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Lacoste Ladies Open de France 2016 - 08/10/2016 - Partie 3 - Golf de Chantaco - France - HERBIN Celine (FRA)
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Le golf au féminin loin des clichés

19 octobre 2016

Notre chroniqueuse Camille Hernandez a passé trois jours en compagnie des meilleures golfeuses européennes, dans un décor de rêve. Elle nous raconte son expérience.

Lacoste Ladies open de France. Ce nom ne vous dit peut-être rien, il s’agit pourtant d’une des épreuves majeures du prestigieux Ladies European Tour. LET pour les intimes. Amateurs ou professionnelles, soixante dix-huit joueuses ont participé à ce tournoi de golf début octobre. Elles viennent du monde entier - vingt et une nationalités sont ainsi représentées - certaines ont à peine vingt ans, les plus expérimentées ont plus de cinquante.

Crédit photo : ASO/P.Ballet

Crédit photo : ASO/P.Ballet

« Un sport de riche, un sport de vieux… » J’arrivais prudente sur le green de Chantaco, essayant de calmer mes préjugés. Bien longtemps avant moi Simone Thion de la Chaume, l’une des pionnières du golf français, foulait ce parcours mythique. Il me fallait être digne de la championne de Grande Bretagne 1927, treize fois championne de France, à l’endroit même où tout avait commencé. Chantaco dégage tout de suite une impression de grandeur, de calme et de sérénité. Le berceau de la famille Lacoste est immense, il s’étend sur près de six mille mètres carrés. Riche en biodiversité, il abrite quantité d’espèces d’arbres et de plantes.

Dès les premiers contacts je sens que mes hôtes basques prennent très au sérieux ce sport, partie intégrante de leur culture : « le golf est très important pour nous » m’explique-t-on en guise d’introduction. « Il se pratique à tout âge et se transmet de génération en génération. C’est une excellente école de la vie, du respect, que ce soit envers la nature ou des joueurs entre eux. »

Des grandes professionnelles

Neuf heures à ma montre, les premières joueuses se mettent en place sur les deux practices. Putter ou driver à la main, elles s’entraînent et enchaînent les balles. Elles rectifient leur geste, l’affinent pour atteindre la trajectoire parfaite. Derrière elles leurs caddies, ces fidèles suiveurs et leurs chariots remplis de clubs. Leurs familles parfois. Les joueuses les questionnent sans cesse. Je vois de l’échange, du partage et cela me frappe, on est loin du sport individuel que j’imaginais.

J’observe ainsi ces jeunes femmes pendant toute la compétition, j’en remarque certaines d’origine marocaine ou tunisienne. Elles sont les futurs espoirs de la fondation Lacoste, cette fondation maison qui permet à des enfants défavorisés d’accéder à des univers sociaux-culturels à travers le sport. L’ancienne joueuse professionnelle Patricia Meunier-Lebouc les guide, les soutient et me confie la « réelle opportunité » pour ces jeunes filles qui « dans leur pays ont du mal à mixer temps scolaire et amour du golf ».

Patricia revient aussi sur son parcours de joueuse et m’explique le moment où elle a rejoint le circuit professionnel, lorsqu’elle a fait du golf son métier : « j’ai du développer différents outils dont l’aptitude mentale pour pouvoir progresser mais surtout rester lucide sans jamais me mettre la pression. » Elle poursuit « savoir se fixer des objectifs, faire ce que l’on a faire, accepter les mauvais coups pour atteindre la plus grande liberté de jeu. C’est une discipline qui sert avant tout à se vider la tête. »

Victoire d'ALLEN Beth (USA) Credit : ASO/V.Labadie

Victoire d’ALLEN Beth (USA) Credit : ASO/V.Labadie

La compétition bat son plein. Les joueuses réalisent chaque jour un parcours complet de dix-huit trous. Pour les meilleures d’entre elles qui resteront quatre jours, cela représente un total de soixante-douze trous. Chaque soir les moins bien classées sont victimes du « cut » elles sont éliminées et ne participent pas à la session du lendemain. Et même si au deuxième matin les dix-neuf françaises sont encore en lice c’est finalement l’américaine Beth Allen, tête de série numéro un, qui remporte le tournoi.

Elle succède à la française Céline Herbin, vainqueur de l’édition 2015. Cette dernière m’explique la disparité entre homme et femme dans le monde du golf : « au-delà du jeu, les moyens financiers sont complètement différents ». Pour exemple la dotation est de trois millions et demi d’euros sur l’Open de France masculin, elle est quatorze fois inférieure pour l’Open féminin. « Comme dans beaucoup de secteurs », se désole-t-elle.

Du vert et pas beaucoup de rose

Malgré son image élitiste, le golf est une discipline relativement précaire pour les femmes. Le montant de la dotation prime souvent sur les résultats sportifs et il est partagé entre toutes les joueuses selon leur classement. L’argent gagné permet juste de financer son équipe, ses trajets, son logement… « Seules les premières du classement s’en sortent bien, les autres ne gagnent que très peu. »

Autre frein pour ces jeunes femmes, concilier carrière et vie de famille reste compliqué. Aujourd’hui de plus en plus de filles commencent assez jeunes et atteignent leur « retraite » à trente ans. Peu reconnues en France, elles pâtissent des clichés qui collent à leur sport, du peu d’engouement du grand public et du manque de médiatisation des grandes compétitions. Loin des pays comme l’Angleterre ou les Etats-Unis où le golf est plus populaire et compte de nombreux fans. Plus jeunes que je le pensais, moins riches aussi, cette compétition a changé ma vision des golfeuses et du golf. Mais les mentalités sont tenaces et comme Patricia Meunier-Lebouc me le confiait « c’est lentement que cette discipline évolue, il faut qu’on encourage les gens à aller voir davantage sur le terrain ».

 

Camille Hernandez

& Benoit Pelegrin

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A la mer à vélo, une vague rose de 525 km d’Orléans à Saint-Nazaire

22 septembre 2016

Une vague rose déferlera sur les 525 km qui relient Orléans à Saint-Nazaire, la semaine prochaine dans le cadre de la 2e édition de A la mer à vélo. Un magnifique défi plein d’espoir, d’amour pour des femmes touchées par un cancer du sein.

