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Paroles aux sportives

Leila Fennane
Paroles aux sportives

Sarah Ourahmoune « J’ai besoin de vous dire aurevoir sur le ring »

30 septembre 2016

A vous tous qui m’avez portée et soutenue pendant cette merveilleuse aventure olympique, il fallait que je vous dise au revoir ici, à Paris et donc que… je remonte une dernière fois sur le ring!

C’est pour cela que j’ai accepté avec un plaisir immense l’invitation de Malamine Koné à venir fêter mon jubilé à l’occasion de The Main Event.

Quand on boxe à haut niveau et qu’on rêve de médailles et de podiums, on n’ose pas penser à son jubilé. C’est comme si en commençant un nouveau job on pensait déjà à son pot de retraite.

J’ai vécu des émotions intenses dans ma longue carrière. Des larmes, de la joie, des échecs et des médailles. J’ai encore du mal à croire que ma vie de boxeuse s’arrête là.

Je suis heureuse. Heureuse d’être allée au bout de moi-même. Heureuse d’avoir réalisé mon rêve d’enfant… Mais en même temps…tellement effrayée. Effrayé par cette nouvelle vie qui m’attend. Par le vide que la compétition va laisser. Par cette petite mort qui m’enlève une partie de mon identité. Je ne suis plus boxeuse! Heureusement, je reste une mère, une femme, une entrepreneure et une citoyenne engagée!

J’ai besoin de dire au revoir à ceux qui m’ont soutenu, à ceux qui ont cru en moi. J’ai besoin de vivre ces derniers instants sur le rings avec ceux qui m’ont découverte cet été devant leur écran. Ceux qui ont crié, qui ont partagé ma joie et ont pleuré devant leur TV comme moi je l’ai fait.

Je vous donne donc rendez-vous le 10 Novembre 2016 à la Halle Carpentier à Paris.

Un grand merci à tous ceux qui ont contribué d’une manière ou du autre à ce que j’aille au bout de mon rêve. Merci à tous pour votre soutien.

Sarah

Son site internet

Sarah Ourahmoune, médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Rio 2016

Sarah Ourahmoune prête à écrire la dernière page de sa carrière de boxeuse

Les Dégommeuses
Paroles aux sportives

« Montez des équipes, demandez des créneaux, n’arrêtez surtout pas de vous emparer des équipements sportifs » : Les Dégommeuses

28 septembre 2016

« A notre grand regret, nous sommes dans l’obligation de clore les inscriptions pour la saison 2016-2017.
Les Dégommeuses défendent une approche inclusive du foot, sans sélection par le niveau sportif ou l’assiduité. Nous avons dans notre équipe des personnes qui débutent et d’autres qui ont 15 ans de club dans les jambes, des qui sont là tous les lundis et mercredis (qu’il pleuve ou qu’il vente) et des qui ne s’entraînent qu’à partir du mois de mai. Cela va continuer à être le cas, mais malheureusement nous ne pouvons plus accepter d’adhésion en milieu de saison.
Nous sommes entre 35 et 40 chaque lundi sur un demi terrain. Nous ne cessons pas de plaider mais n’avons pas encore obtenu un terrain entier.

A celles et ceux qui nous ont sollicitées tout dernièrement pour rejoindre l’équipe, quelques mots d’encouragement : montez des équipes, demandez des créneaux, n’arrêtez surtout pas de vous emparer des équipements sportifs et de l’espace de plaisir et d’affirmation qu’ils représentent! Si vous avez besoin de conseils n’hésitez pas à vous rapprocher de nous.
See you next year pour le foot et tout au long de l’année pour nos actions militantes ! »

Facebook Les Dégommeuses

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Paroles aux sportives

Anaïs « le retardateur ne fait que 10sec dans la vie d’une instagrameuse fitness »

20 septembre 2016

« Le fitness, c’est le sport que je pratique depuis 1 an ! Qu’est ce que cela inclus ? Une alimentation très maitrisée et une discipline de fer, mais surtout beaucoup, beaucoup de plaisir ! Souvent mon entourage ne comprend pas très bien pourquoi je mange de façon aussi stricte, ou pourquoi je fais ces entrainements ! Et bien je profite de cette lettre pour lever le voile sur cette étrange façon de vivre ! La fitness est une philosophie de vie basée sur la motivation intrinsèque et la détermination. Ce n’est donc pas uniquement à la salle que j’applique les crédos mais également dans ma vie en générale ! Quand j’ai compris tout cela, j’ai eu envie de partager ma passion et faire connaître ce sport. J’ai alors commencé la folle aventure Instagram ! Autant vous dire qu’en débarquant sur ce réseau, j’ai eu l’impression d’être toute petite, et que mon histoire n’allait intéresser personne ! En réfléchissant bien, j’ai décidé de construire mon compte en faisant des postures qui montrent : la force, la souplesse, la détermination, parfois la fatigue. J’avais envie que les personnes, passant par mon profil instagram, ressentent ce que je voulais faire passer comme message, sans forcément lire les descriptions. Je me suis également servi de mes 10 années de danse classique, pour m’inspirer et mettre en scène.

