Hors-JeuSanté

L’intuition, le GPS intérieur

12 mai 2017

« J’aurais dû m’écouter ! » Que celle, ou celui, d’entre nous qui ne s’est jamais dit cette phrase lève la main… La plupart du temps, l’intuition est sans lien logique avec ce qu’il nous est donné à voir et nous avons tendance à ne pas l’écouter. Pourtant, c’est elle qui a raison !

Le guide intérieur

Comparable à une sorte de GPS intérieur, notre intuition sait déjà qu’un jour nous habiterons dans telle ville, ou que continuer cette relation nous mènera à une impasse. Pour une raison toute simple : le cerveau dans sa globalité peut enregistrer onze millions de données simultanément, alors que le conscient en perçoit seulement quarante ! En toute logique, il est donc bien plus able d’écouter son intuition que son raisonnement conscient, basé sur une toute petite perception de la réalité.

Dans un monde dominé par les qualités de l’hémisphère gauche du cerveau, linéaire, logique et analytique, capable de se rappeler et d’anticiper, celles de l’hémisphère droit sont bien peu valorisées, voire tournées en ridicule. Créatif, intuitif, spontané et totalement dans le présent, c’est pourtant l’hémisphère droit qui gère la perception de l’intuition.

D’où vient l’intuition ?

Etymologiquement, le mot intuition vient du latin intuitio, désignant un regard intérieur, et de tueor, regarder.

Voix intérieure et regard intérieur, l’intuition demande d’être attentif à ce qui se passe en soi. Une sorte de sixième sens comme on l’appelle aussi parfois, un sens tourné vers l’intérieur au contraire des cinq autres, tournés vers l’extérieur. Elle se manifeste sous forme d’idée évidente et immédiate, sorte de pensée sans penser, qui n’est pas le fruit d’un raisonnement mental.

Se dépenser pour dépenser

Plus on se dépense physiquement, moins on est dans le mental, et plus on a d’espace en soi pour capter les bonnes infos, celles qui sont pertinentes pour nous. Ecouter son intuition implique en e et une forme de lâcher-prise par rapport aux pensées qui tournent en boucle, critiques, reproches, jugements sur les autres et sur nous.

Pour Stella Cacheux, 43 ans, trapéziste co-fondatrice du Cirque électrique, « la pratique physique aide vachement. Tout est plus évident, ton corps est en harmonie et donc dans ta tête c’est plus évident, t’es moins essoufflé de la pensée, tu penses de façon plus dégagée. Quand t’es asphyxié tu penses pas bien, t’as pas d’intuition. Il faut apprendre à dé- penser pour retourner à un état d’intuition, ça ouvre d’autres trucs, qui ne sont pas du domaine du physique. Tu déplaces des limites mentales ».

 

Dé-penSer pour créer

Nuria Baeza, 46 ans, prof de tech
niques corporelles (pilate, stretching, cardio-training, …), utilise ainsi son intuition pour créer à la fois ses chorégraphies, et inventer de nouveaux cours. L’intuition rejoint alors l’inspiration :

« Je travaille avec mon intuition. Je me mets d’abord en silence, puis je me sers des techniques plus cardio pour m’aider à sortir ma créativité. Quand j’improvise, les idées de pas et de mouvements me viennent alors naturellement. Quand je me mets devant le miroir pour improviser, parfois aussi des idées me viennent spontanément pour développer tel ou tel cours ». Nuria est ainsi la créatrice du « latino fitness », une danse improvisée sur les rythmes latinos, conçue pour danser sans devoir réfléchir ; et plébiscitée par ses élèves !

L’intelligence du corps

« Si vous pratiquez un sport, vous disposez de dfférentes manières de percevoir votre objectif par rapport à vous. Libre à vous de vous intéresser à ce qui vous en sépare (…). Libre à vous aussi de vous figurer que vous fusionnez avec votre but et l’ensemble des molécules qui vous coupe encore de sa réalisation » explique Jill Bolte Taylor, neuroanatomiste Américaine, dans Voyage au-delà de mon cerveau.

Fusionner avec son but et avec son marteau, c’est ce qu’expérimente Jennifer Batu, athlète franco-congolaise spécialiste du lancer de marteau, arrivée 3e aux derniers Jeux africains, et qui prépare les Jeux olympiques de 2020 : « Plus on est stable et droit plus le marteau va loin, donc je suis obligée d’être dans la sensation. Je développe la sensation, mon marteau je l’accompagne et je sais quand je dois le lâcher ».

Ecouter le résonnement plutôt que le raisonnement

« A un certain niveau c’est les petits détails qui te font progresser, t’es obligée d’être attentive à tout, pendant ton sport mais aussi en dehors. Je vois et je sens les petites mimiques, le son de la voix. Je reste à distance de pas mal de personnes à qui je sens que je ne peux pas faire confiance », dit encore Jennifer Batu. Faire du sport aide à être attentive à la sensation que les infos perçues par les cinq sens font naître : une mimique imperceptible ou la variation in me du timbre de la voix vont créer une résonance en nous. On peut se sentir en harmonie avec la personne, ou ressentir un léger décalage désagréable, le fameux « je ne le sens pas ! ».

Alors qu’il est de bon ton en
France de se déclarer « cartésien » pour rejeter toute perception non logique, terminons avec ce que René Descartes disait de l’intuition : « Il n’y a pas d’autres voies qui s’offrent aux hommes, pour arriver à une connaissance certaine de la vérité, que l’intuition évidente et la déduction nécessaire »e Règles pour la direction de l’esprit, XII règle.

       Mélanie Rémond

                                                                             http://www.kinesiologue-a-marseille.fr

                                                                     Facebook : Mélanie Remond – Coeur et Infini

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