« Couvrir plus de 500 km à vélo en une semaine, ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut être sportif et sacrément en forme ! » Cette réflexion est celle qui vient généralement à l’esprit quand on entend parler de ce genre de défi. Eh bien elle est totalement erronée ! La trentaine de femmes, en traitement ou en récidive d’un cancer du sein, qui ont pédalé l’an passé de Chambéry aux Saintes-Maries-de-la-Mer à l’occasion de la 1e édition de A la mer à vélo, en ont fait l’éclatante démonstration. L’engouement a été tel qu’elles seront une cinquantaine la semaine prochaine prochaine à rallier Saint-Nazaire au départ d’Orléans.

 

Bouger contre la maladie

Crédit photos : Elisabeth Schneider

A l’origine de cette manifestation, Christine Aguettaz et Michelle Berliat, deux profs d’EPS passionnées par le sport sous toutes ses formes, et convaincues de l’importance du sport santé. En 2007, tout juste retraitées, elles se lancent dans l’organisation à Chambéry d’Odyssea, une marche-course au profit du cancer. Mais cela ne convenait pas aux femmes atteintes d’un cancer du sein. Qu’à cela ne tienne ! L’association 4 S (Sport Santé Solidarité Savoie) voit le jour en 2011, et propose des activités physiques adaptées : tai-chi, qi-gong, marche, gym douce, aquagym. « L’important, c’est de bouger contre la maladie. Il est prouvé que 30 à 40 mn de marche par jour, c’est 25 % de récidive en moins en cas de cancer », martèle Christine Aguettaz, co-présidente de 4S.

Sa rencontre avec un responsable de l’agence Ecomobilité de Chambéry, qui entre autre prône les déplacements à vélo, fait germer en elle une nouvelle idée qui devient vite un défi : faire pédaler des femmes concernées par le cancer du sein de Chambéry aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Soit 450 km en 7 jours, dans le cadre d’Octobre rose.

 

Chacune selon ses capacités

Le 3 octobre 2015, elles sont une trentaine, vêtues de tee-shirts roses au départ de A la mer à vélo, prêtes à se dépasser dans la bonne humeur. « Quand j’ai eu connaissance de ce projet, j’ai voulu à tout prix en faire partie », raconte Catherine. « Je venais de finir une chimio, j’étais entre deux opérations et avant la radiothérapie. Je n’étais pas assez en forme pour m’entraîner. » Pas de quoi arrêter cette femme déterminée, qui a pris la route sur son vélo à assistance électrique, son moyen de locomotion quotidien. « C’est chacune selon ses capacités. Certaines n’avaient jamais fait de vélo, d’autres ont un problème de surpoids. Mais tout le monde est arrivé au bout, dans la joie et la bonne humeur. C’est très bien organisé, avec un accompagnement important, dont une équipe médicale. En fait on n’a qu’à pédaler... ».

Boostée pour continuer le traitement

Un voyage ponctué de temps forts, en pleine conscience du message délivré sur leur passage : l’espoir pour les malades et l’importance du dépistage pour les autres. « Il s’est passé des choses importantes durant cette semaine. Le groupe, le partage procurent une force formidable. J’étais très sereine au retour. Boostée pour continuer le traitement.», souligne Catherine.

A peine arrivées, les participantes n’avaient plus qu’une idée en tête : recommencer. Et nombre d’entre elles se sont impliquées dans l’organisation de la 2e édition, qui commence ce samedi 24 septembre.
Elles seront une cinquantaine à prendre cette fois la direction de l’Atlantique. Elodie, 34 ans, est la benjamine du groupe. (La doyenne en a 75) « Je n’étais pas très sportive avant. Quand je me suis retrouvée en congé, je me suis mise à marcher. Je sentais que ça m’aidait, ça atténuait les effets secondaires des traitements, et ça me changeait les idées, c’est important ». Gym douce, natation, vélo… la jeune femme a pris goût au sport. « Le vélo, c’était un peu une découverte. Avec les entraînements collectifs du week-end, ça m’a tout de suite plu. J’ai vite progressé, c’est très encourageant, du coup j’avais envie d’en faire toujours plus ». Elle est passée sans problème aux trois entraînements hebdomadaires d’une cinquantaine de kilomètres. Elodie part sans appréhension, consciente de l’effet locomotive du groupe. « C’est bien de montrer que même si on est abîmé physiquement et moralement, on continue d’avancer. Dans le groupe, le lien se crèe automatiquement autour de notre vécu commun. C’est très fort ».

Catherine sera là aussi, sur un vélo de route. « Je suis en reconstruction, ce n’est pas toujours facile. Je teste mon corps au fil des entraînements ». Toujours est-il qu’à l’approche du jour J, elle est passée à un entraînement quotidien !

L’aventure commencera samedi à 7 h 45 devant l’hôtel de ville de Chambéry. Un tour d’honneur pour saluer les partenaires, les soignants, les supporters, les amis… avant de monter dans le bus qui les mènera à Orléans. Dimanche matin, tout le monde en selle pour la 1e étape au départ de Saint-Cyr-en-Val. « L’an passé il a fait beau tous les jours. Si seulement c’était pareil », espère Catherine.

La vague rose déferlera sur Saint-Nazaire le 2 octobre, pour le début d’Octobre rose.

Brigitte Rémond

 

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Copyright : Charles Chevillard
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Avec les femmes, l’haltérophilie veut changer son image de sport de mâles

6 août 2016

Physique imposant, compétitions fermées aux femmes, si l’haltérophilie a longtemps souffert de son image de sport viril, la discipline veut désormais se montrer comme accessible aux femmes à travers ses athlètes.

A l’INSEP, une semaine avant leurs premiers Jeux Olympiques, Gaëlle Nayo-Ketchanke et Anaïs Michel entament leur dernier stage de préparation. Sous les encouragements de leurs homologues masculins, les haltérophiles françaises soulèvent des haltères pendant deux heures. « Aujourd’hui, l’entraînement est intense », admet Gaëlle. Les jeunes femmes alternent les disques. Cinq kilos, dix kilos, puis 20 kilos. Musclées et athlétiques, Gaëlle et Anaïs impressionnent.

