Engagées

La Parisienne, une course féminine au-delà des clichés féminins

9 septembre 2018

Du dossard à puce, à la médaille de « finisher », La Parisienne a l’allure d’une grande course compétitive. Et même si tout porte à croire qu’elle remplit les cases des clichés féminins avec le vernis à ongles dans le sac de bienvenue jusqu’à la rose et les bons d’achats offerts en fin de parcours, l’atmosphère rappelle combien la convivialité, le plaisir et le dépassement de soi priment sur le reste. Immersion.

De la Tour Eiffel au Champs de Mars, avec un détour de 7 kilomètres, le parcours de La Parisienne est un vrai chemin de convivialité rythmé par des orchestres, des cris d’encouragement, des musiques sous tunnels sous ambiance discothèque. Avec la cerise sur le gâteau en ce dimanche 9 septembre 2018 : un soleil estival et une chaleur méditerranéenne. Les 21413 participantes* sont équipées d’un sac de bienvenue muni d’un t-shirt et d’un dossard à puce. Un parcours alléchant, des échauffements rythmés, une organisation béton autour d’un village d’animations de trois jours : un beau cocktail (sans alcool) autour de cette course à succès de 21 éditions.

Mais cette course a quoi de plus que les autres ? Une féminité complètement affirmée. Peu d’hommes sont présents dans ce village La Parisienne mis à part les coachs sportifs, les animateurs des stands et les membres de l’organisation. « C’est hallucinant le nombre de femmes présentes » s’étonne Béatrice. Du logo rose sur les bannières à l’omniprésence de sportives de tous les âges, tout rappelle combien cette course est uniquement réservée aux femmes. Et de bout en bout on retrouve du vernis à ongle noir pailleté dans le sac de bienvenue, les pubs des partenaires pour des massages, des épilations, des produits de beauté, (entres autres) dans le programme, et les participantes déguisées pour la plupart avec des tutus, des couronnes, des écharpes de miss ou encore des leggins très colorés. Et cela, jusqu’à la ligne d’arrivée, moment où chaque participante reçoit sa fameuse médaille de « Finisher » accompagnée d’une rose et de bons d’achats en grande surface. Tout porte à croire que La Parisienne 2018 remplit toutes les cases des clichés féminins.

« Allez Maman », « Allez Sandrine », « Go les Girls », « Bravo mesdames »,etc. et pourtant au bord des routes comme au cœur de la course et du village règne une convivialité, une force collective et positive, et une joie de vivre qui prime sur tout le reste. « Vas-y Josiane allez c’est ton défi, il nous reste 3 kilomètres, on est ensemble », « Marie magne ton tutu et rattrape-nous arrête de prendre des photos », « l’année dernière j’ai fais les 7 kilomètres en 1 heure cette année je les ai fais en 45 minutes je suis fière de moi ». A travers ces témoignages et échanges, toute femme éveille la sportive en elle, la force de ses différences. Il n’est pas question seulement d’être une femme affirmée, mais une sportive affirmée.  « Il n’y avait pas plusieurs choix de distances, c’était 7 kilomètres ou rien, mais « we did it » comme on dit » témoigne Sonia. « On est venu en grand nombre grâce à notre entreprise et nous sommes toutes fières de porter le maillot qui a été spécialement conçu pour l’occasion, » complète Maryse, l’une des 800 collaboratrices mobilisées du Groupe Carrefour. Entres collaboratrices, entres amies, en famille, ou seules, venues de Madrid, de Montpellier, Lille ou de Paris, toute femme devient non seulement une parisienne le temps d’un week end, mais une personne qui se surpasse et passe un moment inoubliable. Et sous cette forme de sororité, se révèle tout simplement une pratique sportive féminine en puissance.

Aurélie Bresson

*chiffre définitif communiqué par l’organisation

Copyright : Yves-Marie Pondaven @ympondaven

À lire également...