Société

Denis Masseglia : « Paris 2024 : l’important, c’est l’héritage »

23 juin 2017

MONSIEUR LE PRÉSIDENT, APRÈS VOTRE RÉÉLECTION, VOUS VOILÀ CERTAIN DE MENER LE PROJET « PARIS 2024 » JUSQU’À SON DÉNOUEMENT EN SEPTEMBRE PROCHAIN…

DM. Je fais en effet partie des gens qui ont initié ce projet Paris 2024 et il me tenait à coeur qu’il soit piloté par le monde sportif français. J’ai propulsé Bernard Lapasset puis Tony Estanguet dans ce dispositif et c’est une vraie satisfaction aujourd’hui de se dire qu’on va aller au bout d’une aventure qu’on a soi-même initiée il y a quatre ans. Au-delà de la décision finale du Comité international olympique du 13 septembre prochain, à Lima (Pérou) quant à l’attribution des JOP 2024, le plus important reste la dimension « héritage » de ce projet. Que pourrons-nous tirer comme bénéfices d’un tel événement, d’une telle organisation ? Cette candidature ne se résume ni à l’organisation ni à l’attribution des JO mais à tout ce qui pourra en découler. En ce sens, les années 2017 et 2018 seront cruciales. En 2017, il s’agira d’abord d’obtenir cette organisation. Dans la foulée, il nous faudra discuter avec le nouveau gouvernement, ouvert au changement et à la rénovation du modèle sportif français. Nous devrons également renforcer tous les partenariats engagés, notamment celui avec France Télévisions.

 

COMMENT S’EST DÉROULÉE LA VISITE DE LA COMMISSION D’ÉVALUATION DU COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE (CIO), À PARIS DU 14 AU 16 MAI DERNIER ?

DM. Tout avait été soigneusement préparé par nos équipes, dans les moindres détails. Il y a eu trois temps forts dans ce rendez-vous. D’abord avec le dîner officiel au Petit Palais, future « Maison des Athlètes » si nous obtenons l’organisation. A cette occasion, de nombreux athlètes français ont voulu montrer leur implication dans le projet en accueillant les membres du CIO dans un cadre original autour d’un repas concocté par de grands chefs. Le deuxième temps fort a eu lieu le lendemain matin avec la montée de la Tour Eiffel. Les membres du comité d’évaluation ont ainsi pu profiter d’un point de vue extraordinaire depuis le haut de l’emblématique monument, avec vue sur tous les sites parisiens. Le dernier moment marquant a été la visite de l’Elysée avec la rencontre d’Emmanuel Macron, tout juste élu à la présidence de la République. Le nouveau président a consacré deux heures à l’équipe du Comité international olympique alors qu’il était en pleine constitution du gouvernement avec son premier ministre. Le CIO s’est montré très sensible à cette attention.

 

AVANT LE 13 SEPTEMBRE ET LA DÉCISION FINALE DU CIO AU PÉROU, QUELLES SONT LES PROCHAINS GRANDS RENDEZ-VOUS DU CNOSF ?

DM. Nous organisons la journée olympique le weekend des 23 juin - 24 juin où nous transformerons le territoire français en un gigantesque terrain de sport. Ensuite, il y aura une présentation Paris 2024 devant le Congrès du CIO le 11 juillet… la dernière avant celle de Lima le 13 septembre prochain…

 

TOUJOURS À PROPOS D’OLYMPISME, LAURA FLESSEL, CHAMPIONNE OLYMPIQUE D’ÉPÉE (1996) ET PORTE-DRAPEAU DE LA DÉLÉGATION FRANÇAISE À LONDRES (2012), VIENT D’ÊTRE NOMMÉE MINISTRE DES SPORTS…

Denis MASSEGLIA / Laura FLESSEL – 14.05.2012 – Annonce du Porte Drapeau de la delegation Francaise aux Jeux Olympiques 2012 – CNOSF / Paris
Photo : Amandine Noel / Icon Sport

 

DM. Avant toute chose, nous assistons à un retour d’un ministère des Sports à part entière. Cela démontre tout l’intérêt du gouvernement par rapport à notre thématique. Et le président de la République a choisi une sportive engagée pour le diriger. Laura est quelqu’un de très déterminé, de très investi. Elle n’a pas peur. Elle est en train de s’entourer de gens compétents et connaît l’importance de travailler avec le mouvement sportif. C’est d’ailleurs la première chose que nous avons évoquée ensemble lors de la passation de pouvoirs à laquelle j’étais présent.

 

 

 

CETTE NOMINATION NE PEUT ÊTRE QU’UNE BONNE NOUVELLE POUR LE SPORT AU FÉMININ…

DM. Laura a déjà montré de multiples fois son investissement dans le développement et la promotion du sport féminin. Ambassadrice du sport en général, elle est aussi très active dans la promotion du sport au féminin. Son arrivée à la tête du ministère est donc une très bonne chose en ce sens.

 

QUEL REGARD PERSONNEL PORTEZ-VOUS SUR LE SPORT FÉMININ ?

DM. Dans quelques années, on ne parlera plus de « sport féminin » mais de sport dans sa grande globalité, parce qu’il sera à l’égal du sport masculin. On peut toujours dire aujourd’hui que « ça ne va pas assez vite », mais les choses avancent dans le bon sens. Si je regarde ma discipline, l’aviron féminin n’a été admis aux JO qu’en 1976 ! Il existe un temps de passation incompressible dans la pratique féminine. Avant qu’il y ait des dirigeantes de fédérations, il faut aussi des dirigeantes de clubs et des sportives. Cela peut prendre une, voire deux générations.

 

LE NOUVEAU COMITÉ EXÉCUTIF DU CNOSF, CONSTITUÉ LE 23 MAI, EST UN TOUT PETIT PEU PLUS FÉMINISÉ…

DM. Avec 25 % de femmes, nous ne sommes pas encore à la parité, mais nous progressons. L’ancien exécutif ne comptait que deux femmes. Avec Brigitte Henriques (diversité des pratiques), Véronique Moreira (Relation avec l’éducation nationale), Sarah Ourahmoune (Athlètes et mixité), nous avons trois personnes compétentes qui travailleront sur des postes stratégiques.

 

UN DERNIER MOT SUR LES SPORTS URBAINS : QUELLE EST LA POSITION DU CNOSF SUR LES PRATIQUES DE RUE COMME L’URBAN GOLF, LE STREET SOCCER OU ENCORE LE STREETBALL ?

DM. Jean Pierre Siutat, membre de l’exécutif qui a souhaité s’orienter vers les nouvelles technologies et les pratiques influencées par les médias sociaux, étudiera ses nouveaux sports individuels et communautaires. Notre job sera de nous en rapprocher, tout comme nous le ferons avec l’eSport, prisé par les jeunes et sur lequel nous aurons forcément une démarche prospective à réaliser.

PEGGY BERGERE

 

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