Les P'tites Pouss'

Défi relevé pour les lycéennes et lycéens de Pantin de retour de Courchevel

7 avril 2017

Ils n’avaient jamais vu les montagnes. Pour eux et pour elles, « le ski n’est pas réservé qu’aux blancs ». Sur le trajet du retour vers Pantin (93), les élèves du lycée Berthelot à Pantin confient leurs impressions. Mettre des mots sur des émotions nouvelles et sur une densité de souvenirs n’est pas simple. Pourtant, leurs témoignages sur le séjour à la montagne comme sur l’apprentissage du ski sont authentiques et spontanés. Emotions, récit, retour sur une semaine avec ces jeunes du 93. Le défi est en tout cas relevé pour les élèves du lycée Berthelot à Pantin qui ont fait de très grands progrès en ski en 7 jours.

Le mois de mars sera bel et bien marqué d’une pierre blanche pour cette vingtaine d’élèves qui se sont préparés à découvrir la montagne et les sports d’hiver. La première impression est le bonheur de la découverte de la montagne, le côté grandiose, « magnifique » diront certaines lycéennes. Si l’aspect « riche et international » de la station de Courchevel ne leur a pas échappé, notamment à travers les équipements spécifiques lié au ski portés par les touristes, c’est des étoiles pleins les yeux qu’ils rentrent et racontent leur privilège d’avoir pu descendre ses pistes et de fouler ses pentes avec la vue sur le Mont-Blanc.

Ce groupe de 30 élèves reconnait sa chance. « Ils furent le seul groupe accueilli cette semaine de fin Mars dans ce centre de vacances prévu pour 90 enfants. L’accueil fut chaleureux et l’ambiance du séjour s’en est ressentie » précise Hugo l’un des enseignants organisateur. Si le règlement intérieur du lycée cadre les droits des élèves et que des sessions de devoirs écrits vont rythmer certaines soirées, les élèves se sentent en vacances ou en stage sportif ! « C’était vraiment cool » affirme certaines. Un vrai bol d’air qui ressource en profondeur ces adolescents qui, certes se connaissent bien car investi à l’Association Sportive (AS) UNSS ou en option EPS de leur établissement, mais ils ont été confronté à une nouvelle culture sportive et de nouvelles sensations : la glisse !

« Sur 30 adolescent.e.s, 18 ne sont jamais montés sur des ski et 6 y sont allés une ou deux fois quand ils étaient petits… » nous explique les enseignants. Pas de quoi frimer le lundi matin pour ces garçons et ces filles qui vont alors passer de l’ignorance à la fierté ! Mariam, qui n’était jamais allée à la montagne, résume assez bien cette transformation avec un grand sourire : « je ne savais même pas mettre mes chaussures et à la fin j’ai descendu des pistes avec une vitesse phénoménale ». Même sentiment de fierté pour Itpicem qui est passée du chasse-neige au virage skis parallèles, puis à l’arrêt dérapage en à peine 3 jours. « On a fait des supers progrès » diront Hawa et Najia, qui avaient des repères vieux de 8 ans et n’ont pas eu peur de remonter sur des skis.

L’objectif est donc atteint pour les élèves comme pour les professeurs d’EPS : faire progresser tous les élèves sur la base de leurs besoins en termes de recherche de contrôle et recherche de vitesse. Le fonctionnement proposé par les enseignants était basé sur des pistes et des conseils techniques adaptés au niveau des élèves. Les groupes étaient faits pour que « tout le monde progresse à son allure et en toute sécurité » en témoignent même les élèves lucides et heureux de leurs progrès. Les différents conseils donnés ou le regard porté sur les autres permettaient à tous de se situer et de corriger ses erreurs. Et pas de différence garçons/filles sur le sujet ! Si la peur de tomber ou de se faire mal a pu être présente pour certains et certaines, le contrôle du freinage et du virage a transformé cette peur en adrénaline, alors catalyseur d’apprentissages.

Quand on leur demande enfin ce qui leur a permis de progresser si vite, ces adolescentes, en classe de terminale (pour la plupart inscrite à l’option EPS Hand/Musculation), répondent avec le filtre de leur pratique sportive de lycéenne. Ipticem témoigne de son apprentissage très rapide du virage sans passer par la chasse-neige : « dans un slalom trop serré, j’ai été obligée de déraper pour réussir, c’était instinctif ». « Et quand on est sportive au niveau de la coordination, c’est plus facile pour apprendre les bases » ajoute cette ancienne joueuse de foot, fidèle à l’Association Sportive Hand-ball du lycée depuis 3 ans. D’autres ajouteront que leur condition physique et leur mental ont été des atouts sérieux pour persévérer malgré les courbatures et la difficulté de faire face à ses erreurs pour apprendre.

« C’est la fierté d’apprendre à ces jeunes garçons et filles, qui n’ont pas l’occasion de partir en vacances au ski et voir leurs progrès en quelques jours. C’est notre leitmotiv », affirment fièrement les enseignants d’EPS du lycée. La demande de réservation pour l’an prochain est déjà envoyée. Courchevel aura de nouveau des adolescents, sportifs et sportives de Seine Saint-Denis sur ses pistes en Mars 2018. « L’enjeu de la démocratisation des sports d’hiver pour toutes et tous se poursuit et c’est tant mieux », conclu Hugo, un des enseignants organisateur.

L.S.M

 

Relire l’article tiré de Les Sportives Magazine 4 /janvier-fevrier-mars 2017 / « De Pantin à Courchevel, la belle histoire des lycéens »

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