P'tites Sportives

« Sasha débordée ? Non, pourquoi ? »

8 mai 2018
Sasha a 10 ans, elle est en CM et va à l’école près de Grenoble. Comme beaucoup de filles de son âge, elle fait beaucoup d’activités culturelles après l’école, le week-end et pendant les vacances. La liste est même impressionnante : de la gymnastique en club deux fois par semaine, avec plusieurs fois dans l’année des compétitions le dimanche ; deux fois par semaine aussi, de la musique : du violon, plus les heures d’entraînement à la maison. A cela, il faut ajouter les activités périscolaires.

 

Cette année, Sasha a découvert le djembé et le rugby. S’y adjoignent les séances d’EPS à l’école, ce qui fait environ huit heures de sport par semaine. Pas de stress pour autant durant les compétitions, auxquelles elle aime participer et qu’elle vit plutôt comme un moment convivial avec son équipe, et comme une expérience supplémentaire pour progresser.

Sasha n’avait jamais compté son temps dédié à toutes ses activités… En tous cas, elle n’a pas l’impression d’en faire trop ! Cela lui arrive-t-il de ne rien faire ? « Oui bien sûr ! dans ce cas, je lis ! » Regarde-t-elle la télé ? « Non, je n’ai pas le temps ! »

N’oublions pas le week-end dans cet emploi du temps très occupé. C’est le moment du sport en famille, où les parents et les trois soeurs sortent ensemble faire une randonnée, une promenade à vélo, ou encore vont à la piscine ou passer un week-end sur les pistes de ski où Sasha vient de découvrir le snowboard. Le ski reste d’ailleurs l’activité principale pendant les vacances d’hiver, l’été étant consacré à la rando (à 8 ans, elle a grimpé le Piton des neiges et passé trois jours dans le cirque de Mafate à La Réunion) ou aux excursions d’une semaine à vélo…

UNE ENFANT ATYPIQUE ?

Sasha fait partie de ces enfants qui ont de multiples activités, caractéristique des milieux sociaux favorisés. En effet, dans ces milieux où les parents disposent de diplômes d’études supérieures, 92% des garçons font des pratiques sportives pour 74% de filles(1).Ce n’est pas le cas des milieux où les parents n’ont aucun diplôme où là, 64% des garçons font du sport et seulement 44% des filles. On constate que la problématique des inégalités socio-économiques et culturelles croise celle des différences et des discriminations de genre.

On peut constater que Sasha pratique des activités diversifiées, ce qui n’est pas toujours le cas des filles. Statistiquement, les disciplines sportives investies par les garçons et les filles sont très différentes(2) : les sports collectifs restent encore l’apanage des garçons tandis que la gymnastique est toujours beaucoup plus pratiquée par des filles. Au final, les filles « s’autorisent » moins de sports différents que les garçons.

Au dire de son entourage familial, Sasha se débrouille très bien dans ses multiples activités sportives et artistiques… Ses parents, qui vivent comme elle à l’heure du numérique, espèrent qu’elle ne désertera pas le monde du sport à l’adolescence, comme beaucoup de filles. (En 2002, sur les 68 % de filles qui faisaient du sport à l’âge de 12 ans, il n’en restait plus que 52 % à 17 ans, alors que le taux reste stable chez les garçons)(3).

En attendant, la gamine vit « sportivement ». Et si la semaine et les journées étaient plus longues, en profiterait-elle pour se reposer ? Que nenni ! Elle aimerait faire du foot … pour s’intégrer plus facilement dans la cour de récréation !

Par CLAIRE PONTAIS

(1) : Source MJS 2002 in Janvier 2014 Commissariat général à la stratégie
et à la perspective, jeunes de 12 à 17 ans.
(2) : Lutter contre les stéréotypes filles/garçons Cécile Naves/ Sylvie
Octobre, page 13.
(3) : Il n’existe pas de statistiques plus récentes sur ce sujet, dommage !

Article extrait du magazine numéro 8 Les Sportives

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