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Laurie Berthon, l’une des plus grandes chances de médaille française à Rio

11 août 2016

Tandis que La Route de France Féminine Internationale a fêté son 10e grand départ, et alors que les épreuves de cyclisme sur route à Rio ont déjà commencées, c’est au cœur de la piste la plus large au monde du vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, que Les Sportives magazine a rencontré Laurie Berthon, en pleine préparation pour les Jeux Olympiques de Rio.

 

« Une championne dans le sang »

image1Du haut de ses 24 ans, Laurie ne compte pas moins de quatre titres de championne de France sur piste (scratch en 2012 et 2013, course au points en 2012, omnium en 2013) un titre de vice-championne d’Europe en 2014 de l’Omnium et le récent titre de vice-championne du Monde de l’Omnium. Un palmarès déjà exceptionnel pour cette jeune femme dont la carrière prometteuse s’est faite remarquée dès ses débuts, avec ses premiers grands titres en catégorie minime dont celui de championne Rhône-Alpes minime-cadette de Vitesse, Scratch et course aux points, championne Rhône-Alpes minime et championne de l’Isère minime-cadette dans la même année.

Depuis l’âge de 5 ans, Laurie est intrépide et fonceuse. Son destin était déjà tracé : « Mes parents sont se rencontrés sur la piste. Ils étaient en compétition. J’ai donc été plongé très jeune dans ce milieu et j’ai développé rapidement des qualités de vitesse. J’ai même essayé aussi le triathlon, le judo. J’adore le sport en général. »

 

« L’omnium, une des épreuves du cyclisme les plus sympa à regarder »

image2Le cyclisme sur piste est présent aux Jeux Olympiques depuis 1896, c’est une discipline pionnière en la matière. La première épreuve féminine est apparue en 1958 avec la poursuite et la vitesse, soit 62 ans après la première épreuve de cyclisme sur piste masculine. Les épreuves de cyclisme sur piste sont très variées et différentes. En effet, certaines courses sont destinées à des coureurs puissants et très rapides, il s’agit de toutes les épreuves courtes comme la vitesse individuelle ou encore le 200 mètres.

Avec les années, certaines épreuves se sont vues oubliées du calendrier sportif, comme l’épreuve des 12 heures, qui n’a fait qu’une seule apparition aux Jeux Olympiques, lors de l’édition de 1896; l’épreuve des 10 kilomètres qui n’a vu que deux éditions en 1896 et en 1904, et dès 1994 les épreuves de tandem, de demi-fond et le contre-la-montre par équipes dames ont vécu leur dernière édition. Certaines courses emblématiques ont également disparu. On peut citer le Bol d’Or, une course de 24 heures à Paris dont la dernière édition date de 1928, et également les Six jours de Paris et les Six jours de Bordeaux, disparus respectivement en 1989 et en 1997.

L’omnium est une compétition individuelle d’endurance qui se déroule en six épreuves : scratch, tour de lancer, poursuite individuelle, course à l’élimination, contre-la-montre, course aux points (les épreuves sont séparées par un intervalle de 30 minutes et ont lieu sur deux jours consécutifs). Elle est introduite en 2012 comme nouvelle discipline olympique et les premières médaillées olympiques sont la britannique Laura Trott (or), l’américaine Sarah Hammer (argent) et l’australienne Annette Edmondson (bronze).

Laurie Berthon a découvert la discipline cette année là, en 2012 : « Le cyclisme sur piste est déjà peu médiatisé et méconnu du grand public. L’omnium l’est encore moins d’autant plus que c’est une épreuve méconnue du cyclisme sur piste lui même. »

 

« Virée de l’INSEP, c’est ainsi que j’ai découvert l’omnium »

 

image4Dès l’âge de 16 ans, Laurie intègre le pôle France sprint de l’INSEP. « J’ai alors découvert et pris goût au sport de haut niveau. D’autant plus quand tu côtoies de nombreu-s-es sportives et sportifs que tu as admiré. Malheureusement, ou heureusement, je me suis faite virée de l’INSEP. L’entraineur ne m’a pas jugé pas assez performante en sprint. J’ai été très déçue. J’ai alors découvert l’omnium du côté de Lyon, où j‘ai obtenu ma licence STAPS. La saison d’après je suis devenue challenger à la Française Des Jeux. Une fois que j’avais gouté au sport de haut niveau, je n’allais pas laisser passer et lâcher comme ça. La FDJ m’a accordé une bourse pour la saison 2014-2015 période durant laquelle j’étais justement dans une mauvaise passe puisque j’étais classée 14e française. Malgré tout, la FDJ m’a toujours soutenue et a cru en moi. Grâce à la FDJ avec qui j’ai signé un contrat d’image ainsi que le pacte de performance, j’ai très vite songé à ma reconversion. D’autant plus que j’avais déjà connu l’expérience de l’arrêt brutal du sport de haut niveau en me faisant éjecter de l’INSEP. A la rentrée 2016 j’intégrerai Sciences Politiques à Paris. Mon emploi du temps sera aménagé pour doucement accompagner ma reconversion. »

 

« Seule représentante française en endurance qualifiée aux JO »

 

Après Laura Trott ou Sarah Hammer, Laurie Berthon sera t-elle la nouvelle médaillée olympique ? Rigoureuse et exigeante, la championne ira en tout cas jusqu’au bout. « J’ai toujours rêvé des Jeux Olympiques, c’était mon objectif. Vu le barème des points et les résultats que je faisais, j’ai fini par me dire que c’est vraiment possible. Je ne lâche rien. Dans la discipline il faut tout calculer à tout moment. Dans ma vie quotidienne, j’essaye aussi d’anticiper tout ce que je fais, pour ne rien avoir à regretter. »

Alors que les épreuves de cyclisme sur piste commencent aujourd’hui, Laurie entrera en piste pour la première épreuve de l’Omnium femmes avec le scratch le 15 août à 16h. Classée dans le TOP 10 des meilleur-e-s espoirs de médailles françaises*, Laurie tentera de confirmer qu’elle est bien la meilleure de sa discipline.

* D’après l’INA

AB.

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