Santé

Faire entrer le sport dans le parcours de santé, le grand défi du groupe MGEN

6 mars 2018

Investie dans la défense du droit des femmes, avec un fort engagement récent en faveur de l’IVG, la MGEN défend sa position et ne cache pas sa volonté d’apporter sa pierre à l’édifice du sport français dans le développement de la pratique sportive pour tous. Qu’en est-il de la pratique sportive féminine ? Comment une mutuelle peut-elle encourager son développement ? Eléments de réponses avec Isabelle Hébert, directrice générale du groupe MGEN.

« J’ai un parcours peu classique », t-elle. Cette Franco-Suisse est issue d’une famille « très multiculturelle ». Diplômée de la fonction publique par le biais de l’Ecole normale supérieure de Cachan et de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE qui dépend de l’INSEE), après une parenthèse d’expatriation aux USA, elle a rejoint la MGEN comme directrice générale adjointe en charge des activités d’assurance. « Je suis maintenant directrice générale de la MGEN et directrice des services innovants pour le groupe VYV, récemment constitué avec Harmonie Mutuelle et Istya. »

« Faire entrer le sport dans le parcours de santé, dans la vision globale d’un épisode de soin est un défi à relever »

Avec plus de quatre millions de personnes protégées, le groupe MGEN est un acteur majeur de la protection sociale et la première mutuelle de la fonction publique. Le groupe accompagne ses adhérents dans la gestion de leur capital santé en investissant dans l’activité physique et sportive. « En soi les mutuelles n’ont pas le droit de segmenter leurs offres par public, sexe, âge… Par contre, elles peuvent cibler leurs actions de prévention. Une salariée de notre direction  « innovation sociale et santé » est en charge de la prévention en faveur des femmes en ciblant des moments de vie (accouchement, pathologies féminines, ménopause…) et en ayant une approche sociétale, telles la réduction des inégalités hommes/ femmes ou la lutte contre les violences faites aux femmes. Ce côté militant est très prégnant à la MGEN ; investie dans le droit des femmes à disposer de leur corps, la Mutuelle a pris un fort engagement en faveur de l’IVG, bien avant la sécurité sociale. »

Croyant au rôle socialisant du sport et de l ́école, la MGEN s’implique auprès de l ́USEP et l’UNSS. « Ces fédérations permettent un même accès à la pratique, aux savoirs, sans distinction de sexe. En 2016, nous nous sommes impliqués aux côtés de l ́UFOLEP dans le plan « Toutes sportives », visant à promouvoir la pratique sportive féminine et lutter contre toutes les discriminations et les stéréotypes chez les sportives. Nous sommes d’ailleurs ravis que la nouvelle ministre des Sports, Laura Flessel, ait repris ces éléments dans sa feuille de route. Notre association ADOSEN – prévention santé MGEN – mène le programme « Stéréotype – stéréomeuf » destiné aux élèves, dont l’objectif est de lutter contre les stéréotypes sexués dès le plus jeune âge. »

« Je suis une fervente convaincue du lien entre sport et santé, pour les hommes, pour les enfants et encore plus pour les femmes »

Dans la vision d’Isabelle, en plus des stéréotypes créant, l’accès à la pratique sportive est effectivement plus difficile pour les femmes. « C’est un vrai constat. Je suis une fervente convaincue du lien entre sport et santé, pour les hommes, pour les enfants et encore plus pour les femmes. Elles oublient parfois trop leur propre santé et leurs propres réflexes de prévention et de protection. Pour maintenir leur capital santé physique et mental, le sport est primordial. Il est aussi fondamental pour accompagner les processus curatifs dans le cadre de pathologies chroniques : l’activité sportive aide à la rémission en cas de cancer du sein et protège contre les rechutes. Faire entrer le sport dans le parcours de santé, dans la vision globale d’un épisode de soin est un défi à relever pour nous. Des mutuelles leaders comme la nôtre, forte de ses quatre millions d’adhérents, dont un nombre important de femmes puisque fortement ancré dans l’Education nationale, doit être fer de lance de cette action et sensibilisation. Je crois aussi, dans le lien que l’on a avec l’Education nationale, à la nécessité d’actions de promotion de l’activité sportive pour les petites filles parce que, comme sur tout, l’éducation primaire est cruciale pour construire les hommes et femmes que l’on est après ! »

 

Propos recueillis par Aurélie Bresson

Article extrait du magazine numéro 7 Les Sportives

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