Sportives de caractère

Au Marathon des Sables pour « le rêve d’une vie »

10 avril 2018

La 33e édition du Marathon des Sables a débuté dimanche matin (9h00 GMT) au coeur du Sahara. Parmi les 977 coureurs, 175 femmes ont pris le départ de la course à étapes de 247 km en plein désert, le tout en auto-suffisance alimentaire. Parmi elles, les soeurs Amstutz, deux concurrentes suisses présentes au Maroc pour y vivre « l’aventure d’une vie ».

Elles ont succombé à l’appel du désert. Pour Sandra, une Suissesse de 28 ans (à droite sur la photo) participer au Marathon des Sables Maroc représente tout simplement un « rêve de gosse ». Pour sa soeur Virginie (31 ans), qui a notamment fait le tour de Suisse à pied l’été dernier, le MDS est un « challenge unique ». Pour les deux, le premier raid désertique au monde en auto-suffisance alimentaire représente « l’aventure d’une vie ». Au Maroc, elles disputent chacune leur premier grand raid à étapes, sans objectif sportif particulier. « On y va sans pression et mettant l’aspect compétition de côté, explique Sandra. On a aujourd’hui l’occasion d’aller au bout d’un énorme défi et notre but est de passer la ligne d’arrivée le dernier jour ».

Sans viser de podium donc, mais non sans préparation, l’activité physique ayant toujours occupé une part importante de leur vie, de leur gènes. « On est issues d’une famille de sportifs. On est des gens de la campagne, on a grandi dans une ferme retirée à La Brévine donc on a toujours été dehors, à courir, à bouger. On a toujours fait du sport ». En guise d’ultime test avant le challenge marocain, elles sont allées se confronter au désert d’Israël pendant 5 jours en mars dernier, seules. « Cela nous a permis de vérifier notre matériel, notre endurance et notre nourriture, précise Sandra, massothérapeute et professeur de yoga, tout comme sa soeur.. C’était très technique, avec beaucoup de djebels, un peu comme ici au Maroc. C’était une belle expérience, on avait un bon petit rythme ensemble là-bas ».

« Courir dans les dunes, on ne sait pas vraiment ce que c’est »

Ensemble, elles savent également qu’elles pourront compter l’une sur l’autre jusqu’à la fin de l’aventure. « Un peu comme dans le cyclisme, il y en aura une qui prendra le vent pendant un moment et l’autre prendra le relais ensuite… » Si elles semblent avoir apprivoisé la chaleur lors de leur récent séjour en Israël, leur inexpérience de l’effort dans le sable et l’apparition d’ampoules aux pieds restent leurs plus grandes craintes. « On a du matériel en prévision avec des chaussettes spéciales, de la double peau, des guêtres… mais courir dans les dunes, on ne sait pas vraiment ce que c’est. »

Avant d’entamer la longue étape de mercredi (86,2 km), toujours décrite comme le juge de paix du mythique du raid désertique, leurs pieds sont en excellent état et les deux soeurs rayonnent sous leur tente devant leur menu cinq étoiles (oignons et ail crus, céréales, avoine, raisins secs, viande séchée). Les difficultés du relief et les kilomètres ont beau s’enchaîner, leur sourire et leur enthousiasme restent. « On est parties avec un état d’esprit léger, en voulant profiter du moment, des nuits étoilées, de l’entraide et du partage… On vit dans cette belle atmosphère  du bivouac depuis le début… C’est super enrichissant ».

Peggy BERGERE, dans le Sahara

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