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Tesse van Zandwijk, ingénieur et adepte de l’aviron

15 avril 2019

L’aviron est un sport très exigeant, aux règles méconnues, que l’on aperçoit vaguement tous les quatre ans aux Jeux Olympiques. La discipline nécessite de bons bras, l’envie de se dépasser pour son équipe et le sens de la coordination. Dans l’Hexagone, elle compte environ 100 000 pratiquant(e)s pour 45 000 licencié(e)s.

Etudiante à ESCP Europe en Master in Management Grande Ecole (MIM) et rameuse convaincue, Tesse van Zandwijk décrit avec passion « son » sport. « Généralement, dans les compétitions d’écoles, nous sommes huit filles sur le bateau avec une rame chacune. C’est déjà assez prestigieux de monter une équipe féminine. Les écoles d’ingénieurs y parviennent rarement.» Peu répandue, la discipline est accessible dans le cadre de l’école, qui adopte une politique d’encouragement de la pratique du sport en limitant les frais et en libérant des créneaux dédiés. « C’est un sport très cher. Déjà parce qu’un bateau en carbone de huit places coûte plus de 40 000 euros avec des remorques impressionnantes pour le tracter. La licence en club est élevée. Mais à l’école, on ne nous demande qu’un supplément de 80 euros pour rejoindre l’Association Sportive. Cela devient abordable. »

La cohésion d’un club

Dans sa pratique, l’aviron requiert une véritable cohésion de groupe et un total don de soi, des valeurs en lien avec son choix d’orientation et appréciées par Tesse van Zandwijk. « Si chaque équipe rame séparément, toutes les compétitions se disputent ensemble, sur un même lieu et en même temps, à cinquante ! Une équipe d’aviron, c’est tout un club. » Les compétitions n’ont lieu qu’au printemps mais les sportives s’exercent toute l’année pour performer. Un premier entraînement, axé sur la musculation, est en salle, tandis qu’une deuxième séance se déroule directement sur l’eau pour manier la rame.

« L’année dernière, j’ai rejoint mon groupe au dernier moment. Du coup, on s’est découverte sur un championnat inter-académique où l’on n’a pas vraiment brillé. En aviron, l’esprit d’équipe doit quasiment être fusionnel. » Mais les jeunes femmes apprennent à se connaître et à se dépasser ensemble. « Nous sommes parties au stage annuel en Bretagne en avril dernier. Le programme était chargé avec deux entraînements par jour. On avait de grands dortoirs et une grosse rivalité sur qui mettrait la musique la plus forte entre les filles et les garçons (rires). Le lendemain matin nous étions levés à sept heures pour courir… C’est pour cette ambiance que je continue l’aviron année après année. Pendant ce stage, il fait froid, on souffre et on a peu de satisfaction de résultat. Mais une fois qu’on y arrive ensemble, c’est tellement beau ! »

L’état d’esprit au-delà des résultats 

Progressivement, Tesse van Zandwijk découvre ses partenaires. « Avec Julie et Amandine, nous avons le même âge, 21 ans, et nous sommes toutes dans le même master. Julie est active au BDE de l’école. Elle est plutôt fêtarde, on peut facilement rigoler avec elle. Amandine s’implique dans une association qui s’appelle Shuffle et aide les étrangers de l’école à s’intégrer ». Les liens sont créés même si les résultats ne sont pas immédiats. « Nos entraînements étaient bons mais on ne l’a pas traduit en compétition. On se mettait trop de pression. La dernière compétition de l’année se déroulait dans le bassin de château de Versailles. On est arrivé troisième, quasiment ex-aequo avec les deuxièmes. Nous nous sommes senties tellement ensemble, c’était génial ! ».


Focus aujourd’hui sur une discipline pas vraiment comme les autres : l’aviron. Tesse van Zandwijk, étudiante à ESCP Europe, nous fait découvrir sa passion des rames et de l’esprit d’équipe.

A travers la web série « Les Sportives », la CCI Paris-Ile-de-France vous plonge au coeur des 18 écoles parisiennes de son réseau, en partenariat avec le magazine. Découvrez les portraits d’étudiantes passionnées de sport qui mènent plusieurs combats de front sur www.chacunsavoie.com

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