anais-02-copieLe concept trouvé, il ne me restait plus qu’à mettre en œuvre le tout ! Par chance, mon club, dispose d’un gymnase qui crée une ambiance « usine désaffectée en plein Brooklyn » (le contexte fait tout ! Bien que, je suis tombée malade plus d’une fois… C’est joli, mais ce n’est pas chauffé !), et m’évitais de faire des selfie devant tout le monde ! Toujours un peu pudique, tout s’est joué avec mon téléphone, ma gourde en guise de support et le retardateur de 10 secondes (et c’est très short 10 secondes) ! Parfois même, ma gourde, une basket dessus et le téléphone dans ma basket (il faut faire preuve d’innovation !). J’ai d’ailleurs régulièrement pensé à ouvrir un compte : « les coulisses de mon Instagram », parce qu’honnêtement il y aurait de quoi rire ! C’est un métier d’être instagrameuse amateur !


Donc après 600 prises, on obtient LA photo, qu’on poste avec fierté ! On prend soin de choisir le filtre adapté, les hashtags et on attend les likes … Roulement de tambours, est ce que la photo va avoir l’effet escompté ? Après 9 mois, 75 publications, 519 followers, 3 rhumes, 2 bronchites, 1 lumbago, je dirais que oui, parce que j’ai eu la chance de devenir ambassadrice pour une marque de vêtements de sport ! Et de créer une communauté avec la dizaine de français qui représentent également la marque. Cette aventure m’a donné envie de me lancer dans différents projets et de donner envie aux autres de se lancer dans ce sport ! »

Instagram d’Anaïs

Copyright : Sylvain Granjon
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Pauline Ferrand-Prevot « Abandonner c’est perdre « 

25 août 2016

Voici ce que je me suis répétée en boucle depuis pas mal de mois. Les JO étaient le rêve d’une vie, mais aussi ma plus grande angoisse depuis que j’ai commencé mon hiver avec cette fracture de fatigue au niveau du genou. Tout s’est très vite enchaîné : reprise de l’entraînement trop vite et trop forte, sans écouter les conseils de mon entraîneur qui me disait de reprendre en douceur. J’ai fais le choix de descendre habiter dans le sud afin de pouvoir rouler dans de meilleures conditions et de rattraper mon retard. De forts problèmes d’allergies se sont fait ressentir au bout de quelques semaines sur place. Puis au bout de quelques semaines d’entraînement je sentais que je n’étais pas moi-même, que le coup de pédale n’était pas le mien. Malgré cela j’ai toujours été sérieuse et studieuse à l’entraînement. Je n’avais jamais fait attention à autant de détails. Mes problèmes d’allergies ne passant pas, abandonnant les premières courses de la saison j’ai été 3 semaines sous anti-biotiques. Pas de changement à la fin du traitement. On décide de me mettre sous corticoïdes. Comme la loi contre la lutte contre le dopage le stipule, interdit de prendre part à une compétition pendant 10 jours. 10 jours pendant lesquelles je vais m’entraîner encore plus fort pour perdre encore le moins de temps possible. La fatigue du début de saison, où même si j’ai très peu couru se fait ressentir. Mes douleurs de sciatique ré-apparaissent. Plus du tout de force dans la jambe gauche. Impossible de dépasser les 200 watts et c’est de pire en pire. Chaque entraînement est un calvaire. Je ne peux pas respecter les consignes, les zones d’intensités. Je roule mais à l’allure d’une cyclo touriste. Ma première infiltration lombaire est un échec. Rebellotte, 10 jours sans compétition. 3 jours de repos total. Une semaine après, sans aucunes améliorations, nouvelle infiltration au même endroit que la précédente. Pas de changement!
Tous les jours en me réveillant je me dis que c’est un jour de moins vers la plus grosse échéance de ma carrière. Être championne du monde dans les 3 disciplines en 1 an à peut être été la pire chose qui me soit arrivé. Même blessée je travaillais tous les jours plus dur sans baisser les bras. J’abandonnais course après course, en me disant que le sort finirait bien par s’arrêter.
Puis je suis passée par toutes les phases… J’ai pris des décisions qui ont beaucoup fait parlé de moi. Je m’aperçois que les gens sont méchants gratuitement. Qu’ils jugent ta vie sans rien savoir ! J’encaisse…
Début juillet on trouve un traitement qui fonctionne pour mes problèmes de sciatiques au CHU de besancon. Je vois enfin le bout du tunnel. Je peux désormais m’entraîner comme je le souhaite. J’ai accumulé énormément de retard. Ma sélection pour les JO sur les 2 disciplines est beaucoup critiquée, alors que j’étais la seule française à avoir répondu aux critères de sélection. La course contre la montre est lancée. Je deviens championne de France VTT, je vois une lueur d’espoir.
Chaque semaine je vois que je progresse un peu plus. Je me dis que le timing va été très short, mais que ca peut le faire.
Finalement on ne rattrape jamais vraiment tout son retard, même en étant très sérieuse. Mon corps est meurtri, j’ai du poids en trop alors que je mets tout en place pour réussir à perdre mes kgs.
Ces JO ont été le résultat d’une année de galère.
« Abandonner c’est perdre », finalement cette phrase conclut bien ce samedi 20 août 2016. Je voulais finir cette course dont j’ai tant rêvé, mais mon corps ne pouvait plus. C’était vraiment impossible pour moi. On abandonne pas les jeux, je le sais, mais là le mal est plus profond. Bien plus profond…
Je suis extrêmement déçue, il n’y a pas de mots pour exprimer cela. Je quitte la course en pleure, et je rentre direct au stand. Je ne pense pas à passer en zone mixte pour expliquer mon abandon aux journalistes, c’est vraiment la dernière chose à laquelle tu penses dans ces moments là.
C’est dur à encaisser depuis samedi. Tout le monde permet de donner son avis, ou de juger. Mais je tenais à m’expliquer.

