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« En tant que femme j’ai fait prendre une autre voie à notre club qui vivait sur ses acquis »

9 avril 2019

Les femmes sont-elles capables de manager le sport ? Quelle est la place des femmes dirigeantes ? Véronique Ribaucourt première femme présidente de l’histoire de l’US Joigny nous raconte comment tout naturellement à sa prise de poste, elle a souhaité remettre de l’ordre et de la transparence dans son club. Interview.

Dans quelles conditions êtes-vous devenues présidentes ?

Veronique Ribaucourt : Mon prédécesseur avait décidé de laisser sa place après vingt ans de présidence du club. Le club compte 20 sections, un centre de loisirs, 2000 adhérents et 5 salariés. Ce n’est pas rien, c’est une lourde responsabilité. Il souhaitait confier cette mission à une personne qui connaissait l’histoire de notre club omnisports et qui soit capable de le gérer. Le bureau m’a choisi. Et ce fut pour mes qualités d’écoute, d’analyse, d’échange, de partage et d’équité. 

D’après vous, qu’est ce qui diffère d’une gestion masculine ou féminine d’un club ?

V.R : Dans les points communs tout d’abord je pense que lorsqu’une personne décide d’occuper un poste aussi important, qu’il ou elle soit homme ou femme, elle cherche à ne négliger aucun détail et surtout à atteindre une certaine perfection. Je pense qu’homme comme femme, on ne s’investit pas à moitié en prenant une telle responsabilité. En revanche l’approche est différente. Lorsque des choix et des décisions doivent être prises, personnellement j’ai vraiment besoin de m’enrichir du point de vue de mon bureau et de mes membres. Par conséquents les choix sont collectifs, même si c’est moi qui tranche, et les réunions plus participatives. Cela m’évite, à mon sens, les mauvais pas. 

Par conséquent, qu’elle est votre manière de présider ? Qu’avez-vous apporté sur ce premier mandat de quatre ans ? 

V.R : J’attache une grande importante à la communication et l’échange ce qui me permet de développer des liens forts avec nos partenaires;  mes bénévoles me font savoir aussi leur satisfaction que je sois leur Présidente car ma patiente, mon écoute, ma diplomatie  unis les adhérents :les réunions sont plus participatives et les décisions plus collectives. Cela m’évite à mon sens les mauvais pas.

De plus, grâce à notre structure « omnisports », les périodes difficiles  que rencontrent certaines sections  trouvent des solutions grâce  à l’aide et à la force des autres. Je leur dis souvent : « ENSEMBLE, PLUS FORT. Nous devons garder l’esprit d’équipe. »Ainsi, nous sommes passés de   18 disciplines à 21 en 4 ans dont le sport santé. Une initiative  de ma part qui nous permet de nous ouvrir à un public bien plus large que la compétition…

Cela réjouit  la ville, les professionnels de santé, les écoles primaires, les collèges, les IME , les lycées … qui me contactent pour mener des projets communs.

Il me reste à convaincre plus d’entreprises pour nous soutenir et devenir sponsors. Mais la dimension « Omnisports » devrait les sensibiliser car les projets sont intéressants aussi pour eux. Nous sommes le dynamisme de notre territoire.

Rencontrez-vous des difficultés à être femme dans votre mission ?

V.R : Il y en a peut-être une oui majeure oui, une difficulté qu’un homme gérerait plus facilement : trouver des entreprises partenaires. En effet comme les chefs d’entreprises sont quasiment tout le temps des hommes, il va m’être plus difficile de les convaincre de devenir sponsors. C’est mon projet défis ! Et puis il se dit aussi qu’en tant que femme j’ai fait prendre une autre voie à notre club qui vivait sur des acquis. Donc je ne m’arrêterais pas en si bon chemin et continuerais de faire avancer mon club.


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