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‪La sportive Paris 2024 est-elle raisonnable? ‬

3 août 2017

Les concurrents de la redoutable « sportive Paris 2024 » semblent laisser place. Même le dernier en lice, Los Angeles, en se positionnant sur 2028 suite à un accord avec le CIO, laisse la voie libre pour Paris sur 2024. Tandis que le ministère des sports expose son plan d’action, est-ce que la Sportive Paris 2024, malgré sa prudence, est raisonnable ? ‬

Nous la présentions dans un article du numero 2 de Les Sportives Magazine : la « sportive Paris 2024 ». Dans son essence, elle aurait ses vertus : elle serait belle et rebelle, avec une taille financière de guêpe, authentique, citoyenne, endurante, fédératrice… bref, une vraie sportive de compétition ! De quoi écarter tous ses concurrents. Même si la taille de la compétition, l’impopularité de la candidature et les budgets trop excessifs, sont tout autant de raisons pour lesquelles Boston, Hambourg, Rome, Budapest ont renoncé. Et face à la position déterminée du « 2024 ou rien » de Paris, Los Angeles a plié pour reporter son ambition olympique sur 2028.
Peur certainement de perdre la compétition mais aussi (surtout) pour profiter des largesses financières accordées par le CIO.
En effet le CIO avance à Los Angeles pour 2028, jusqu’à 2 mds$ contre 1,7 md$ pour Paris. Une donne financière loin d’être négligeable, puisqu’elle représente plus d’un tiers du budget prévisionnel de L.A 2028, annoncé à 5,3 mds$, soit 4,5 mds€ (contre 6,6 mds€ pour Paris 2024).

Une enveloppe budgétaire de 0,3 mds$ passée sous le nez, tandis que le gouvernement français annonce encore la baisse de la part du budget alloué au sport (0,14 % du budget total de l’Etat). Devant l’organisation d’un grand événement comme les Jeux olympiques, il est difficile pour la sportive de rester authentique, ballottée entre la volonté de fédérer autour d’un projet de société, sportif et non sportif, et l’affront d’être trop dépensière au détriment de la population dans un contexte de restrictions budgétaires importantes. La « sportive Paris 2024 » aura-t-elle les épaules assez larges pour porter la sportive nommée « France » ?

Cette dernière, à travers son ministère des sports a présenté, le 31 juillet dernier, une feuille de route autour de 4 axes :
– La France et son rayonnement à travers Paris 2024.
– « La France qui bouge » dès l’école avec un accent mis sur l’éducation, de la primaire à la formation adulte pour tendre vers une augmentation de 3 millions de licencié.e.s.
– « La France intègre » sur la gouvernance avec une transparence européenne et à travers les fédérations sportives.
– « La France en forme » avec l’objectif de l’ouverture de 500 maisons dédiées au sport-santé sur tout le territoire français, avec une priorité donnée aux « quartiers populaires ».
Une feuille de route qui doit être validée en août par Emmanuel Macron.
L’enjeu serait que la « sportive Paris 2024 » et la sportive France ne fassent plus qu’une seule et cohérente sportive. Que cette « sportive France Paris 2024 » saisisse l’accueil du plus grand événement sportif international pour developper la pratique sportive pour toutes et tous et être exigeant. Et comme le souligne Marie-George Buffet, Députée et Ancienne Ministre de la jeunesse et des sports (1997-2002) « que tous les Etats participant aux Jeux Olympiques de 2024 autorisent la pratique sportive aux femmes dans leur pays. Pas de délégation aux J.O. quand les femmes sont interdites de sport chez elles ! »

A.B

 

 

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