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L’Open Swim Stars Harmonie Mutuelle, un circuit de nage en eau libre pour sensibiliser au sport durable

21 juin 2017

Faire redécouvrir la nage en eau libre au cœur des villes et sensibiliser la population aux questions de l’eau pour un sport durable ; tel est l’objectif de l’Open Swim Stars Harmonie Mutuelle qui a pris place à Paris, la première des 7 étapes de la tournée, les 17 et 18 juin derniers. Parmi les nombreuses participantes, Eudoxie Jantet (en photo à droite), ancienne journaliste et géographe, championne de France en titre du 1500m nage libre, qui pour sa 3ème participation, insiste sur l’importance de prendre conscience du sport et son environnement urbain.

 

L’Open Swim Stars Harmonie Mutuelle : le 1er circuit de nage en eau libre grand public

Imaginée en 2012 par Sports Swim Organisation afin de faire revivre l’épreuve mythique « La Traversée de Paris à la nage », la troisième édition de l’Open Swim Stars Harmonie Mutuelle a pris  de l’ampleur cette année en proposant sept étapes de juin à septembre. Paris a donné le coup d’envoi de cette tournée. Lyon, Douarnenez, le Lac de Madine à Metz, Canet en Roussillon, Strasbourg et Toulouse ; les six autres dates à ne pas manquer.

Cette année, de nouvelles épreuves ont vu le jour et varieront d’une ville à l’autre.  A Paris, ce sont 5 épreuves qui ont été proposées : courses de 1 km, 2 km, 2 km avec palmes, 5 km et un combiné (5 km + 2 km). Au total 1500 nageurs, originaires de différents pays, se sont élancés dans le Bassin de la Villette ce week-end. C’est un record d’affluence pour cet évènement qui suscite un véritable engouement du public venu au nombre de 10 000 pour profiter de ce spectacle inhabituel.

 

Nager en eau libre, une vraie prise de conscience du sport durable

Parmi les nombreuses participantes à l’Open Swim Stars à Paris : Eudoxie Jantet, qui a participé pour la 3ème année et a fini 1ère de sa catégorie sur chaque épreuve du combiné. Licenciée à l’USM Malakoff, cette sportive passionnée s’entraine 5 à 6 fois par semaine et participe à des compétitions de nage en eau libre. L’année passée elle a également terminé 1ère puis 2ème toute catégorie du 5km, respectivement à Strasbourg et Paris. Mais son palmarès en Masters (catégorie 30-34 ans) ne s’arrête pas à l’Open Swim Stars puisqu’elle est également championne de France en titre du 1500m nage libre et a participé aux championnats d’Europe 2016 où elle finit 6ème (5km). Elle est aussi 10ème mondiale sur 1500m (rankings 2016).

 

1)      Vous avez pris part ce week-end à la première étape du circuit de l’Open Swim Stars 2017 à Paris. Comment s’est déroulée la course ? Quelles ont été vos sensations, votre ressenti ?

« C’était une très belle manifestation. On sent que les organisateurs ont maintenant de l’expérience : le retrait des bonnets, les consignes pour les affaires, le ravitaillement en fin d’épreuve ; tout cela était très fluide et bien organisé. Cette année, petite nouveauté : le départ du 5km s’est fait du canal de l’Ourcq à Pantin. Des bus ont été affrétés pour nous y emmener et c’était là aussi parfait.

Le parcours quant à lui était très bien, plus agréable que des boucles dans le Canal de la Villette ! Par contre, la grande ligne droite pour rejoindre le Canal de la Villette tue un peu les bras !! Personnellement, je ne nage pas en combinaison néoprène mais en combinaison Fina, donc je suis moins portée (aidée). Cette année, l’eau était vraiment chaude, 24 degrés environ, ce qui rendait la nage très agréable. Par moment, j’ai eu le temps d’admirer Paris. Je me souviens d’un pont sur lequel passait le métro parisien pendant que moi je nageais en dessous. Ou bien de la Géode que l’on ne peut pas louper !

Comme j’ai nagé le combiné (5km le samedi soir et 2km le dimanche matin), je me suis remise à l’eau ce dimanche matin, uniquement dans le Canal de la Villette. C’était très sympathique de voir tous ces gens autour, en train de nous regarder nager. J’ai remarqué que plein de personnes prenaient des photos ou des vidéos car je pense que pour eux, c’est assez extraordinaire que l’on puisse nager dans Paris. »

 

2) Vous prévoyez de faire d’autres étapes. Qu’est-ce qui vous attire tant dans ces courses en centre-ville ? Qu’est-ce qui vous motive ?

« Pour l’instant, ce seront deux autres étapes : Lyon le 09 juillet (3,5km) et Strasbourg le 03 septembre (3,5km).

Ce qui m’attire surtout, c’est que je n’ai pas de voiture (par choix) et que je me débrouille avec le train, les transports en commun et mes pieds ! La particularité des courses de l’Open Swim Stars c’est justement qu’elles sont quasiment toutes accessibles sans voiture car la majorité se déroule en ville.  C’est aisément accessible en métro. De plus cela démocratise notre sport car en plein cœur de ville, les spectateurs viennent plus facilement que si l’on nage dans une base de loisirs excentrée.

Cela me permet aussi de visiter des villes que je ne connais pas (j’ai longtemps vécu en Outre-mer donc la France métropolitaine reste encore à découvrir pour moi). »

 

3) En tant qu’ancienne journaliste ayant travaillé sur les questions environnementales êtes-vous particulièrement sensible au fait que cet évènement prône le sport durable et le respect des eaux ?  

« Oui bien sûr. Pour l’édition 2017 à Paris, l’eau avait exactement le même goût que pour les éditions 2015 et 2016, et ne m’a pas rendue malade. Néanmoins, Il y avait plus d’algues cette année. J’ai également eu l’impression de voir plus de déchets flotter en surface (gobelets en plastique…) alors même qu’il y a des poubelles autour.

Je pense que ce serait une bonne idée d’envisager une baignade permanente dans le Canal de la Villette aux beaux jours, mais il est important que chacun y mette du sien pour respecter les lieux. Un plan d’eau et la nature en général ne sont pas des dépotoirs. Personnellement, j’habite dans un écoquartier à Issy-les-Moulineaux et je suis consternée par le fait qu’il y ait régulièrement des détritus au sol malgré la présence de bornes de collecte par aspiration.

Ensuite le sport durable (si l’on considère les 3 piliers du développement durable, environnemental, social et économique), c’est aussi faire en sorte que chacun(e) puisse participer à ce genre d’événement. Les temps limites pour les parcours sont relativement larges pour permettre à des nageurs « moyens » de terminer et le coût de la participation est très abordable. J’ai aussi été très sensible au fait que le dimanche matin, un jeune garçon handicapé puisse faire un tour en bateau avec des pompiers pour le compte d’une association.

Eudoxie (à gauche) avec Camille Lacourt et Théo Curin @OpenSwimStars

Il y avait également Théo Curin, un jeune nageur paralympique qui a participé aux Jeux de Rio en2016. Il a remis les médailles aux côtés de Camille Lacourt et Fred Bousquet, ce qui a permis de mettre en valeur le handisport. »

 

 

 

 

Claire BONY

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