 

« J’ai évolué avec les garçons »

Copyright : Charles Chevillard

Copyright : Charles Chevillard

D’origine camerounaise, Gaëlle Nayo-Ketchanke “tire” les haltères pour la France depuis 2013. « Mon père était entraîneur et ma grande soeur pratiquait, se souvient l’athlète de 27 ans. J’ai commencé à sept ans et j’ai accroché. » Anaïs Michel est elle venue vers l’haltéro à onze ans. « Mon oncle bodybuildeur m’a ‘poussée’ dans une salle. » La première haltérophile qu’Anaïs a vue fut Agata Wrobel, une athlète polonaise double médaillée olympique chez les plus de 75 kgs. « C’était une grosse catégorie. Ça m’avait impressionnée. »

A force de pratique, Anaïs Michel oublie ses idées reçues. « J’ai réalisé que c’était un sport à catégories de poids de corps et qu’il y avait des gabarits variés. » A l’entraînement, les deux jeunes femmes sont apprêtées. Bijoux, vernis fluo aux ongles et même maquillage, Gaëlle n’a jamais eu peur de changer d’apparence. « Dans mon club, il n’y avait aucune femme, j’ai évolué avec les garçons. Je n’ai pas cherché à savoir si j’allais ressembler à un mec plus tard. » Entraîneur de Gaëlle Nayo-Ketchanke, Laurent Pedreno salue l’influence de son athlète sur l’image de l’haltéro en France. « Au-delà de son physique agréable, elle est septième mondiale. Elle fait du bien à la discipline. »

En France, elles sont 31312 à pratiquer la discipline, un tiers du nombre total de licenciés. Le soulevé d’haltères arrive en France au début du 19e siècle, les premières compétitions féminines n’auront lieu qu’en 1947. Il faudra attendre 1986 pour que les Mondiaux s’ouvrent aux femmes. Et ce n’est qu’en 2000, à Sydney, que l’haltérophilie féminine apparaît aux Jeux. « Depuis, il y a une vraie progression de l’haltérophilie féminine en France, se réjouit Vencelas Dabaya, entraîneur national et vice-champion olympique en 2008 à Pékin. C’est désormais le seul sport de force inscrit aux Jeux. »

Sept catégories de poids existent chez les femmes haltérophiles, de -48kgs à +75kgs. Il suffit de mettre côte à côte Anaïs Michel -qui concoure chez les -48kgs- et Gaëlle Nayo-Ketchanke -classée en -75kgs- pour avoir un éventail des gabarits. Côté taille, Gaëlle Nayo-Ketchanke fait néanmoins figure d’exception. « Les haltérophiles ne sont pas aussi élancées que moi, précise l’athlète d’1m74. Elles sont musclées mais tassées. » De ses huit années de pratique de l’athlétisme, la vice-championne d’Europe 2016 a gardé sa silhouette de sprinteuse. Mais pas sûr que cela soit un avantage. « J’ai de grands bras donc j’ai plus de chemin à faire pour lever les haltères » plaisante t-elle.

 

Quand le crossfit rend l’haltérophilie plus populaire

L’haltérophilie a longtemps souffert d’une image de sport viril, selon Anaïs Michel, mais cela change. « Maintenant, il y a un côté esthétique dans le fait d’être athlétique. » La discipline a tiré parti du succès du crossfit, une méthode d’entraînement qui combine force athlétique, haltérophilie, gymnastique et sports d’endurance. « Les crossfitters sont très présents sur les réseaux sociaux. Ils nous sollicitent pour la technique et ça fait parler d’haltérophilie. » Le crossfit a plus de pratiquantes que l’haltérophilie, souligne Vencelas Dabaya. « C’est à nous de trouver des arguments pour attirer les crossfitters. »

Selon Gaëlle Nayo-Ketchanke, l’haltérophilie peut se développer mais il est nécessaire de casser les idées reçues. « Quand tu expliques que tu fais de l’haltérophilie, les gens entendent ‘musculation’. “Il faudrait peut-être expliquer la discipline au grand public. » Dans son clun, le Clermont Haltérophilie Sports, Gaëlle expérimente l’intérêt pour sa discipline. « Mon club est dans une petite ville mais on communique et les médias locaux parlent de nous. Bref, quand on veut on peut. »

 

Contre le dopage, « les pays doivent faire le travail »

Copyright : Charles Chevillard

Copyright : Charles Chevillard

Pour l’athlète française, les instances doivent aussi faire le travail pour attirer le public vers la discipline. D’après le rapport McLaren, qui a dévoilé le système de dopage d’Etat mis en place en Russie, l’haltérophilie était le deuxième sport le plus touché dans cette affaire. Le CIO avait laissé à la fédération le choix de la sanction. « On veut lutter contre le dopage mais comment les dopés vont arrêter s’ils ne sont pas sanctionnés ?”, regrettait alors Gaëlle Nayo. A quelques jours des Jeux, la Fédération Internationale d’haltérophilie a finalement exclu les huit athlètes russes qualifiés pour Rio. Les pays de l’Europe de l’Est dominent la discipline. « Ils ont développé une rigueur d’entraînement et une culture de la gagne. Contrairement à nous, elles sont donc mieux armées pour aller chercher des médailles, explique Vencelas Dabaya. En France, le sport n’est pas très développé. Et nous n’avons pas les mêmes outils pour garder la motivation. » Cette motivation, Gaëlle Nayo l’a. « Mes rivales aux Jeux ? Non, je laisse mon entraîneur regarder ça. Et conclut, rieuse : “Je préfère me concentrer sur mes performances. »

Assia Hamdi

Stage national Arras 21-22III15 -  (39)
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L’AIKIDO, UN ART MARTIAL PLUS QUE FEMININ

17 juin 2016

UN ART MARTIAL SINGULIER, QUI RÉUNIT HOMMES ET FEMMES

Longtemps pratiqué par les hommes seuls, comme beaucoup d’art martiaux, l’aïkido séduit aujourd’hui de plus en de femmes grâce à une particularité simple : ne pas reposer sur la notion d’opposition.

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Copyright photos : Cédric Chort

A l’utilisation de la force musculaire, l’aïkido préfère la mobilité, la rapidité, la souplesse et la disponibilité, utilisées pour dévier et contrôler un partenaire lors de frappes ou de saisies, en « laissant passer » la force de l’attaquant afin de la diriger et, ainsi, de la neutraliser. En cela, il constitue un martial adapté à tous, aux petits comme aux grands gabarits et, de ce fait, aux hommes comme aux femmes.
L’absence de compétition permet également d’éviter la classification sportive en catégories de poids et de réunir sans difficulté hommes et femmes sur les mêmes tatamis, avec une recherche commune : améliorer ses capacités physiques et mentales. Un objectif bien plus motivant que de simplement gagner un match ou un combat – on ne parle d’ailleurs pas d’adversaire, mais de partenaire en aïkido.
“Les entraînements, basés sur la respiration, la vigilance, la détente du corps et de l’esprit, face à des attaques à mains nues, ou des attaques avec des armes, m’ont permis d’améliorer la confiance en moi, la maitrise de mon corps et de mon esprit et ainsi une certaine sérénité. C’est pour moi un moyen idéal pour lâcher prise et évacuer le stress quotidien du travail et de la vie familiale”, confie Marie, pratiquante depuis plus de 15 ans.

