Sportives du dimanche

Mylène Gauthier, une Québécoise à Fuerteventura

30 septembre 2017

Avant, Mylène Gauthier n’aimait pas le sport. Mais ça, c’était avant. Un peu plus de 3 ans après son coup de foudre avec la course à pied et le trail, la Québécoise de 43 ans est venue découvrir le Half Marathon des Sables aux Canaries pour y mêler deux passions. Explications. 

Voyager pour courir. Ou comment découvrir le monde sous un autre angle : quitter le Québec et sa nature généreuse pour explorer le Half Marathon des Sables de Fuerteventura, son désert, 5400 km plus à l’est. Ce n’est pas la première fois que Mylène Gauthier, 43 ans et directrice de projet pour le service de culture et relations internationales de la ville de Québec, quitte son Canada natal pour visiter un bout de planète à sa façon. « J’adore mon travail, mais j’aime aussi voyager. J’ai tranquillement commencé à combiner voyages et course à pied, soit en m’inscrivant à une course là où je me rendais, soit en enfilant mes runnings pour visiter. L’an dernier, je suis allée faire le Marathon du Mont Blanc avec ma meilleure amie. Ce qu’on voulait, c’était découvrir les montagnes, sans objectif de performance ni de temps. J’ai participé au Grand Raid des Pyrénées avec mon amoureux l’été dernier, j’ai découvert l’Allemagne au pas de course… En se levant tôt, on a les villes rien qu’à nous, et courir 10 km, ça se fait bien. »

Maintenant, oui. Avant, un peu moins. Courir 10km n’était pas si évident il y a trois ans et demi. La Canadienne était une sédentaire pure souche. Une de ces personnes qui n’aiment pas le sport, qui pensent que ce n’est pas pour eux. Jusqu’au déclic. Puis au virage à 180°. « J’ai découvert la course un matin en me disant ‘’Tiens, je vais me prendre en main à 40 ans ‘’. J’ai commencé par courir 1 km et je me suis effondrée sur mon canapé, à moitié morte en me disant ‘ben voyons donc’. (Sic) Mais j’ai refusé cet échec. J’ai commencé par un 5km, puis un 10km, en me disant que ceux qui couraient des marathons étaient des fous et que jamais je ne ferais ça. Puis je suis passée au semi, et j’ai découvert le trail, très technique chez nous avec des forêts denses et des grosses racines. J’ai fait un premier trail de 6km, mais j’ai été un peu refroidie : je trouvais que ça montait trop, qu’on ne courait pas assez. Finalement, l’année d’après, je me suis inscrite au Marathon d’Ottawa et également sur un 25 km de trail… Petit à petit je suis follement tombée amoureuse de la course à pied. »

 

« En plein désert, je me suis mise à rêver d’une tempête de neige »

 

photo Peggy Bergere

Après avoir avalé « quelques » kilomètres en trail dont les 65 de l’Ultra Harricana, ou les 50 de l’Ultra Trail Bear Mountain, Mylène s’aligne pour la première fois sur une course à étapes au Half MDS cette année. Les 120 km et 4 jours de course sous un soleil de plomb n’altèrent pas son sourire, radieux au passage de la ligne arrivée vendredi, à Playitas. Cette semaine, elle a autant apprécié sa tente individuelle que l’esprit collectif du bivouac. « J’ai eu des compagnons de course fantastiques, des gentlemen. On avait parfois des passages techniques de crêtes, des creux… Parfois je me suis mise à rêver d’une tempête de neige ou d’une pluie froide de novembre. J’ai eu la nausée mercredi et j’ai même pensé à abandonner. Ils m’ont attendue, tenu la main, m’ont toujours demandé si ça allait. A l’inverse, quand j’étais en forme, c’est moi qui les aidais. Sur le bivouac, on est chacun dans nos petites maisons mais en même temps on est ensemble. Le soir, on se réunit et on discute. On s’installe parfois en cercle, avec des Français, des Québécois, des Belges… C’est une épreuve assez intense que j’aimerais bien partager avec mon chéri si un jour je recommençais. Et puis c’était beau, ce paysage, la vue de cette mer, ce sable… Mais ce que je retiens surtout, c’est qu’on est toujours plus fort que ce qu’on pense… »

 

Peggy BERGERE

 

Credit photos : Cimbaly / HalfMDSFuerteventura@valentincampagnie

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