Je termine ma saison sur un abandon. Je ne sais pas quand je remonterai sur un vélo.
Le vélo était ce que j’aimai le plus faire, mais c’est devenu mon plus grand cauchemar.

Pauline Ferrand-Prevot

sa page facebook

photo : Sylvain Granjon

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Aurélie Muller « J’ai gagné plus qu’une médaille olympique »

22 août 2016

« Cher tous,

Voilà c’est fini… La flamme s’est éteinte cette nuit.

Pour moi, il y a longtemps que ces Jeux sont finis.
Je ne pouvais plus profiter des derniers jours de fête.

Je me suis battue jusqu’au bout pour tenter de retrouver mon honneur bafoué car, plus grave que la disqualification sportive et la perte de la médaille, il est difficile d’admettre que je sois considérée comme une tricheuse ou une personne manquant de fair-play durant ces Jeux Olympiques.
La décision du Tribunal Arbitral du Sport reconnait qu’il y a des troubles sur la prise de décision de cette disqualification. Elle admet que ma situation méritait bien un examen par les juges olympiques. Toutefois, les juges ne se sont pas autorisés à revenir sur la décision arbitrale, ils ont refusé de se substituer aux arbitres. On peut le comprendre. C’est comme cela.
L’injustice fait parfois aussi partie du sport. De la vie.

Il y a de toute façon tant d’injustices dans le monde…
Des injustices plus graves, plus violentes. Des injustices sociales, économiques, liées aux origines ethniques, religieuses, aux sexes, à l’accès à l’éducation, à la violence terroriste,…

Ces Jeux m’ont par exemple offert de me « balader » dans les favelas, vêtue de ma couteuse panoplie « France » avec le joli crocodile tricolore. Je portais sur moi plus d’argent qu’en avaient les gens que je croisais pour un trimestre. Cela aide à relativiser…

Je suis désormais rentrée chez moi, dans ma famille.
Les journées passent doucement et je n’ai pour l’heure envie de rien. Mon corps se relâche. La fatigue s’impose.

Je pense à tous ceux qui m’ont aidé, soutenu, accompagné. Ils sont nombreux. Je les remercie chaleureusement. Il y a vous tous, avec vos petits mots. Ceux de jeunes enfants que je ne connais pas si doux et attendrissants, ceux de « personnalités » comme le Président de la République ou Martin Fourcade. Autant de témoignages sincères et réconfortants. Merci !

Il y a eu aussi ceux qui m’ont ignoré et/ou font savoir qu’ils aimeraient me rencontrer, me réconforter et qui sont passés près de moi sans me voir, ou ne trouvant pas à s’adresser à moi, même pas via les réseaux sociaux. Amusant…

Et puis il y a ceux que je peux, dois, nommer et remercier : Stéphane(s), Philippe, Marco, Paul, le Doc, Patrick, Femke, Emilie, Jacques, Tamara, Marie-Céline, Denis, Benjamin.
Il y a Louis évidemment, qui ne m’a jamais lâché et avec qui nous avons tout affronté, ensemble.

Je n’ai pas gagné de médaille olympique. C’est désormais acté, définitivement.
Mais je veux croire que j’ai gagné plus qu’une médaille olympique.
J’ai appris beaucoup sur le système sportif, sur moi-même, sur les autres. J’ai découvert autre chose.
J’ai initié un périple qui n’était pas celui que je souhaitais ; beaucoup plus douloureux que je ne l’aurai voulu, terriblement difficile.
Ce voyage n’est pas terminé. Des étapes sont passées. Il me reste encore beaucoup à parcourir.
Mais je ne suis pas l’arrêt. Je me redresse. Et j’avance.
Pour moi. Pour vous. Avec vous. Pour nous.

J’ai gagné plus qu’une médaille olympique ! »

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
(…)
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils. » R. Kipling

Aurélie Muller

Page Facebook d’Aurelie Muller