L’AIKIDO : TECHNIQUES, VALEURS ET … PLAISIR

La pratique de l’aïkido, composée de déplacements, de chutes, de roulades… permet de dépasser les appréhensions et de façonner harmonieusement sa silhouette en développant une tonicité et une tenue du corps.

Si l’apprentissage de l’aïkido consiste au départ à reproduire des mouvements montrés par l’enseignant, il permet assez rapidement de développer la proprioception, c’est-à-dire la conscience profonde de la position des différentes parties de son corps.
L’idée est d’améliorer sans cesse la perception de son environnement, de son corps et des mouvements du partenaire.
La pratique, au contact des partenaires, s’enrichit et s’affine, permettant de développer la précision des gestes, l’harmonie du mouvement à deux mais aussi la capacité d’adaptation. Toutes ces qualités sont, de fait, transposables hors du dojo, dans la vie quotidienne.
“Depuis que je pratique l’aïkido j’ai développé une meilleure connaissance de mon corps. Aujourd’hui j’ai acquis une certaine aisance dans la réalisation de mes gestes et la mobilité de mon corps. On est beaucoup en contact physique pendant les entraînements, ce qui m’a aussi aidée à dépasser l’appréhension que j’avais des autres. Je me suis rendue compte que l’aïkido a aussi des effets positifs même en dehors des entraînements, je me sens beaucoup plus à l’aise dans la relation avec les gens. J’ai gagné en assurance“, précise Camille, pratiquante depuis 5 ans.

UN ART MARTIAL A LA FOIS TRADITIONNEL ET MODERNE

Copyright photos : Cédric Chort

Copyright photos : Cédric Chort

L’aïkido est un art martial moderne, issu d’écoles anciennes, il véhicule des valeurs qui ont toute leur place dans notre monde moderne.

L’histoire de l’aïkido est indissociable de celle de son fondateur, O-Senseï Morihei Ueshiba (1883-1969), l’un des artistes martiaux les plus réputés de son temps, et l’une des dernières grandes figures mythiques du monde du budo.
Pratiquant émérite de nombreuses écoles de combat à mains nues ou armé, il connut également une vie spirituelle intense, et érigea l’aïkido en voie orientée par des valeurs humanistes et pacifistes. Le respect de soi et des autres se trouve ainsi inscrit au fondement même de cet art martial, éclairé par l’aspiration à des relations harmonieuses.

En cela, l’aïkido constitue une recherche de développement physique et mental, visant au dépassement de ses propres faiblesses, sans intention de nuire ou d’écraser l’autre. Si ce travail est personnel, il se fait avec l’aide des autres, dans une recherche à deux, chacun donnant et recevant pour permettre l’apprentissage de soi, de l’autre et de la relation.
L’aïkido permet de façonner son corps, son esprit dans la répétition des mouvements, dans la présence habitant chacun des gestes, que l’on cherche à toujours affûter, préciser… A ce titre, il ne constitue ni un simple sport ni un objet de consommation, dans lequel on viendrait piocher des techniques de défense. Passée la phase de la première découverte, les pratiquants souhaitent en effet s’investir bien plus profondément dans cette étude, la persévérance constituant une qualité essentielle, partie intégrante de la voie que constitue l’aïkido.

“Ce qui m’a séduit en premier lieu dans l’aïkido, c’est cette philosophie de vie, dans laquelle intellectuellement je me retrouve. Pour avoir essayé d’autres sports, je n’ai pas trouvé ailleurs cette ambiance chaleureuse, de bienveillance et de plaisir, et malgré tout de sérieux et de légèreté”, Sylvie, 1 an de pratique.

www.aikidonord.com
www.ffabaikido.fr

Copyright : Déborah Berton - ASJ Soyaux
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Maud Hurault, la tête et les jambes, de footballeuse à préparatrice mentale

3 juin 2016

Dans un récent reportage diffusé sur Canal+ intitulé « Dans l’ombre de Teddy Riner », le gigantesque judoka confiait aux caméras l’une des clés de sa réussite. Dès ses 14 ans, le grand champion qui ne laisse que des miettes à ses concurrents, consulte une psychologue. Si cela n’a rien d’exceptionnel en soit, il n’est pas anodin qu’un sportif perçu par tous comme un judoka de génie fasse un aveu pouvant sonner comme une faiblesse.

C’est exactement le genre de documentaire dont Maud Hurault est friande. « Je crois que je manque rarement un « Intérieur Sport » » par exemple, confie dans un sourire la jeune fille de 23 ans. A l’ASJ Soyaux en D1, la footballeuse ne veut pas devenir psychologue mais préparatrice mentale. Une nuance parfois peu claire pour le grand public. « Nous ne sommes pas des magiciens pouvant transformer chaque joueur qui passe entre nos mains en champion du monde », affirme-t-elle. Et vous pouvez faire confiance à Maud pour choisir avec exactitude les mots qu’elle emploie, se corrigeant souvent pour préciser ses propos.

Entre les jongles et les études

photo Maud

Copyright : Déborah Berton - ASJ Soyaux

Titulaire d’un bac ES, la joueuse évoluant milieu droit sur le gazon, a toujours jonglé entre ses études et le sport de haut niveau. Unique fille d’une fratrie de triplés, l’amour de ses frères pour le football lui donne envie de tâter le ballon rond plutôt que de s’exercer à la gymnastique avec sa grande soeur où sa mère les a inscrite. Evoluant avec les garçons jusqu’à ses 15 ans, puis en Nationale avec Saint-Lô et Rennes en D2, elle est repérée par En Avant Guingamp. Les essais passés dans le mythique club de Bretagne sont concluants, ce qu’elle conjugue avec une licence STAPS. Passionnée par la réflexion autour de la blessure chez la sportive ou le sportif de haut niveau, la native de Granville choisit de réaliser un Diplôme Universitaire comme préparateur mental qu’elle devrait obtenir cet été.

« Dans le football, à part Lyon, le PSG et Montpellier, il n’y a pas de club où toutes les joueuses sont 100% professionnelles. Dans la grande majorité, on a un boulot à côté. Tu es donc obligé de réfléchir très vite à ce que tu veux faire en dehors du sport. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être salariée par l’ASJ Soyaux, ce qui me permet de me consacrer pleinement à mes études et je voulais développer mon projet professionnel. J’aurais pu me prendre une année sabbatique à creuser le trou de mon canapé…Mais j’ai envie de travailler plus tard dans un centre de rééducation et avec ce DU j’ajoute une nouvelle corde à mon arc » sourit la jeune fille touche-à-tout qui profite de chaque moment sans football pour faire du squash, du shopping ou de la guitare.

