Sportives du dimanche

Anne Bonzoumet « Je cours depuis 40 ans et j’espère encore courir 40 années supplémentaires… »

29 septembre 2017

A 66 ans, Anne Bonzoumet est la doyenne des 80 femmes présentes à Fuerteventura depuis mardi pour y disputer la toute première édition du Half Marathon des Sables, soit 120 km à parcourir en 3 étapes dans le désert en auto-suffisance alimentaire. Après cinq Marathons des Sables courus au Maroc, l’Yvelinoise a décidé de partir à la découverte des Canaries pour y retrouver le désert… et ses clés. Entretien.

 

Anne Bonzoumet, vous voilà de retour sur une épreuve du Marathon des Sables…

Oui. J’ai couru 5 fois celui du Maroc, j’en ai terminé quatre et j’ai eu envie de m’aligner sur le Half Marathon des Sables de Fuerteventura car il s’agit d’une première. Le « problème » avec le MDS, c’est que lorsqu’on commence, on a toujours envie d’y revenir…

 

Qu’allez-vous chercher au Maroc et que souhaitez-vous trouver à Fuerteventura ?

Quand on revient du Maroc, on n’est jamais pareil. Cette aventure me porte pendant des mois et des mois. C’est quelque chose d’irréel, peut-être un peu spirituel, dans le sens où vous êtes seule, avec vos réflexions. Pour aller au bout de l’aventure, il vous faut uniquement des pensées positives. Les pensées négatives vous bloquent, vous empêchent d’avancer, vous donnent envie de pleurer. Pour contrer tout cela, vous vous mettez à penser à des choses qui vous arrangent, qui vous intéressent, à vous raconter vos petites histoires. Petit à petit, vous trouvez des clés à des problèmes que vous n’arriviez pas forcément à voir en temps normal. Tout se déverrouille naturellement, simplement. Ici, c’est la même chose. Tout apparaît comme une évidence.

 

Jusqu’à présent, je faisais 4 à 5 sessions de course à pied de 2h-2h30 par semaine, mais avec l’âge, il faut que je préserve mon corps

 

L’aventure possède-t-elle d’autres vertus ?

Les gens. Vous rencontrez des personnes que n’auriez jamais rencontrées dans la vie de tous les jours. Là, vous discutez, vous échangez, vous vous mélangez. Vous partagez la même problématique, celle d’arriver au bout de l’épreuve. Je suis aujourd’hui toujours en contact avec plusieurs personnes que j’ai rencontrées sur de précédentes épreuves. Il y a aussi un choc culturel, de changement de vie au moment d’arriver. Je n’ai jamais fait de camping de toute ma vie et n’en ferai jamais. Mon mari et moi sommes habitués au confort des beaux hôtels… Là, j’arrive au MDS, je dors en tente comme tout le monde et ça me paraît tellement normal…

 

Comment vous êtes-vous préparée pour l’épreuve ?

Je me prépare toute l’année. J’ai besoin du MDS en tant qu’objectif, pour ne pas me laisser aller physiquement et mentalement. Jusqu’à présent, je faisais 4 à 5 sessions de course à pied de 2h-2h30 par semaine, mais avec l’âge, il faut que je préserve mon corps. Donc j’ai supprimé une sortie et je me suis mise cette année au golf. Je fais trois « 18 trous » par semaine. Ca me fait marcher, tenir le souffle, la dynamique. Mais je cours depuis 40 ans et j’espère encore courir 40 années supplémentaires…

 

Vous avez 66 ans… Comment réagi votre entourage lorsque vous leur annoncez vous aligner sur des épreuves ultra comme celle-ci ?

Ils ont un peu peur, surtout avec le temps. Pendant que je cours et que je galère, je me dis « ce coup ci, c’est fini » Je me le promets. Et puis dès que les inscriptions sont ouvertes, je me réinscris ! Ici, ma course idéale, elle serait comme d’habitude, tranquille. Je suis quelqu’un de volontaire, pugnace. Je ne chercherai pas à être la première. Je suis tellement satisfaite de toute ce qui m’entoure, j’en profite. Si je suis là aujourd’hui, c’est que mes actions passées m’y ont emmenée. Je suis heureuse d’être ici. »

 

Peggy BERGERE

@pegbergere

 

Copyright photos : Cimbaly / HalfMDSFuerteventura@valentincampagnie

À lire également...