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Assa Koita « du Tournoi des 6 stations, à la FFR, on nous montre enfin, à nous rugbywomen, qu’on a notre place »

16 juillet 2018
Suite au succès des six éditions Hiver du Tournoi des 6 Stations, Yann Delaigue et Stéphane Rouault ont décidé de décliner ce tournoi unique au monde dans sa version estivale et ont créé le Rugby sur l’eau en 2017. Pour 2018, autant hiver qu’été, cette édition ne se fera pas sans les féminines.
Assa Koita, deuxième ligne de l’équipe de France de rugby à XV (avec 30 sélections) fait partie des premières féminines qui participeront au Tournoi d’été le 20 juillet 2018 à Valras. (Tournoi itinérant du 17 au 22 juillet)
L’occasion de faire le point avec Assa Koita ; sa participation au Tournoi des 6 Stations, la professionnalisation récente du XV de France féminin par la FFR, et surtout son transfert au Stade Français Paris à la rentrée 2018. Rencontre.

 

Quelle fut ta réaction lorsque l’organisation du Tournoi des 6 stations t’a proposé de participer à la journée dédiée aux féminines en janvier dernier pour la version hiver ?

Assa Koita : J’étais très contente et à la fois très excitée de pouvoir jouer au rugby dans la neige, c’était vraiment tout nouveau pour moi et je trouvais déjà l’idée géniale. J’étais également surtout contente de pouvoir faire partie de l’équipe féminine présente ce jour. C’est comme être sélectionnée dans l’équipe de France de rugby sur neige.

 

Tournoi des 6 Stations Hiver 2018 – Valmorel

Connaissais-tu déjà cet événement et comment as-tu réagi lorsque tu as appris qu’ils organisaient une journée dédiée aux féminines? 

A.K. : Oui je connaissais déjà l’événement que je suivais depuis quelques années et je trouvais ça déjà original et top ! J’étais contente et je le suis toujours car dans le milieu du rugby la place de la femme est encore loin d’être acquise, c’est rare que les femmes soient mises à honneur. C’est dont vraiment un honneur de représenter toutes les féminines à cet événement du Tournoi des 6 stations. C’est touchant et ça fait vraiment plaisir quand on nous montre qu’on a, nous les rugbywomen, notre place même au Tournoi des 6 stations, réservé longtemps qu’aux hommes.

 

Quel est le souvenir qui te vient le premier à l’esprit suite à ta participation à la première édition cet hiver ?

A.K. : Je dirais le froid direct ! (Rires) Ca m’a vraiment marqué je n’ai pas pour habitude d’aller en station de ski. C’était vraiment un super moment, une superbe expérience à vivre, car j’ai pu retrouver des copines avec qui j’ai joué il y’a quelques années. Donc de belles retrouvailles et un moment très chaleureux, festif mais aussi sportif quand même. Il y règne vraiment l’ambiance rugby même si c’est à la montagne. Le défi est de taille mais on a bien rigolé.

 

Prête pour l’édition de cet été ?

A.K : Dès qu’il s’agit de jouer au rugby je suis toujours prête ! (rires)

 

C’est une vraie reconnaissance pour la pratique féminine en France

 

Il y a 15 jours, la fédération Française de Rugby  a annoncé sa plus importante prise de décision: celle de professionnaliser le XV de France féminin : « 26 joueuses internationales à XV un contrat fédéral, à mi-temps, dans le but de favoriser leur épanouissement personnel, en vivant leur passion tout en ayant un projet professionnel. » Quelle a été ta réaction à l’annonce de cette nouvelle? Qu’en penses tu ?

A.K : C’est vraiment un privilège et une grande opportunité pour les joueuses qui seront sous contrat. Elles vont pouvoir concilier leur pratique tout en ayant un suivi socioprofessionnel et donc pouvoir penser à l’après rugby. Elles pourront ainsi mieux organiser leur temps et surtout s’entraîner dans les meilleurs conditions. C’est va mettre le XV Féminin enfin au niveau des meilleures nations mondiales. Même si on est actuellement dans le haut de tableau déjà.

 

Est-ce que ce changement annonce pour toi un vrai changement dans la reconnaissance des sportives et l’installation durable de la professionnalisation?

A.K : C’est une vraie reconnaissance pour la pratique féminine en France de la part de la fédération, je pense que plusieurs joueuses étrangères auraient aimé que leur fédération propose également ce genre de contrat. C’est vraiment une belle aubaine. Les choses évoluent ça fait du bien. Ca reste rare au niveau international.

 

As-tu gardé ton métier d’éducatrice?

A.K : Oui je suis toujours éducatrice dans un internat avec des jeunes garçons qui rencontrent des troubles psychologiques.

  

Tournoi des 6 stations 2018 Hiver – Valmorel

La saison prochaine tu pars au stade français Paris, après 4 années passées à l’AC Bobigny. Ca doit être plein d’excitation et d’interrogation également. Tu connais le club pour y être déjà passé, mais pas mal de choses ont changé depuis, dont l’équipe. Comment appréhendes-tu ce changement ?

A.K : Bien sur je suis très excitée mais surtout contente. Je me fixe de nouveaux objectifs et j’avais besoin de changement dans ma carrière. Une nouvelle équipe, un nouveau club donc évidemment il y a des interrogations. Mais je me dis que ça reste du rugby : c’est à dire un terrain et un ballon, et les mêmes règles. Donc je suis plutôt sereine. Il y aura du travail forcément, et rien n’est jamais acquis d’autant que le club monte en top 16, dont il va falloir bosser davantage. Je connais déjà quelques joueuses et une partie du staff, je vais également me retrouver avec quelques coéquipières de mon ancien club. Je ne serai donc pas en terre inconnue et c’est plutôt rassurant.

 

 Propos recueillis par Aurélie Bresson

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