Un métier en vogue

De nos jours, la professionnalisation du sport pousse à développer toutes les techniques autour de la performance sportive. Ainsi, le préparateur physique est de plus en plus sollicité par les clubs et les entraîneurs. « Un préparateur mental est là pour accompagner et aider le sportif qui peut se sentir seul, même au sein d’un sport collectif. Nous ne sommes pas là pour juger son dernier match mais plutôt pour lui apprendre à se connaître, à maîtriser ses émotions et atteindre les objectifs qu’il s’est définit. L’athlète doit arriver en pleine confiance et possession de ses moyens sur une compétition notamment ».

A travers différents outils, la sportive ou le sportif est accompagné par une personne de confiance, extérieure à son équipe ou son club. Au sein d’un rapport de confiance, ce qui est dit chez le préparateur mental reste secret. « Nous ne sommes pas là pour mettre le sportif en difficulté en allant tout raconter à l’entraîneur. Nous devons convenir ensemble de ce que je peux raconter ou pas au coach. C’est un travail en trio qui ne doit pas avoir de mauvaises conséquences pour le sportif ».

Divers outils pour accompagner la sportive ou le sportif

Fixation d’objectif, imagerie mentale, sophrologie, relaxation : une multitude d’outils sont utilisés, variant en fonction de la personnalité ou du sport pratiqué par le sportif. Habituée aux sacrifices nécessités par le haut niveau, la footballeuse en mesure d’autant mieux l’exigence quotidienne que cela implique. « Je n’ai jamais été blessée heureusement, confie-t-elle tout en touchant du bois. Mais je ne connais pas un seul sportif qui n’a pas été pris de doutes suite à une grosse blessure. C’est presque la fin du monde lorsque l’on passe son temps à travailler avec son corps. C’est un moment très difficile».

Pourtant, Maud Hurault n’est pas devenue le grand chaman de son équipe. « J’en parle peu avec mes co-équipières! » s’amuse-t-elle. Je ne pourrais pas faire de préparation mentale avec elles, on n’a trop de vécu ensemble…Par contre au niveau personnel, si je manque clairement d’objectivité pour pousser le travail envers moi-même, j’ai senti que mes connaissances jouaient tout de même. Je gère mieux mes émotions sur les matches à enjeux ».

Mejdaline Mhiri

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Dans la course contre le mal

27 mai 2016

Passionnée de course à pied, Anaïs, atteinte d’un cancer du sein, s’est accrochée pour continuer à pratiquer son sport, y compris en compétition, durant le traitement de sa maladie.

Du haut de ses 25 ans, Anaïs Quemener, jolie brune au regard pétillant, a déjà un beau passé sportif. Elle avait 9 ans lorsqu’elle a démarré la course à pied. Une évidence pour la gamine dont le père, Jean-Yves, lui-même coureur de fond, était alors entraîneur à Villepinte, avant de devenir directeur technique au Tremblay Athletic Club, auquel elle est toujours licenciée.

Une évidence aussi de s’aligner sur des longues distances. Les choses sérieuses commencent quand elle a 18 ans. « J’ai fait mon premier semi-marathon en 1 h 27. Et trois ans plus tard, en 2013, je me suis lancée sur le marathon à Rotterdam. J’ai terminé en 3 h 11 », précise Anaïs. Des débuts plus que prometteurs, d’ailleurs très vite la sportive explose ses chronos. Semi-marathon de Lille en 1 h 22, championnat de France de marathon à Metz en 2 h 58. « J’ai terminé 4e femme et 3e senior », souligne-t-elle.

Un brillant avenir sportif s’ouvre à cette jeune femme qui consacre une dizaine d’ heures par semaine à sa passion. Et dès qu’elle le peut ou avant d’aller travailler, elle saute sur son vélo.

Mais son horizon s’obscurcit en août dernier. « Un an plus tôt j’avais senti une masse dans la poitrine. Je ne m’étais pas alarmée, d’autant que mon gynéco m’avait rassurée. Je vivais normalement, pourtant quelques mois plus tard, ça avait grossi alors je suis allée consulter. J’ai fait un bilan sanguin complet, tout était normal. Mais pas de mammographie, jugée inutile à 24 ans et sans antécédent familial ». Et cette grosseur sensée partir spontanément, n’a fait que se développer, au point de gêner Anaïs. Elle se tourne alors vers un médecin de l’hôpital où elle est aide-soignante et insiste. Là on lui fait des examens. Résultat : tumeur cancéreuse niveau 3.

« J’ai une bonne hygiène de vie, j’avais du mal d’y croire. Et je ne ressentais ni fatigue ni douleur. Quand j’ai voulu le dire à mes collègues, je n’ai pas pu, ça ne sortait pas… ».

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Courir tous les jours

Une fois la nouvelle répandue, la jeune femme tient sa maladie à distance. « C’était presque moi qui rassurais les autres. Je répétais que ça se soigne bien, que c’est juste un mauvais moment à passer… ». Durant cette difficile période où d’autres se seraient effondrées, Anaïs se défoule sur piste et sur route.

La chimio démarre le 20 août, et se renouvellera toutes les trois semaines jusqu’en février. « Les effets secondaires, ce n’est pas drôle… », pourtant la championne ne lâche rien. « Ce n’était pas envisageable que je m’arrête de courir. J’étais déjà assez frustrée de ne pas travailler. Rester enfermée chez moi sans rien faire, l’horreur ». Alors elle court, tous les jours, avec l’autorisation de son oncologue. « Durant une dizaine de jours après la chimio, j’étais mal, alors je courais seule, accompagnée à vélo par mon père. Même si je faisais parfois du 8 km/h, ce n’était pas gênant ».

Dès qu’elle se sentait mieux, elle rejoignait le groupe au stade. « Je tenais à garder le lien. Et j’ai toujours continué la compétition pour savoir où j’en étais ». Une manière de traiter la maladie par le mépris. Pas facile pour autant. « Au début j’ai eu un pincement au cœur, je ne pouvais plus partir en première ligne. Je mettais 45′ sur 10 km au lieu de 36… ». Mais le plus difficile durant cette période, c’était de trouver un médecin qui accepte de lui délivrer un certificat médical la déclarant apte à la course en compétition.

