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Martine Cano présidente de la Fédération française de cyclotourisme

6 septembre 2017

Martine Cano est présidente de la Fédération française de cyclotourisme depuis décembre 2016. Elue au comité directeur fédéral depuis 2001 et était, depuis 2009, vice-présidente de la fédération. A 65 ans, militante associative et passionnée de cyclotourisme, Martine est convaincue que le sport piloté également par des femmes a de beaux jours devant lui.

 

PORTRAIT 7 : Martine Cano présidente de la Fédération française de cyclotourisme

«  « Ce n’est pas parce que tu es une femme, mais… » et dans ce « mais » il y a tant de sous-entendus ! »

 

Etre présidente de fédération qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Quels sont les enjeux ?

Etre présidente de la Fédération française de cyclotourisme est tout d’abord un honneur et l’aboutissement d’un long cheminement puisque je fais partie de la famille des cyclotouristes depuis que j’ai 16 ans. J’ai d’ailleurs occupé plusieurs fonctions, d’abord dans une commission puis au sein du comité directeur avant de devenir présidente. Quoiqu’il en soit, je suis une véritable adepte du cyclotourisme qui symbolise, selon moi, l’aventure et l’évasion. Petite, j’étais déjà fascinée par le tandem de mes parents.

Pour notre fédération, les enjeux sont multiples : attirer de nouveaux adhérents et surtout des jeunes, leur donner envie de faire partie intégrante d’un club, attirer aussi des femmes qui représentent un faible pourcentage de nos licenciés, travailler sur l’accueil au sein des clubs, continuer à mettre l’accent sur le cyclotourisme en tant que sport santé afin de lutter contre la sédentarité, proposer une nouvelle offre de licence à des niveaux de pratiques différents etc.

Notre objectif est avant tout de promouvoir et démocratiser les différentes pratiques du vélo, sans compétition, que ce soit du vélo de route, du VTT ou du vélo à assistance électrique.

 

Le fait d’être une femme dirigeante est-ce un frein et ou une opportunité au sein de votre fédération? Avez vous une « anecdote » positive et une négative ? 

Je suis avant toute une militante associative et une passionnée de cyclotourisme. Etre une femme dirigeante est l’occasion de montrer l’exemple et d’inciter d’autres femmes à rejoindre la FFCT alors qu’elles sont sous-représentées dans nos effectifs (18%). Nous avons dans cette optique déjà initié des événements cyclotouristes dédiés aux femmes avec « Toutes à vélo » en 2012 à Paris et en 2016 à Strasbourg. Nous allons donc continuer dans ce sens…

En 2011, deux néophytes ont rejoint mon club dans la perspective de participer à « Toutes à Paris » ; un an plus tard, je leur ai si elles ne regrettaient pas l’aventure. Elles m’ont répondu : notre seul regret, c’est de ne pas être venues plus tôt au club ! Ce sont maintenant elles qui « recrutent » de nouvelles adhérentes et je suis très satisfaite de les voir prendre de l’assurance.

 

C’est désormais aux femmes de prendre leurs responsabilités, que ce soit dans les fédérations, les associations, les entreprises. Ne nions pas les difficultés qui subsistent et certaines disparités criantes entre les hommes et les femmes, mais nous sommes sur la bonne voie ! Comment le ressentez vous au quotidien ? 

Il y a quelques années, j’ai parfois entendu des remarques du style « ce n’est pas parce que tu es une femme, mais…’ » et dans ce « mais », il y a tant de sous-entendus ! Cela est beaucoup plus rare aujourd’hui et je ne ressens pas spécialement de frein au quotidien, parfois juste un peu d’étonnement devant mes différentes activités. Les mentalités ont quand même évolué et il y a plus de femmes dans notre pratique aujourd’hui que lorsque j’étais adolescente. Elles sont aussi de plus en plus nombreuses à s’impliquer et avoir des responsabilités dans les clubs et au niveau fédéral. Au sein du comité directeur, elles représentent sept membres sur dix-neuf. Si mon élection peut faire évoluer la cause, pourquoi pas, mais je pense qu’il faut avant tout des compétences et de la passion, en cyclotourisme comme dans toute activité.

L.S.M

 

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