Dans leurs veines A sang pour Sang

A la mer à vélo, une vague rose de 525 km d’Orléans à Saint-Nazaire

22 septembre 2016

Une vague rose déferlera sur les 525 km qui relient Orléans à Saint-Nazaire, la semaine prochaine dans le cadre de la 2e édition de A la mer à vélo. Un magnifique défi plein d’espoir, d’amour pour des femmes touchées par un cancer du sein. 

« Couvrir plus de 500 km à vélo en une semaine, ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut être sportif et sacrément en forme ! » Cette réflexion est celle qui vient généralement à l’esprit quand on entend parler de ce genre de défi. Eh bien elle est totalement erronée ! La trentaine de femmes, en traitement ou en récidive d’un cancer du sein, qui ont pédalé l’an passé de Chambéry aux Saintes-Maries-de-la-Mer à l’occasion de la 1e édition de A la mer à vélo, en ont fait l’éclatante démonstration. L’engouement a été tel qu’elles seront une cinquantaine la semaine prochaine prochaine à rallier Saint-Nazaire au départ d’Orléans.

 

Bouger contre la maladie

13244254_1575552056075784_4763368578982410295_o

Crédit photos : Elisabeth Schneider

A l’origine de cette manifestation, Christine Aguettaz et Michelle Berliat, deux profs d’EPS passionnées par le sport sous toutes ses formes, et convaincues de l’importance du sport santé. En 2007, tout juste retraitées, elles se lancent dans l’organisation à Chambéry d’Odyssea, une marche-course au profit du cancer. Mais cela ne convenait pas aux femmes atteintes d’un cancer du sein. Qu’à cela ne tienne ! L’association 4 S (Sport Santé Solidarité Savoie) voit le jour en 2011, et propose des activités physiques adaptées : tai-chi, qi-gong, marche, gym douce, aquagym. « L’important, c’est de bouger contre la maladie. Il est prouvé que 30 à 40 mn de marche par jour, c’est 25 % de récidive en moins en cas de cancer », martèle Christine Aguettaz, co-présidente de 4S.

Sa rencontre avec un responsable de l’agence Ecomobilité de Chambéry, qui entre autre prône les déplacements à vélo, fait germer en elle une nouvelle idée qui devient vite un défi : faire pédaler des femmes concernées par le cancer du sein de Chambéry aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Soit 450 km en 7 jours, dans le cadre d’Octobre rose.

 

Chacune selon ses capacités

Le 3 octobre 2015, elles sont une trentaine, vêtues de tee-shirts roses au départ de A la mer à vélo, prêtes à se dépasser dans la bonne humeur. « Quand j’ai eu connaissance de ce projet, j’ai voulu à tout prix en faire partie », raconte Catherine. «  Je venais de finir une chimio, j’étais entre deux opérations et avant la radiothérapie. Je n’étais pas assez en forme pour m’entraîner. » Pas de quoi arrêter cette femme déterminée, qui a pris la route sur son vélo à assistance électrique, son moyen de locomotion quotidien. « C’est chacune selon ses capacités. Certaines n’avaient jamais fait de vélo, d’autres ont un problème de surpoids. Mais tout le monde est arrivé au bout, dans la joie et la bonne humeur. C’est très bien organisé, avec un accompagnement important, dont une équipe médicale. En fait on n’a qu’à pédaler... ».

  

Boostée pour continuer le traitement

Un voyage ponctué de temps forts, en pleine conscience du message délivré sur leur passage : l’espoir pour les malades et l’importance du dépistage pour les autres. « Il s’est passé des choses importantes durant cette semaine. Le groupe, le partage procurent une force formidable. J’étais très sereine au retour. Boostée pour continuer le traitement.», souligne Catherine.

A peine arrivées, les participantes n’avaient plus qu’une idée en tête : recommencer. Et nombre d’entre elles se sont impliquées dans l’organisation de la 2e édition, qui commence ce samedi 24 septembre.
imageElles seront une cinquantaine à prendre cette fois la direction de l’Atlantique. Elodie, 34 ans, est la benjamine du groupe. (La doyenne en a 75) «  Je n’étais pas très sportive avant. Quand je me suis retrouvée en congé, je me suis mise à marcher. Je sentais que ça m’aidait, ça atténuait les effets secondaires des traitements, et ça me changeait les idées, c’est important ». Gym douce, natation, vélo… la jeune femme a pris goût au sport. « Le vélo, c’était un peu une découverte. Avec les entraînements collectifs du week-end, ça m’a tout de suite plu. J’ai vite progressé, c’est très encourageant, du coup j’avais envie d’en faire toujours plus ». Elle est passée sans problème aux trois entraînements hebdomadaires d’une cinquantaine de kilomètres. Elodie part sans appréhension, consciente de l’effet locomotive du groupe. « C’est bien de montrer que même si on est abîmé physiquement et moralement, on continue d’avancer. Dans le groupe, le lien se crèe automatiquement autour de notre vécu commun. C’est très fort ».

Catherine sera là aussi, sur un vélo de route. «  Je suis en reconstruction, ce n’est pas toujours facile. Je teste mon corps au fil des entraînements ». Toujours est-il qu’à l’approche du jour J, elle est passée à un entraînement quotidien !

L’aventure commencera samedi à 7 h 45 devant l’hôtel de ville de Chambéry. Un tour d’honneur pour saluer les partenaires, les soignants, les supporters, les amis… avant de monter dans le bus qui les mènera à Orléans. Dimanche matin, tout le monde en selle pour la 1e étape au départ de Saint-Cyr-en-Val. «  L’an passé il a fait beau tous les jours. Si seulement c’était pareil », espère Catherine.

La vague rose déferlera sur Saint-Nazaire le 2 octobre, pour le début d’Octobre rose.

Brigitte Rémond

 

https://www.facebook.com/alameravelo/

http://www.ufolep.org

http://alameravelo.wixsite.com/alameravelo/leprojet

À lire également...