 

Les bienfaits des réseaux sociaux…

Dans le même temps, la jeune femme passe des heures sur les réseaux sociaux. « Je ne me suis jamais plainte, mais après chaque chimio je postais une photo de moi, histoire de montrer comme c’est dur physiquement. Comment le corps se dégrade d’une séance à l’autre, les cheveux qui tombent, puis les sourcils, les traits tirés… ça m’a fait du bien d’en parler ».

C’est ainsi également qu’ elle découvre Casiopeea, une association de lutte contre le cancer du sein basée à Saint-Cloud, qui regroupe des femmes en traitement ou passées par là, pour organiser des activités sportives en groupe. Le sport pour vaincre. « C’est important de pouvoir échanger sur ce qu’on vit et d’être conseillée » , ajoute Anaïs, qui court régulièrement avec le tee-shirt de l’association.

En février, nouvelle étape dans le traitement avec l’ablation du sein gauche. Anaïs a bien dû ranger ses chaussures de jogging. Mais juste deux semaines, et pour reprendre plus intensément ensuite. « Mon entraîneur est toujours inquiet, même maintenant. Je lui répète : je ne suis plus malade, tu m’entraînes comme tout le monde. C’est important pour moi, le fait d’être avec les autres me fait oublier mon problème ».

 

Championnats de France

Fin avril, elle est carrément allée passer une semaine au Japon, parrainée par la FSGT 93 à laquelle le TAC est affilié, pour participer à un Ekiden, un marathon relais à sept.

Bien sûr la jeune femme reste prudente et sait lever le pied dans certaines circonstances. D’autant que depuis le début du mois, elle a droit à des séances de radiothérapie, cinq jours sur sept, et ce jusqu’à fin juin. A la question « ce n’est pas trop dur ?», elle répond avec un large sourire « ça brûle un peu mais ça ne m’empêche pas de courir. Je commence à récupérer des bonnes sensations ». Et les objectifs qui vont avec. Petite mise en jambe avec le championnat de France de 10 km en juin, et plat de résistance en septembre à Tours pour le championnat de France de marathon. « Je veux m’approcher le plus possible de mes temps d’avant », souligne Anaïs avec détermination. Toujours souriante.

L’ablation d’un sein à l’aube de sa vie de femme, ce ne doit tout de même pas être facile à vivre ? « Un sein ce n’est pas un organe vital. J’ai perdu un sein mais j’ai gagné la vie », rétorque-t-elle.

Pourtant elle n’est pas au bout du chemin dans la résolution de sa maladie. « Après la reconstruction du sein gauche, les médecins ont prévu l’ablation du droit, en prévention, les analyses ayant montré qu’il s’agit d’un cancer génétique. Puis l’ablation des ovaires à 35 ans », indique-t-elle.

Avec son énergie hors du commun, sa volonté de fer, son moral de vainqueure, Anaïs continue d’avancer dans ses objectifs sportifs. Ses priorités, qui font passer le reste au second plan.

Brigitte Rémond

 

 

UnieSCO est de toutes les réceptions autour du club angevin. Comme ce 20 mai en mairie d'Angers pour féliciter l'équipe de son arrivée dans le top 10 de Ligue 1.
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Unies derrière Angers SCO

20 mai 2016

Premier cercle de femmes d’affaires supportant un club de foot masculin de Ligue 1, UnieSCO est né à Angers par la volonté de Sandra Taudon. Un vrai défi sportif !

Il fallait oser se lancer dans une telle aventure. Ce n’était pas évident dans ce milieu du football où la mixité peine à se frayer un chemin. C’est justement ce machisme culturel qui a servi d’aiguillon pour faire avancer le projet audacieux de créer un club affaires féminin.

IMG_5301-3A l’origine, une chef d’entreprise passionnée de foot, Sandra Taudon.

« J’ai été bercée par le sport depuis toujours, ma mère s’intéresse à tous les sports. J’ai fait de la gymnastique, du volley et maintenant de la course à pied ». Le foot figurait en bonne place, « on regardait tous les matchs à la télé, mon frère jouait avec le club local ». Forcément cette jolie blonde aux yeux verts suivait l’actualité de l’Angers SCO (Sporting club de l’ouest). Un club dont elle est devenue une fidèle à partir du moment où elle arrivée dans la cité angevine pour y faire ses études, puis très vite une fervente supportrice. « J’étais abonnée et j’assistais à tous les matchs ».

Quelques années plus tard, elle partage avec son mari la direction de Centrakor et de Super U. En toute logique, elle signe un partenariat SCO-U, puis intègre la commission Sport dans le groupe U. On est en 2009. « Un jour, j’ai rencontré dans les salons du stade un copain du club des 100 cravates, un club de chefs d’entreprise supporteurs du SCO alors en cours de création. Je découvrais, j’ai été séduite et j’ai demandé à en faire partie », raconte Sandra, qui est tombée de haut quand elle a eu la réponse. Impossible, le club n’est pas accessible aux femmes ! « Tout nouveau membre doit répondre à quatre critères : être passionné de foot, être partenaire Angers-SCO, être chef d’entreprise et être un homme. J’en satisfaisais trois. J’étais dégoûtée. Certains étaient assez ouverts et auraient fait une entorse, mais pour la majorité, il n’en était pas question ».

 

Efficacité et modernité

Les hommes cravatés restant repliés sur leur entre-soi, une idée effleure l’esprit de Sandra. « Pourquoi pas un club de femmes d’affaire ? ».Très occupée par son travail et ses trois enfants en bas âge, la jeune femme met son projet entre parenthèse, mais l’idée chemine. Elle s’en ouvre au président du SCO, Saïd Chabane, qui ne la trouve pas saugrenue, loin de là. « Les stades se féminisent de plus en plus, pour moi il est normal que les femmes soient représentées », explique-t-il. C’est d’ailleurs lui qui, l’année passée, présente à la jeune femme Corinne Busson-Benhammou, responsable de la communication à la Cité de l’objet connecté.

A partir de cette rencontre, tout s’accélère. Une trentaine de femmes, chefs d’entreprises, dirigeantes, cadres… toutes passionnées de sport, se réunissent sous la bannière UnieSCO pour promouvoir et encourager le club angevin et « leur » équipe, en Ligue 1 depuis cette saison.

Pas de tenue vestimentaire stricte imposée, juste du noir et du blanc, les couleurs du SCO. Leur signe de ralliement : un collier connecté, qui permettra à quiconque s’en approche de tout savoir sur UnieSCO. Une belle image d’efficacité et de modernité pour cette association, qui s’est donné pour marraine Jessica Houara-d’Hommeaux, internationale de foot féminin, originaire d’Angers.

