Sportives du dimanche

Corinne Gonet, une « médecin viticultrice » au Half Marathon des Sables

27 septembre 2017

La première édition du Half Marathon des Sables a débuté ce mardi sur l’île de Fuerteventura (Canaries). Parmi les 80 femmes engagées sur la petite soeur du MDS Maroc, Les Sportives a rencontré Corinne Gonet, « médecin – viticultrice » de 53 ans et épicurienne à la vie bien remplie…

Tout est parti de la soirée de clôture du Marathon des Sables au Maroc en avril dernier. Depuis 32 ans, chaque aventure marocaine s’achève par une soirée de gala, où coureurs et organisation se mêlent. C’est le moment où on refait la course, le monde. Médecin urgentiste et membre des Doc-Trotters, Corinne Gonet et trois de ses collègues du staff médical du MDS Maroc discutent autour de quelques verres*. La question glisse sur un coin de table : pourquoi ne pas prendre ensemble le départ de la première édition Half Marathon des Sables à Fuerteventura « même en étant peut-être les moins sportives du groupe » ?

Cinq mois plus tard, elles sont là, à la Pared, aux Canaries. Corinne Gonet, Milca Hermance, Corinne Cortes et Florence Buffet forment les Unicorne’s et possèdent chacune une tente orange réservée aux 300 concurrents. Leur objectif ? « Voir ce qu’on est capables de faire et franchir toutes les quatre la ligne d’arrivée ». Un monde les sépare de leur plus proche voisin de Bivouac, le Péruvien Remigio Huaman Quispe, considéré lui comme un des favoris de l’épreuve. La coïncidence est drôle. « On est super bien placées, juste à côté du boss », s’amuse Corinne Gonet, quelques minutes avant de prendre le départ, mardi matin.

 

« Tu élèves ton vin comme tu élèves tes patients ou tes enfants, c’est une grande aventure ».

Quatre jours de course, trois étapes et 120 km dans le désert en auto-suffisance alimentaire l’attendent jusqu’au terme de l’épreuve vendredi soir. Pas de quoi effrayer cette habituée aux gardes effrénées au sein des hôpitaux anglais, corse ou bordelais dans lesquels elle exerce et qui « compte sur son mental et sa résistance pour atteindre son objectif ». Des qualités qui lui ont également permis – « comme elle avait du temps » -, de devenir viticultrice à l’issue d’un BEP spécialisé, décroché à Blanquefort (33). Propriétaire du Château Haut Bacalan depuis 1998, la Bordelaise d’adoption s’amuse à comparer ses deux activités. « La vigne, c’est un peu comme la réanimation : tu prends la température, tu mets une petite bandelette, tu regardes le Ph, l’acidité… Tu élèves ton vin comme tu élèves tes patients ou tes enfants, c’est une grande aventure ».

Maman de trois enfants, elle concède volontiers posséder un emploi du temps parfois aléatoire « aussi désorganisé que mon sac au Half MDS », parvenant néanmoins à trouver des créneaux pour préparer l’aventure. « J’ai couru 10 km par-ci, par-là, et fait pas mal de pilates. J’ai surtout marché. Quand je suis en Corse, je marche beaucoup ou je vais faire un peu de trail. J’ai aussi couru sur la plage, au Bassin d’Arcachon, car je voulais m’entraîner dans le sable. »

Sa dernière aventure sportive remonte au Marathon du Médoc, début septembre, idéal pour marier course et plaisir, même quand la météo n’est pas au rendez-vous. « Il a plu, il a grêlé, il y avait de la boue…. Toutes mes copines m’avaient laissé tomber. Je me suis dit que j’allais faire 30 km, qui correspondaient à peu près à la distance de la première étape du Half MDS. Finalement, j’ai passé la course avec des gens, on a papoté… Et je l’ai fini en 5h30 en buvant dans tous les châteaux et en regardant toutes les étiquettes, en bonne viticultrice… »

 

Peggy BERGERE

@pegbergere

 

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

À lire également...