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LE BILLET D’HUMEUR DE CHLOE TRESPEUCH

26 février 2018

Chloé Trespeuch : « Dans ma famille je n’étais jamais vue comme la petite qu’il fallait laisser gagner ; je perdais et ça m’a construite. »

Je m’estime militante car je considère que les filles ont autant leur place dans le sport que les hommes. J’entends souvent dire que « les femmes ne sont pas compétitrices » ou qu’« elles ne font pas de sport ». Eh bien non ce n’est pas vrai. Il faut encourager les femmes, elles sont nombreuses à être sportives, que ce soit juste le dimanche ou de haut niveau.

La chance que j’ai dans le snowboard, c’est qu’on est dans le même tracé et qu’on a les mêmes primes que les garçons. Mais médiatiquement, il est vrai qu’on parle plus des garçons que des filles quand même. Et puis comme je suis dans un sport de vitesse avec beaucoup d’adrénaline, on dit que le snowboard est un sport de garçon. Quand j’entends « Bravo c’est bien… pour une fille » ça me met hors de moi ! A mon niveau les filles s’entraînent avec les garçons. Et même si on n’a pas les mêmes capacités physiques, je pense que les femmes sont plus stratégiques et plus réfléchies. J’ai l’impression qu’on se met des limites parce qu’on est une femme. L’important, c’est la démarche de se donner à 100% pour atteindre notre objectif dans la vie ou réaliser nos rêves les plus fous. On avance même si on perd. Ne jamais avoir peur, tenter.

Mes parents sont sportifs et ont l’esprit de compétition. Le sport dans ma famille, c’était tous les jours, et ce depuis ma petite enfance. Ce fut très formateur car ils m’ont donné goût à tous les sports, je suis devenue compétitrice. J’aime les défis. Entre la Vendée et Val Thorens, pays de mon enfance, on ne pouvait jamais faire une simple balade, il fallait toujours faire du sport, faire la course sur la plage, sauter un muret, etc… Je n’étais jamais vue comme « la petite qu’il fallait laisser gagner », je perdais et ça m’a construite. Ma famille m’a toujours soutenue. C’est important d’avoir une famille qui met un peu la pression dans le sport, même si tu as été nul. Quoi que je fasse dans ma vie, sentir le soutien de ma famille, c’est primordial.

J’ai un grand frère, nommé Léo, de 7 ans mon aîné (ndlr. Chloé à 23 ans). Pour lui, je devais être LA meilleure, fille ou garçon peu importe. Il me disait « il ou elle fait ça, alors tu peux le faire ». Il m’a donné la hargne de me lancer et d’aller au-delà de mes limites. Ma petite sœur, qui a 4 ans de moins, fait également beaucoup de sport. Elle m’a toujours poussée à me dépasser aussi car elle me devançait sur certaines choses. Par conséquent, je ne me reposais jamais sur mes lauriers. On a fait beaucoup d’équitation ensemble et elle court aussi vite que moi. Le sport est avant tout une histoire de famille, et puis ça reste dans nos gênes à jamais. »

Chloé Trespeuch est une snowboardeuse française, membre de l’équipe de France de Snowboardcross, médaillée de bronze aux Jeux olympiques 2014, vice-championne du monde 2017, championne du monde par équipe 2017, athlète SNCF.

Article extrait du magazine numéro 7 Les Sportives

 

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