 

Un formidable engouement

Le « bébé » a été porté sur les fonds baptismaux le 8 mars dernier…à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, en présence d’Astrid Bar, journaliste à Canal +.

Ces messieurs des 100 cravates ont été quelque peu bluffés… Plus encore par le buzz fait par cet événement. Reportages, interviews, félicitations tous azimuts, remerciements…. la présidente n’aurait jamais osé imaginer un tel impact. « C’est d’autant plus étonnant au cœur de ce milieu, où une femme n’est pas sensée être passionnée ni connaître les équipes au même titre qu’un homme… », souligne Sandra.

Aujourd’hui encore, après de multiples parutions presse et apparitions télévisées, il ne se passe quasiment pas un jour sans que des clients viennent la féliciter ou la remercier. Et bon nombre s’étonnent encore : « Mais vous aimez vraiment le foot ? ».

Oui, les femmes d’UnieSCO sont de vraies passionnées ! « On vit le match à fond, on fait plus de bruit que les hommes, et quand on encourage les joueurs par leur nom, c’est bien parce qu’on les connaît en tant que tels! ».

La naissance de ce premier club affaires féminin et l’engouement qu’il suscite ne peuvent que faire évoluer les mentalités dans le monde du foot. D’ailleurs les 100 cravates ont proposé à UnieSCO d’établir des passerelles entre les deux clubs… « Etonnant n’est-ce pas, alors que c’était impossible il y a 7 ans », sourit la présidente.

« En fait on est en pleine évolution, mais le chemin sera long. On n’a encore jamais vu une finale de coupe de France de foot féminin à la télé. Cependant La femme prend de plus en plus de place dans le monde du sport et du foot ».

La création d’UnieSCO ne peut qu’encourager cette avancée. Le président Chabane l’a bien compris et réfléchit déjà à « améliorer l’accueil du public féminin, qui a sa place dans les stades ». La mixité est en marche…

Brigitte Rémond

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Retour sur la course connectée de la Fondation Alice Milliat

14 mai 2016

Il y a tout pile une semaine, sous un soleil brillant aux milles éclats, près de 800 participant-e-s en Europe chaussaient leurs baskets, tout en étant connectées à leur application de sport favorite sur smartphone, sur le chemin de l’engagement et de la solidarité. Les sportives et les sportifs courraient ou marchaient avec l’Europe pour plus de sport conjugué au féminin, par l’intermédiaire de la Fondation Alice Milliat.

Quel est le bilan ? Eric Florand, directeur du développement de la Fondation, se veut plutôt positif : « Nous pouvons dire que le bilan est bon du point de vue médiatisation à la fois de la course et de la promotion du sport féminin. La communication a été réalisée à 360 degrés aussi bien au niveau digital (avec facebook, instagram, twitter), que dans les médias (presse, radio avec RMC, BFM, TV5, LCP et Bein sport). Sur le terrain aussi avec un partenariat avec Femmes en Sport de la Ville de Paris, nous étions présents le 7 mai sur les dix sites de cet événement. En France, la médiatisation a été au delà de nos objectifs. Et 95% des participant-e-s étaient Françai-s-es. » Mais n’oublions pas que cette course était la première course connectée européenne. Près de 800 participant-e-s au total dans toute l’Europe. « De ce point de vue le bilan est globalement en deçà de nos espérances, avec 767 participant-e-s exactement. Mais c’est une première et il faut installer ce Challenge Alice Milliat dans le calendrier, ce qui n’est pas chose facile…» précise Eric Florand.

La prise de conscience fait son chemin en France et au-delà de ses frontières. La Fondation Alice Milliat, en tout cas n’en restera pas là. « Pour progresser, nous avons prévu des réunions régulières avec tous nous partenaires pour avancer sur des points d’améliorations. Tant au niveau français qu’européen » ajoute Eric Florand. Cette course rappelons-le, était la toute première course connectée européenne de l’histoire, samedi 7 mai 2016. La fondation proposait à toutes les femmes, mais aussi aux hommes, de soutenir le développement de la pratique sportive féminine en relevant ce challenge, en se dépassant au travers d’un événement ludique, fédérateur et donner ainsi une nouvelle signification au don. Le principe était simple : courir seule ou entre copines, la distance de son choix, à l’heure de son choix, en se connectant sur son application de running via son smartphone ou sa montre connectée.

Force est de constater que du chemin reste à parcourir. Et bien que le développement de la pratique féminine et la médiatisation du sport au féminin progressent d’année en année, la route est encore longue. Alors persévérons et continuons à dire “oui au sport féminin, c’est dire oui au sport santé, au sport social, au sport intégration” conclut Christine Kelly.

http://www.alicemilliatchallenge.com

AB

mercredi 4 novembre 2015
La ville crée la première école municipale de football féminin. Stade Raymond Espagnac.                                  Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2015
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Grenoble, terre de football au feminin ?

13 mai 2016

Dimanche 15 mai, Grenoble accueillera la finale de la Coupe de France féminine de football qui opposera Lyon et Montpellier. Un rendez vous attendu sur les terres grenobloises, notamment ces jeunes filles de la nouvelle école municipale de football féminin. Grenoble se voudrait-elle terre du football au féminin ?

Mercredi 14 octobre 2015 École féminine de football qui a ouvert cette année, entraînement tous les mercredis après-midi. Lieu : stade Espagnac de Grenoble. © Alain FISCHER 2015, Ville de Grenoble.

© Thierry Chenu, Ville de Grenoble.

Depuis la rentrée de septembre 2015, des jeunes filles de 6 à 15 ans passent leur mercredi après-midi crampons au pied à l’école municipale de football féminin à Grenoble. Une école municipale parce que la ville, dès le changement d’équipe en 2014, a affiché sa volonté de promouvoir le football au féminin. À l’origine le GMC2F, le club de l’agglomération grenobloise avec 2 F pour Football au Féminin, souhaitait élargir son offre de cours pour les jeunes filles. Mais plutôt que d’utiliser les équipements sportifs de la ville, le maire, Eric Piolle et son équipe, décident en accord avec le club d’ouvrir cette première école municipale. « Le club souhaite contribuer à la promotion du football féminin, donc on a tout de suite adhéré à cette vision politique et on a mis en place une sorte de partenariat entre le club et la ville » explique le président du GMC2F, Thierry Semanaz. La ville fournit les équipements, le club propose ses éducatrices.

