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Grenoble, terre de football au feminin ?

13 mai 2016

Dimanche 15 mai, Grenoble accueillera la finale de la Coupe de France féminine de football qui opposera Lyon et Montpellier. Un rendez vous attendu sur les terres grenobloises, notamment ces jeunes filles de la nouvelle école municipale de football féminin. Grenoble se voudrait-elle terre du football au féminin ?

Mercredi 14 octobre 2015 École féminine de football qui a ouvert cette année, entraînement tous les mercredis après-midi. Lieu : stade Espagnac de Grenoble. © Alain FISCHER 2015, Ville de Grenoble.

© Thierry Chenu, Ville de Grenoble.

Depuis la rentrée de septembre 2015, des jeunes filles de 6 à 15 ans passent leur mercredi après-midi crampons au pied à l’école municipale de football féminin à Grenoble. Une école municipale parce que la ville, dès le changement d’équipe en 2014, a affiché sa volonté de promouvoir le football au féminin. À l’origine le GMC2F, le club de l’agglomération grenobloise avec 2 F pour Football au Féminin, souhaitait élargir son offre de cours pour les jeunes filles. Mais plutôt que d’utiliser les équipements sportifs de la ville, le maire, Eric Piolle et son équipe, décident en accord avec le club d’ouvrir cette première école municipale. « Le club souhaite contribuer à la promotion du football féminin, donc on a tout de suite adhéré à cette vision politique et on a mis en place une sorte de partenariat entre le club et la ville » explique le président du GMC2F, Thierry Semanaz. La ville fournit les équipements, le club propose ses éducatrices.

Elles sont une vingtaine de joueuses assidues, une soixantaine d’inscrites, elles jouent évidemment, apprennent les gestes techniques, font des exercices physiques, des relais avec des parcours etc… Depuis le début de l’année « elles progressent toutes, chacune à leur rythme, tout dépend de leur présence mais vraiment la progression du groupe est très satisfaisante pour la suite » explique Gladys Boilard l’éducatrice. Éducatrice, parce que entraineuse elle n’aime pas vraiment ce terme. Depuis le mois de septembre Gladys, 24 ans, joueuse de haut niveau, entraîne les filles. « Malheureusement dans le football au féminin on est obligé de travailler pour avoir à manger dans l’assiette » donc la joueuse du GMC2F joue, s’entraine quotidiennement et en parallèle est éducatrice sportive pour la mairie de Grenoble, entre autre.

Entrainer des jeunes filles et leur proposer une séance de football gratuite, cela fait partie du projet de la ville. D’après Thierry Semanaz président du GMC2F « c’est un message politique de promotion du foot féminin, la ville a également mis en place des ramassages dans six secteurs de la ville pour que les filles puissent venir au stade. Et derrière cette école on facilite l’accès au sport pour les jeunes filles, on promeut l’égalité évidemment, on éduque aux valeurs citoyennes, ce n’est pas que de l’encadrement technique c’est aussi de l’accueil des jeunes ».

Que des filles ? Pour que ça marche, oui. Les jeunes filles sont encadrées par des jeunes femmes. Gladys travaille aux côtés de Mathilde (23 ans, en Staps) mais aussi avec, à tour de rôle, quatre jeunes en sport étude au lycée Argouges, tout proche du stade de Teissere. « Il n’y a que des filles et l’encadrement est exclusivement féminin, c’est plus simple comme ça, les filles viennent plus facilement vers nous, pour la communication tout est plus facile pour elles » précise Gladys. Seul le responsable de l’école est un homme « mais peut être que ça changera plus tard » suppose l’éducatrice.

Le 100% féminin, c’est ce qui semble d’ailleurs faire fonctionner le projet, « moi je me suis inscrite parce que j’avais pas envie de m’entraîner avec des garçons. J’aime le ballon, le foot et j’avais envie de faire un sport, donc quand j’ai su pour la création de l’école je me suis inscrite direct » explique Jade. À 12 ans, elle pense que les garçons « ne respectent pas trop les filles qui font du foot, ils pensent qu’on est nulles et ils se moquent de nous, ils pensent que le foot c’est simplement un sport de garçons ». Parce que ce sont des adolescents ? La question se pose…

En tout cas, Jade selon son éducatrice est « l’exemple qui prouve que le projet de l’école municipale fonctionne, elle est super motivée, ça lui a donné envie de faire d’autres choses dans ce sport, de s’investir et elle a un état d’esprit irréprochable ». De son côté Jade répond modestement qu’elle « s’en sort bien, ça va ».

Domitille Piron pour Les Sportives 

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