Dans leurs veines A sang pour Sang

Sarah Ourahmoune prête à écrire la dernière page de sa carrière de boxeuse

12 août 2016

La première boxeuse française de l’histoire sélectionnée aux Jeux Olympiques espère trouver au Brésil le couronnement de sa magnifique carrière. Elle sera sur le ring ce vendredi 12 aout à 22h (heure française).

« Les Jeux olympiques, c’est un rêve d’enfant », déclare Sarah, la passion et l’enthousiasme dans la voix. Elle a 14 ans quand elle pousse la porte du gymnase d’Aubervilliers, à la recherche d’un club de taekwondo, histoire de canaliser son énergie. C’est « par hasard » qu’elle découvre la boxe anglaise. A l’époque, alors que les compétitions ne sont pas ouvertes aux filles, Sarah s’entraîne d’arrache-pied : « deux fois par jour, le matin avant d’aller au lycée, et le soir. » Sans se laisser décourager par les railleries des garçons du club.

L’afflux de nouvelles pratiquantes amène à l’ouverture de la compétition aux filles en 1999. Elle décroche aussitôt son premier titre de championne de France. Elle a alors 17 ans.

Depuis son palmarès a pris du poids avec entre autres dix titres de championne de France (le dernier en 2016), trois de championne de l’Union Européenne, une médaille de bronze aux championnats d’Europe en 2007, et l’or mondial en 2008.

2012 marque un tournant dans l’histoire de la boxe anglaise aux JO avec l’ouverture de la discipline aux femmes. Sarah rate la qualification, trop de pression. Elle s’octroie une pause pour mener à bien son projet de maternité. Très vite, le ring lui manque, elle reprend deux ans plus tard. « J’en ai bavé, j’avais tout perdu.» Avec une médaille de bronze aux championnats du monde à Astana en mai dernier, Sarah se qualifie pour Rio. Le rêve est maintenant à portée de gants. « C’était presque irréel tant la préparation a été longue et intense », confie t-elle. « Je suis très fière de représenter la France, et d’être la première boxeuse française en poids mouche aux JO. » (NDLR : Estelle Mossely est également sélectionnée en poids moyen).

A 34 ans Sarah a bien l’intention de s’inscrire dans l’histoire de la boxe féminine, mais ne perd pas de vue que « ce n’est pas gagné d’avance ».

Article tiré du numéro 2 de Les Sportives Magazine 

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