Double-Je(u)

Bérengère Portal, de pionnière à dirigeante

8 juin 2017

Alors que la Coupe du Monde de football australien se profile à Melbourne du 5 au 19 août prochain, rencontre avec Bérengère Portal, joueuse pionnière de footy depuis 2010 au club des Paris Cockerels et vice-présidente du Comité National du Football Australien (CNFA).

 

Née à Clamart, vous avez grandi à Palaiseau. Pour vous, que représente le sport ?

Bérangère Portal : « Le sport, c’est une longue histoire. Je fais du sport depuis mon enfance en commençant par le basket à 5 ans. Ensuite j’ai fais 7 ans d’équitation (de l’âge de 10 ans jusqu’à mes 17 ans), du handball au collège et du tennis aussi à la même période. Ensuite j’ai commencé le football quand j’étais élève ingénieure à l’Ecole Polytechnique Féminine (EPF). »

Comment en êtes-vous venue au football australien ?

B.P : « J’étais en Australie où je faisais un stage ouvrier dans le cadre de mon école d’ingénieur. C’était en 2008. La famille qui m’accueillait était passionnée de football australien, en l’occurrence, elle supportait les Fremantle Dockers. Les hommes et les femmes de la famille ne loupaient aucun match, du grand-père de 90 ans au bébé de 3 mois. De retour en France, à l’université, je jouais au football. Autant la première année ça s’est très bien passée, avec un accueil chaleureux, autant la dernière année, certains se demandaient « ce que je faisais là ». C’est alors que je me suis retournée vers le footy. »

Qu’est-ce qui vous plaît dans le footy ?

B.P : « C’est un sport complet. Il y a de l’endurance, de la rapidité, du physique, un esprit d’équipe, de l’entraide, beaucoup de collectif et l’ambiance qui y règne… Les personnes qui pratiquent viennent d’Islande, du Canada, d’Australie, d’Allemagne, d’Amérique du Sud, de la Catalogne,… Parfois, et même souvent, ce sont des personnes d’ERASMUS. »

Au début, comment se passaient les entraînements ? Les compétitions ?

B.P : « Je m’entraînais avec les hommes. On continue d’ailleurs encore aujourd’hui à m’entrainer avec eux. Ma première compétition en footy, c’était en 2012 à l’EuroCup à Edimbourg, avec l’équipe des Crusaders, une équipe européenne. On était trois françaises, il y avait aussi des croates, des suédoises, des anglaises,… »

Vice-présidente du Comité National du Football Australien depuis le 1er juillet 2016, qu’est-ce qui vous a amené à rejoindre le CNFA ?

B.P : « J’étais secrétaire et responsable des féminines au club des Paris Cockerels. Pour le CNFA, ça s’est fait de façon logique et par nécessité. Je suis entrée au CNFA en 2012 pour développer le footy féminin. Par nécessité surtout puisqu’en 2013, on créait l’équipe de France féminines pour l’EuroCup à Bordeaux. »

Doù viennent les pratiquant.e.s footy féminin ? Quel est l’essort en France ?

B.P : « Les hommes ont le même souci. En fait, aujourd’hui, ce sport se développe avec le bouche à oreilles et par les relations proches des pratiquants. C’est un sport familial. Les équipes féminines de Bordeaux, de Lyon et de Toulouse ont vu le jour comme ça. La majorité des joueuses et joueurs viennent d’autres sports comme le rugby, le basket, le hand, le volley, l’athlétisme et même la danse. C’est un sport qui reste encore peu médiatisé. On a les partenaires de l’AFL Europe, bien sûr, comme la chaîne Bar TV, mais aussi quelques radios et la presse locale. Mais il reste encore beaucoup à construire. Nous préparons la Coupe du Monde 2017 qui aura lieu en août 2017 à Melbourne et aussi la Coupe de France masculine le 23 septembre 2017. La Coupe de France aura lieu sur une seule journée. Il y aura aussi un match féminin entre les Bleues et une équipe venant d’un autre pays européen. »

 

Après la Coupe de France, se tiendra l’assemblée générale du Comité National du Football Australien. La présidence d’Alban Schieber au CNFA s’achèvera. Un nom est sur toutes les lèvres pour lui succéder : Bérengère Portal. Bonne chance à elle !

Jérome Decourcelles

À lire également...