Double-Je(u)

Christine Janin, marraine des aventurières tout-terrain

4 novembre 2016

A la veille du départ de La Saharienne, le raid solidaire au féminin, près de cent vingt sportives sont arrivées en Equateur pour une semaine de compétition intense. Christine Janin, médecin, alpiniste et passionnée d’aventure est la marraine de cette deuxième édition. Rencontre avec celle met dorénavant son temps au service des autres grâce à son association A chacun son Everest ! , clin d’œil à son parcours personnel, elle qui fut la première française sur le toit du monde.

Interview menée par Benoit Pelegrin

Que représente La Saharienne pour vous ?

Christine Janin : « Beaucoup de belles choses ! J’ai tout de suite trouvé le projet très intéressant. C’est une course ludique et relativement accessible. La compétition est ouverte aux sportives amateur, le niveau est relevé mais les épreuves ne sont pas extrêmes. J’avais suivi ce raid l’an dernier et je me réjouis que cette deuxième édition se déroule en Equateur. Le cadre est magnifique et les épreuves très variées : course, canoë, VTT… il y en a pour tous les goûts. Et puis ça permet à toutes les participantes de sortir de leur quotidien, de partager, de voyager, de découvrir un nouvel environnement en se donnant à fond. Un bon mélange entre aventure humaine et sportive. »

Les participantes se sont souvent préparées toute l’année pour cette épreuve.

C.J. « C’est ce qui me plait beaucoup dans ce genre de compétition. S’inscrire à un raid d’une semaine permet de se donner un objectif personnel, un défi pour mieux se dépasser. C’est plus agréable de s’entraîner lorsqu’on a un projet, un but à atteindre. S’entrainer pour quelque chose, ça permet d’aller un petit peu plus loin. »

Copyright A chacun son Everest !

Christine Janin

Le raid La Saharienne est une course unique : exclusivement féminine et par équipe de deux. Qu’est ce que cela vous inspire ?

C.J. « Le côté 100% féminin m’intéresse beaucoup, la mentalité n’est pas la même entre filles. Et si l’esprit de compétition doit rester un facteur essentiel de motivation, l’ambiance est souvent plus décontractée. La participation en binôme est aussi un élément qui me plait, on est toujours plus fort à plusieurs. A deux chacun a sa spécialité, il y en a forcément une qui va être meilleure en vélo, l’autre en rame… Les notions de complémentarité et d’entraide sont fondamentales, elles font partie du challenge. Enfin c’est important qu’elles se connaissent bien parce que dans la difficulté on peut vite se crêper le chignon. »

Avec votre association A chacun son Everest ! vous accompagnez des femmes en rémission du cancer du sein. C’est important que certaines puissent à l’avenir participer à ce genre de compétition ?

C.J. « Oui bien sûr. J’aurais aimé monter une équipe avec des femmes de l’association, en s’entrainant un peu certaines auraient largement pu participer. Finalement ça ne s’est pas fait mais ce qui est important c’est le partenariat entre A chacun son Everest ! et La Saharienne. Nous sommes dans une démarche de sensibilisation, nombreux sont ceux qui ne connaissent pas encore l’association. Toutes les participantes deviennent solidaires de ces femmes qui ont actuellement moins de chance, et portent quelque part le même message : le sport ça aide à aller bien. »

L’association promeut avant tout le sport comme vecteur de santé et de bien-être.

C.J. « C’était déjà le message central lorsque j’ai fondé l’association il y a vingt ans. Le soutien se faisait au départ auprès des enfants atteints de cancer et de leucémie, avec un message simple : oser sa vie. Le sport aide à retrouver du plaisir dans la vie. L’activité sportive ça aide à rester en bonne santé mais ça aide aussi à guérir ! »

Les participantes commencent les épreuves demain, quels conseils leur donnez–vous ?

C.J. « Mon premier conseil c’est de savoir se gérer. Il ne faut surtout pas chercher à se mettre la pression et à aller trop vite au début. Une semaine ça peut être long, il faut savoir tenir dans la durée. Elles devront considérer chaque jour comme une épreuve à part entière, sans se demander comment le lendemain va être. Et bien écouter leurs corps pour pouvoir vraiment se faire plaisir. Le plus important c’est de vivre l’instant présent. Je compare souvent ça avec de la méditation, être en pleine conscience de ce que l’on vit, de son corps, de sa respiration… parfois on n’a même pas conscience et ce n’est qu’après qu’on se dit « tiens j’ai fait ci, j’ai fait ça ».

Parmi vos exploits personnels, lequel reliez-vous au raid La Saharienne ?

C.J. « Toutes proportions gardées, je pense qu’on peut le rapprocher de mon expédition au pôle nord. C’est vrai qu’il faisait plus froid (rires), les conditions étaient beaucoup plus extrêmes mais nous étions en binôme. J’étais accompagné par un russe. Chaque jour était une nouvelle épreuve, il a fallu avancer ensemble, tenir ensemble, avancer encore, tenir encore, savoir se contenir aussi (rires). Pendant soixante-deux jours il faut s’astreindre à une discipline de fer, ne pas trop penser et mettre un pied devant l’autre. La régularité est très importante si on veut aller jusqu’au bout. »

À lire également...