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FC Paris Arc-en-Ciel, un club contre les discriminations et l’homophobie

6 octobre 2018
En plein cœur de Paris, à l’ombre du PSG, se cache le FC Paris Arc-En-Ciel, une association sportive « LGBT friendly » qui soutient donc la cause homosexuelle. Créé en 1997, ce club de football est historique puisqu’il a été le premier en France à avoir lutté contre l’homophobie. Un combat toujours d’actualité, comme l’explique Mélanie Pieters, présidente et joueuse au sein du club.

Partir d’une simple équipe montée pour les EuroGames de Paris en 1997 pour à l’arrivée créer un club de football, c’est la folle idée de Christine Aubère fondatrice du FC Paris Arc-En-Ciel. À l’origine et encore aujourd’hui, l’objectif du club est de « pouvoir pratiquer sans se cacher et être soi-même », comme le souligne la présidente. Le club compte aujourd’hui 104 membres répartis quasiment à part égale entre la section féminine et masculine. « Tout le monde peut venir, après, évidemment, il faut partager les mêmes valeurs, c’est plus simple et il faut être majeur », précise Mélanie Pieters. Tolérance, bienveillance et fair-play envers ses coéquipiers et les adversaires sont les valeurs que partagent les licenciés.

Discriminations et homophobie

L’homophobie est le premier combat et la raison d’être du club, mais il lutte également contre toutes les discriminations que ce soit le genre, la religion, l’âge ou l’état de santé. « Il y a trois ans, nous avons accueilli une jeune femme qui n’avait jamais pu pratiquer le football parce qu’elle portait le voile. Elle ne peut malheureusement pas prendre part aux compétitions officielles (autorisé lors d’entraînements, le voile islamique reste interdit lors de compétitions nationales[1]) mais elle est tout de même heureuse de pouvoir pratiquer et d’avoir rejoint un club ».

Le combat du FC Paris Arc- En-Ciel est toujours d’actualité vingt-et-un ans après sa création. Encore aujourd’hui, pendant des matchs, les joueuses se font insulter sur le terrain comme le remarque la présidente du club : « On rencontre régulièrement des problèmes de comportement des autres équipes, ça nous est arrivé notamment l’année dernière sur un match de championnat d’avoir droit à des insultes clairement homophobes, de faire remonter et qu’il n’y ait pas de sanctions. Ce n’est pas une majorité, mais il y en a eu ». Des faits, que le club a du mal à faire parvenir aux instances du football, « parce qu’on joue à un niveau amateur et là, on n’a pas systématiquement d’arbitre ».

Contre les discriminations et l’homophobie, le club s’implique également en organisant et participant à différents événements. « Tous les ans, au mois de février, on organise un tournoi de foot contre l’homophobie et les discriminations qui s’appelle Football V Homophobia, et cet été, on a co-organisé entièrement les compétitions de foot pour les Gay Games 2018 ».

Par Margot Ridon

Article extrait du numéro 9 Les Sportives

 

[1] Communiqué de la Fédération française de football du 1er mars 2014 https://www.fff.fr/actualites/138965-551181-communique-de-la-fff

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