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Errea, l’équipementier qui la joue collectif

27 novembre 2016

Force est de constater qu’il y a de plus en plus d’initiatives de marques qui valorisent l’esprit de dépassement de soi des sportives, au-delà d’une communication confrontée souvent à des dérives sexistes. Nike, Adidas,…ces marques retentissent comme une évidence dans le paysage économique du sport. Si l’on regarde de plus près l’investissement des équipementiers, on se rend compte qu’en 2012 selon une enquête Havas SE, 80% des montants investis par les 100 premiers sponsors en France concernaient le sport masculin.

Mais certaines marques réalisent de manière assez logique la promotion et le soutien du sport au féminin. C’est le cas de la marque Errea qui, pour promouvoir son offre textile et accessoire, a mis en valeur le goût de l’équipe dans un esprit très empowerment. « Le sport au féminin a toujours fait partie de nos gènes », souligne naturellement Enzo Montrucchio, Directeur France de l’équipementier italien Errea, étonné que la question de la distinction sport au féminin et sport au masculin puisse lui être posée. Et il n’y a qu’à regarder sur leur site internet pour mieux le comprendre.

Siège Errea - Parme

Siège Errea – Parme

La firme italienne mise sur une stratégie de sponsoring et de distribution ficelée et discrète mais qui promet d’impacter le marché des équipementiers pour les années à venir. « Sur le marché français, la marque s’est toujours adressée aux sports collectifs, en passant par des revendeurs pour servir les clubs. Nous avons été les pionniers dans ce système de distribution. Notre priorité, c’est le collectif. Nous réalisons un chiffre d’affaires annuel compris entre 65 et 70 M€. Dans le secteur, nous sommes considérés comme un acteur « artisanal » étant donné que nous fabriquons intégralement tous les produits que nous commercialisons. Il n’y a pas de sous-traitance. Nos unités de production principales sont basées à Parme, en Italie. Notre objectif c’est de prendre des parts de marché qui soient intéressantes et intelligentes », explique Enzo Montrucchio.

Une stratégie intelligente mais surtout innovante puisqu’elle sait donner sa chance aux équipes et aux différents sports. « En 2009, nous avons signé un contrat avec la fédération de volleyball. On a cru en cette fédération et à la discipline bien avant que les supporters français y croient. Après 2-3 années un peu difficiles en termes de performances, les équipes ont brillé (surtout les garçons) mais nous avons toujours été là quels que soient les résultats. Aujourd’hui 8 équipes sur 12 sont habillées en Errea sur le championnat de volleyball. Je pourrais aussi vous citer du football avec le contrat avec l’Islande signé en 2002. Jamais on aurait pensé qu’ils allaient aller à l’Euro un jour et surtout à l’Euro 2016 ! Les points de vente se sont retrouvés en rupture de stock. La différence avec des autres marques c’est que nous possédons encore une filière productive intégralement gérée par notre société. Cela constitue la grande force d’Errea. La maîtrise de nos unités de production nous permet d’être très réactifs pour répondre efficacement aux requêtes formulées par nos clubs partenaires » s’en amuse avec fierté Enzo Montrucchio, « le sport c’est quelque chose qu’il faut vivre. »

Elodie Clouvel - JO Rio 2016 Photo : Markowski / Newspix / Icon Sport

Elodie Clouvel – JO Rio 2016
Photo : Markowski / Newspix / Icon Sport

Christian Roudaut, Directeur Technique National de la Fédération Française de Pentathlon Moderne, a signé le partenariat avec Errea il y a un an. « Nous ne connaissions pas Errea auparavant. La marque nous a fait des propositions et a répondu à nos attentes avec une efficacité incroyable … et nous a surement porté chance aux Jeux Olympiques à Rio ! (rires) La performance d’Elodie Clouvel de l’équipe de France de pentathlon n’est pas passée inaperçue. Elle a remporté la médaille d’argent, vêtue par Errea. » confie Christian Roudaut. « Nous n’avions pas d’équipementier. Ou juste par discipline, mais pas de partenariat. Nous sommes une petite fédération d’environ 2000 licencié-e-s. » Et, bien que le pentathlon ait toujours fait partie du programme olympique depuis 1912, rappelons que l’épreuve féminine n’a été ajoutée qu’en l’an 2000. « Elodie a été la première médaille individuelle française aux Jeux Olympiques. Elle marque l’histoire de la fédération. Depuis 2000, la discipline a trouvé une autre vie avec les filles. Au niveau international, nous sommes presque à la parité de licencié-e-s. Nous espérons même qu’un jour notre relais mixte soit reconnu comme une discipline olympique ». Et l’ex entraineur du collectif féminin de 2005 à 2012, mais aussi ex-entraineur des garçons, ne cache pas son enthousiasme et sa passion sportive : « Sport individuel ou sport collectif, les athlètes s’entrainent quoi qu’il arrive. Donc avoir un équipement adapté rien qu’à l’entrainement, ça fait toute la différence. Et nos sportifs et sportives en sont satisfaits. La marque Errea fait donc aussi partie de notre histoire, tout comme la médaille d’Elodie. Je ne doute pas que l’histoire va continuer à s’écrire ensemble. J’ai foi en l’avenir, foi dans le pentathlon, et aussi dans le sport au féminin ». Et comme le confirme Enzo Montrucchio, « Le sport au féminin est un vrai investissement vers l’avenir ».

AB.

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