Double-Je(u)

Nadia Aidli, présidente de la Fédération de Double Dutch France

29 août 2017
Pendant 10 jours, nous vous invitons à découvrir le portrait de ces 10 femmes, oubliées des médias et parfois du mouvement sportif lui même. Et pourtant, elles sont bien à la tête de fédérations sportives.
 

PORTRAIT 5 : Nadia Aidli présidente de la Fédération de Double Dutch France 

« Il ne s’agit pas de prendre la tête d’une instance et d’y apporter une nouvelle forme de gouvernance, de projets, il faut tout construire! »

 

Nadia Aidli est présidente de la Fédération de Double Dutch France, agréée par le Ministère des Sports depuis fin 2011. Responsable des politiques Jeunesse pour un département francilien, son parcours personnel, associatif et professionnel dans l’éducation Populaire est en cohérence avec toutes ses actions et valeurs qu’elle porte au sein de sa fédération.

 

Être présidente de fédération qu’est-ce que cela signifie pour vous ? quels sont les enjeux ?

Être Présidente d’une fédération comme la notre est atypique. En effet, il ne s’agit pas de prendre la tête d’une instance et d’y apporter une nouvelle forme de gouvernance, de projets… Mais il faut tout construire! C’est un réel challenge, avec beaucoup de contraintes et des moyens très limités, ce qui explique qu’il n’y a pas forcement beaucoup de candidats pour endosser ce rôle! Nous en sommes à un stade ou après avoir obtenu l’agrément de fédération sportive à l’occasion d’un championnat international organisé à Paris, il nous faut structurer l’organisation du territoire, la formation des cadres, essaimer des projets innovants pour trouver les voies de notre développement, contractualiser avec les divers acteurs du sport, notamment scolaire, formaliser un plan de formation fédérales et qualifiantes… Sans compter l’organisation des rassemblements sportifs, l’organisation du haut niveau,  la représentation à l’international ; tout cela est plutôt classique pour une fédération, mais quand on part de peu et qu’on arrive dans une période ou les soutiens au sport se raréfient cela est beaucoup.

Donc pour en revenir à la question, être présidente c’est réussir à mobiliser toutes les forces vives pour pouvoir donner à nos disciplines une place importante et structurer le modèle qui permettra de fonctionner de manière pérenne et sereine dans les années à venir. C’est s’autoriser d’inventer l’organisation du sport de demain tout en ayant l’énergie de faire vivre le quotidien. C’est un engagement très important qui nécessite d’avoir une équipe soudée et partageant la même vision et la même passion.

 

Le fait d’être une femme dirigeante est-ce un frein et ou une opportunité au sein de votre fédération? Avez vous une « anecdote » positive et une négative ? 

Je ne sais pas si c’est une opportunité, je le vis plutôt comme une réalité qui s’impose, mais cela se passe naturellement! Notre fédération étant récente, les questions de genre ne se sont pas forcément posées de la même manière. La pratique étant mixte, les équipes peuvent se constituer avec toutes les combinaisons de genres, et elles se retrouvent sur le terrain compétitif avec des résultats qui récompensent la performance qui peut être entièrement féminine, masculine ou mixte. Nos dirigeant(e)s étant souvent issus des clubs ou de la communauté éducative et plutôt jeunes, les questions de mixité n’ont pas l’héritage pesant existant dans bien d’autres fédérations et autres instances! Nous sommes à parité totale dans toutes nos instances dirigeantes.

Pas d’anecdotes particulière mais quand même un drôle de sentiment de n’être pas dans la « vraie vie » lors d’une réunion il y a quelques années avec l’ensemble des président(e)s de fédérations sportives.

 

 

C’est désormais aux femmes de prendre leurs responsabilités, que ce soit dans les fédérations, les associations, les entreprises. Ne nions pas les difficultés qui subsistent et certaines disparités criantes entre les hommes et les femmes, mais nous sommes sur la bonne voie ! Comment le ressentez vous au quotidien ? 

Les femmes ont toujours pris leurs responsabilités mais je pense que lorsqu’il y avait un enjeu quelconque on se débrouillait pour occulter les compétences ou les potentialités et amenuir le risque concurrentiel que cela pouvait représenter.

Je ne crois pas que ce soit uniquement le fait d’être une femme qui fait la différence mais le fait de pouvoir avoir des espaces d’intervention nouveaux qui ne soit pas bridés par des formes de gestion et de contrôle passéistes.

Et je crois sincèrement que si il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, la voie est ouverte et ce, de manière irréversible. S’organiser en collectif/réseau afin de pouvoir apporter cette vision renouvelée et empreinte de l’intérêt général pourrait être une proposition, et tout l’intérêt pour une fédération de travailler avec votre média d’ailleurs !

 

L.S.M

 

Relire le portrait numéro 4 : Betty Charlier présidente de la Fédération Française du Sports pour tous 

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