Elles sont une vingtaine de joueuses assidues, une soixantaine d’inscrites, elles jouent évidemment, apprennent les gestes techniques, font des exercices physiques, des relais avec des parcours etc… Depuis le début de l’année « elles progressent toutes, chacune à leur rythme, tout dépend de leur présence mais vraiment la progression du groupe est très satisfaisante pour la suite » explique Gladys Boilard l’éducatrice. Éducatrice, parce que entraineuse elle n’aime pas vraiment ce terme. Depuis le mois de septembre Gladys, 24 ans, joueuse de haut niveau, entraîne les filles. « Malheureusement dans le football au féminin on est obligé de travailler pour avoir à manger dans l’assiette » donc la joueuse du GMC2F joue, s’entraine quotidiennement et en parallèle est éducatrice sportive pour la mairie de Grenoble, entre autre.

Entrainer des jeunes filles et leur proposer une séance de football gratuite, cela fait partie du projet de la ville. D’après Thierry Semanaz président du GMC2F « c’est un message politique de promotion du foot féminin, la ville a également mis en place des ramassages dans six secteurs de la ville pour que les filles puissent venir au stade. Et derrière cette école on facilite l’accès au sport pour les jeunes filles, on promeut l’égalité évidemment, on éduque aux valeurs citoyennes, ce n’est pas que de l’encadrement technique c’est aussi de l’accueil des jeunes ».

Que des filles ? Pour que ça marche, oui. Les jeunes filles sont encadrées par des jeunes femmes. Gladys travaille aux côtés de Mathilde (23 ans, en Staps) mais aussi avec, à tour de rôle, quatre jeunes en sport étude au lycée Argouges, tout proche du stade de Teissere. « Il n’y a que des filles et l’encadrement est exclusivement féminin, c’est plus simple comme ça, les filles viennent plus facilement vers nous, pour la communication tout est plus facile pour elles » précise Gladys. Seul le responsable de l’école est un homme « mais peut être que ça changera plus tard » suppose l’éducatrice.

Le 100% féminin, c’est ce qui semble d’ailleurs faire fonctionner le projet, « moi je me suis inscrite parce que j’avais pas envie de m’entraîner avec des garçons. J’aime le ballon, le foot et j’avais envie de faire un sport, donc quand j’ai su pour la création de l’école je me suis inscrite direct » explique Jade. À 12 ans, elle pense que les garçons « ne respectent pas trop les filles qui font du foot, ils pensent qu’on est nulles et ils se moquent de nous, ils pensent que le foot c’est simplement un sport de garçons ». Parce que ce sont des adolescents ? La question se pose…

En tout cas, Jade selon son éducatrice est « l’exemple qui prouve que le projet de l’école municipale fonctionne, elle est super motivée, ça lui a donné envie de faire d’autres choses dans ce sport, de s’investir et elle a un état d’esprit irréprochable ». De son côté Jade répond modestement qu’elle « s’en sort bien, ça va ».

Domitille Piron pour Les Sportives

Coline AUMARD
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le squash au feminin, on en parle ?

6 mai 2016

Aujourd’hui à Varsovie vont se jouer les demi-finales des championnats d’Europe de Squash ; les hommes seront opposés aux Allemands et les femmes aux Galloises, avec les faveurs des pronostics dans les deux cas. La France fait quand même partie du TOP5 européen, voire mondial ! Profitons en pour vous faire découvrir cette activité que l’on ne connaît que par sa pratique en loisir, que cela soit à la pause déjeuné, par l’initiative d’un défi entre amis, ou par sa position dans le TOP 5 des sports qui font perdre le plus de calories ! Sport loisir, sport santé, sport mincissant ou encore sport bien être, mais pas que ! Les noms de Camille Serme ou Coline Aumard vous sont-ils familiers ? Ils le devraient !

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Conférence de presse 02/05 - FFSQUASH

Le squash est un sport de raquette qui se joue sur un terrain de jeu entièrement entouré de murs ou éventuellement de paroi(s) entièrement vitrée(s), (oui oui on a bien dit vitrées, comme dans un aquarium) ce qui permet la présence de spectateurs lors des tournois internationaux. En effet le court vitré de squash constitue un formidable outil de découverte et de promotion de la discipline en permettant une vision totale et à 360° de l’extérieur du court. Il peut se positionner dans des lieux exceptionnels (devant les pyramides de Gizeh, au sein de la gare centrale de New-York, face à la baie de Hong-Kong,…) et donne une dimension rare et exceptionnelle aux évènements squash. C’est la volonté de la Fédération Française de Squash, de donner la possibilité à tous de découvrir cette discipline et d’en permettre la pratique au plus grand nombre. Rappelons que le squash est accessible dès l’âge de 3 ans. Comme le souligne Jacques Fontaine, président de la Fédération Française de Squash : « nous avons une vraie volonté de promouvoir la pratique à tous les niveaux. Notre objectif est de montrer que le squash offre aussi un vrai spectacle sportif. Pour les pratiquants comme pour les spectateurs, c’est une discipline encore trop peu méconnue et pourtant étonnante. Et cela notamment grâce aux performances de nos sportives ! Le squash au féminin représente une part de plus en plus importante dans notre fédération. » Volonté bienvenue et notable de la fédération, dans le cadre de sa politique de développement, en vue des tarifs de certaines structures non affiliées à la fédération pour dispenser ne serait-ce qu’1h de squash et de certaines affiches promotionnelles réalisées par ces dernières plaçant la femme et ses fesses comme vitrine !

250 000 pratiquants en France, 30 000 licenciés, dont 1/3 de femmes, et oui ce n’est pas rien ! Parmi elles, Camille Serme et Coline Aumard, meilleures joueuses françaises et parmi les 30 meilleures au niveau mondial (4è place pour Camille et 28è pour Coline). Amies d’enfance, amies dans la vie, tantôt rivales, tantôt coéquipières sur le terrain, ces jeunes femmes aux maillots tricolores, placent la France comme bête noire du squash mondial derrière l’Egypte. Le prochain grand rendez-vous mondial aura d’ailleurs lieu en France : le championnat du Monde par Équipes Féminin se déroulera à Paris et Issy-les-Moulineaux du 27 novembre au 03 décembre 2016. Les rencontres se dérouleront simultanément sur les courts vitrés qui seront installés au Palais des Sports Robert Charpentier à Issy-les-Moulineaux, au Jeu de Paume de Paris et au Squash Saint Cloud. Près de 25 équipes sont déjà attendues pour cet événement !

Pour en savoir plus sur les championnats d’Europe en cours c’est par ici : http://www.ffsquash.com/2016/04/08/selectionfrancaise-etc2016/

AB.