Assia_h